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Affichage des articles du septembre, 2008

Les idées scandaleuses & La Fraternité des coeurs préexistants

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Un élément qui pouvait confirmer Henry Corbin dans son idée que la hiérarchie des saints chez les soufis est, comme il dit "une imamologie qui ne dit pas son nom", une imamologie sans Imam, est cette prééminence de la walayat ("sainteté") sur la nobowwat (prophétie) que l'on trouve directement chez Tirmidhî, sans que cette sainteté émane de Mohammad, ce qui du coup va aussi loin que certains courants chiites. Il s'agit, chez Tirmidhî de placer l'amour au-dessus de la révélation, l'amour étant même, pour lui, le coeur de la question du libre arbitre. Il ne s'agit pas, pour lui, de choisir entre le bien et le mal, mais entre l'amour et le non-amour :

" "Lorsque la parole de louange (tasbîh) s'est manifestée, la lumière de l'amour est sortie, une partie d'elle-même recouvrant l'autre partie. En effet, Muhammad est la joie de Dieu, mais l'amour l'emporte sur la joie." Tirmidhî fait allusion dans ce cas au K…

Le domaine des affects

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"Ce tour d'horizon psychologique peut être complété par une rapide présentation de ce qui touche aux sentiments. En effet, même si Tirmidhî ne consacre aucune réflexion spécifique à l'amitié, on a vu qu'il s'intéresse néanmoins de près à tout ce qui concerne les sentiments qui lient entre eux les humains. Le plus important et le plus élevé d'entre eux est l'amour qu'un être humain porte à un autre être humain "en Dieu". : "L'amour en Dieu comporte deux aspects : Celui qui aime en Dieu ne change jamais à l'égard de son aimé, même si la situation de celui qui l'aime change en apparence. Celui qui aime pour l'obéissance envers Dieu change son amour envers celui qui obéit si sa situation change, car il l'aimait en raison de son obéissance à Dieu. Quant à celui qui aime, non pas pour l'obéissance, mais à cause de ce que l'être aimé a reçu de Dieu, même si cet être change en apparence, le don qu'il a reçu reste …

"Mais voici l'heure de nous en aller, moi pour mourir, vous pour vivre"

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"Soyez persuadés que, si vous me faites mourir, sans égard à l'homme que je prétends être, ce n'est pas à moi que vous ferez le plus de mal, c'est à vous-mêmes. Car pour moi, ni Mélètos, ni Anytos ne sauraient me nuire, si peu que ce soit. Comment le pourraient-ils, s'il est, comme je le crois, impossible au méchant de nuire à l'homme de bien ? Ils pourront peut-être bien me faire condamner à la mort ou à l'exil ou à la perte de mes droits civiques, et ce sont là, sans doute, de rgands malheurs aux yeux de mes accusateurs et de quelques autres peut-être ; mais moi, je ne pense pas ainsi : je considère que c'est un mal bien autrement terrible de faire ce qu'ils font, quand ils entreprennent de faire périr un innocent. Aussi, Athéniens, ce n'est pas, comme on pourrait le croire, pour l'amour de moi que je me défends à présent, il s'en faut de beaucoup ; c'est pour l'amour de vous ; car je crains qu'en me condamnant vous n'…

La condition féminine : sexualité des hommes et amour des saints

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Kitāb Salāmān va Absāl (Le Livre de Salāmān et d'Absāl), Jāmī (d. 1492/898). Iran, 16ème ou 17ème siècle, MS P16, National Library of Medecine)

Comme beaucoup de soufis, Tirmidhî considérait la nature féminine comme plus encline à la walayat ("sainteté" si l'on veut) et il défend cela en quatre points (avec des arguments amusants tant cela va à l'encontre de l'image d'aujourd'hui du musuman exciseur, pédophile, lapidateur et j'en passe, enfin tout ce dont Charlie Hebdo (et cie) fait son miel en se pourléchant devant chaque fait divers, comme les lecteurs de Détective salivent devant la description de la énième femme tronc retrouvée dans une valise car découpée par son amant) : "S'appuyant sur une sélection rigoureuse des traditions prophétiques les plus favorables aux femmes, l'auteur présente, d'entrée de jeu, la condition féminine comme un avantage important en vue de la sainteté. On peut, sans exagérer, dire qu'il voit en to…

Ethique des sincères et éthique des véridiques : la longue marche vers la perfection

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"Cette prépondérance du coeur dans tous les comportements du saint se trouve illustrée, dans son cas personnel, par l'un des rêves visionnaires de son épouse, il rapporte dans son autobiographie. Ce rêve eut pour fonction de révéler qu'il avait accédé au rang des "quarante", c'est à dire les quarante saints qui soutiennent la terre. Cet événement apparut sous la forme d'une réquisition faite par un prince qui recherchait ces quarante hommes dans tout le royaume. Personne ne savait pourquoi il les demandait et tout le monde pensait qu'il voulait les faire exécuter. L'auteur du rêve réalisa enfin, dans sa vision même, que ces personnes avaient été au contraire rassemblées pour être honorées et que, grâce à elle, tout le monde se trouverait épargné : Quelqu'un dit : - C'est grâce à ces quarante que nous avons été sauvés. Et un autre ajouta : - Nous avons été sauvés par Muhammad Ibn 'Alî (Tirmidhî). Elle dit : - Je me mis à pleurer. L'…

Fraternité en religion et image de "l'autre"

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"Dieu ne vous interdit pas d'être bons et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus à cause de votre foi et qui ne vous ont pas expulsés de vos maisons." (Coran, 60, 8)

"Partant de cela, il (Tirmidhî) propose la définition d'un modèle de comportement dont la formulation paraîtra sans doute familière aux adeptes de Montaigne, et qui correspond par certains aspects à un principe malâmatî : S'adapter en toutes circonstances aux moeurs des gens. A cet effet, "Dieu dit, glorifié et exalté soit-Il : "Ô David, que t'arrive-t-il pour que je te vois seul ?" Il répondit : "J'ai laissé les gens pour Toi, ô Seigneur des univers". "Ne t'ai-je pas indiqué le moyen qui peut t'attacher les coeurs des gens et par lequel tu trouveras mon agrément ?" Il répondit : "Certes, Seigneur." "Comporte-toi avec les gens en fonction de leur moeurs et accroche-toi à la foi au moyen de ce qui se passe entre toi et…

Les grands courants de la morale en islam

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Al-Harîrî, Al-Maqâmât (Les Séances). Copié et peint par Yahyâ b. Mahmûd al-Wâsitî, Bagdad, 1237.Manuscrit sur papier (167 feuillets, 37 x 28 cm). BnF, Manuscrits (Arabe 5847 fol. 58v)


"Dans son essai visant à rechercher les fondements d'une éthique musulmane dont il constate que : "La diversité des tendances originelles se trouve ramenée à un tout compact et solidaire", J. C. Vadet a distingué cinq branches principales : la sagesse iranienne des secrétaires, la morale des versets coraniques, l'idéal des mystiques, les règles et la casuistique des juristes, enfin, la morale hellénique des philosophes. Après avoir montré comment ces cinq éléments ont tous, au moyen de divers apports, contribué à construire une éthique et une morale islamique en fin de compte remarquablement homogènes, il met en évidence le fait que les deux constituants dominants dans cette composition ont été l'élément mystique et l'élement juridique, parfaitement combinés entre eux." …

L'activité humaine entre latitude et liberté

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"Dans ce cadre, selon Tirmidhî, l'homme "acquiert" ses actes de la manière suivante : Dieu a créé, au départ, tous les actes qu'il est possible d'accomplir. Ils se présentent à lui comme les différents fils de couleur utilisés par le tisserand. Chacun choisit les fils qui lui conviennent et les dispose à sa manière, afin de composer un tissu. L'étoffe ainsi réalisée devient l'objet de l'acquisition, la responsabilité de l'ouvrier portant à la fois sur le tri des fils et sur leur agencement. Au moyen de cette explication symbolique, il évite de se mettre en contradiction avec la dogmatique sunnite selon laquelle Dieu est, littéralement, le créateur de toute chose. En même temps, en tenant compte du choix des actes et de leur combinatoire, il élargit la notion de liberté présente dans le kalâm tradtionnel, qui ne requiert pas que l'homme ait une efficace sur ses actes."

Geneviève Gobillot : Introduction au Livre des nuances ou de l'…

Le sanctuaire de Jam-Karân

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"Par un tardif et splendide automne iranien (1962), au terme d'une journée passée au village de Kahak, dans une haute vallée de la proche montagne, là où Mollâ Sadrâ Shîrâzî avait cherché refuge pendant une dizaine d'années dans la solitude, nous eûmes occasion de nous rendre à Jam-Karân avec deux chers compagnons iraniens. L'un d'eux était celui dont nous rapporterons plus loin pour finir, le récit d'un songe témoignant, s'il en était besoin, de l'intense présence de l'Imâm inscrit dans le sol un splendide défi que la foi dans les Invisibles porte à notre époque, il semble que tout soit possible. Dans ce paysage silencieux et immense, des récits comme ceux que nous proposons au cours de ce chapitre, prennent une toute autre évidence que lorsque nous les lisons dans nos pays, dans le tumulte de nos villes, ou à proximité de nos grand' routes. Dans le désert, rien ne ressemble plus à une piste qu'à une autre piste. Ayant perdu notre chemin, …

Pour une éthique de la nuance

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Ahmad al-Tirmidhî, dans son Livre des nuances, "invite à réaliser que la cause la plus importante de déséquilibre potentiel dans les relations humaines résulte du non respect des nuances à tous les niveaux, en particulier celui des jugements portés à partir des actes ou des attitudes des autres, sur ce qui constitue le fond de leur personnalité et l'essence de leur être. Le tout premier effort de discernement doit s'appliquer, dans cette optique, à la perception de cet "autre", composé, tout comme celui qui l'examine, d'une âme ou "moi" qui, en raison de sa tendance naturelle à l'égocentrisme, incite au mal et d'un coeur qui appelle au bien. De ce fait, traiter quelqu'un a priori comme une entité monolithique, c'est blesser gravement son coeur, alors que seul son moi égoïste est responsable des actes néfastes qu'il peut commettre. Tirmidhî ajoute que, même au cas où l'on s'aperçoit que, chez quelqu'un, ce moi dom…

Le Dernier Homme

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"A la vérité, presque rien ne le distinguait des autres. Il était plus effacé, mais non modeste, impérieux quand il ne parlait pas ; il fallait alors lui prêter silencieusement des pensées qu'il rejetait doucement ; cela se lisait dans ses yeux qui nous interrogeaient avec surprise, avec détresse : pourquoi ne pensez-vous que cela ? pourquoi ne pouvez-vous pas m'aider ? Ses yeux étaient clairs, d'une clarté d'argent, et faisaient songer à des yeux d'enfants. Il y avait, du reste, sur son visage quelque chose d'enfantin, expression qui nous invitait à des égards, mais aussi à un vague sentiment de protection.

Certainement il parlait peu, mais son silence passait souvent inaperçu. Je croyais à une sorte de discrétion, parfois à un peu de mépris, parfois à un trop grand recul en lui-même ou hors de nous. Je pense aujourd'hui que peut-être il n'existait pas toujours ou bien qu'il n'existait pas encore. "
"Il ne s'adressait à personn…

Shaykh Hâjj Mohammad Karîm-Khân Kermânî (1225/1809-1288/1870)

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"Par son père, Ebrâhîm-Khân, le shaykh appartenait à la famille impériale régnante. Nous apprenons directement de lui-même comment son père fonda à Kerman la grande madrasa qui porte aujourd'hui encore le nom de Madrasa-ye Ebrâhîmî, dotée d'une bonne bibliothèque qui alla s'enrichissant d'année en année. Ebrâhîm-Khân y installa son fils, mettant à sa disposition un pavillon indépendant, avec son personnel. L'adolescent eut ainsi tout loisir de ne penser qu'à ses études, à l'abri de tout souci et de toute intrigue, et en bonne situation pour entendre les leçons de tous les maîtres de passage. Sa méthode de travail était radicale ; elle consistait à écrire un livre sur chaque livre qu'il avait lu. De cette manière, à quatorze ans, il avait déjà écrit un traité de grammaire et un traité de logique. Puis il passa aux sciences, ensuite aux beaux-arts. Son père, jusqu'à sa mort, ne cessa de stimuler cette frénésie d'études."


Henry Corbin, En…

Le Temps retrouvé

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J'avais déjà été frappée par le Temps de Qâzî Sa'îd Qommî et je terminais ainsi : "Même si son lecteur n'est pas en mesure de satisfaire entièrement à cette intention, il reste que Qâzî Sa'îd est un de ces philosophes et spirituels iraniens dont a beaucoup à apprendre celui qui veut non pas "être de son temps", "vivre avec son temps", suivant la devise triviale de nos jours, mais être son propre temps à lui et l'être intégralement."
Aujourd'hui, murîd un peu moins verte et un peu moins crue, je poursuis la réflexion de Corbin : "La métaphysique du temps de Qâzî Sa'îd est le plus sûr antidote contre l'illusion d'un temps anonyme et impersonnel qui serait le temps de tout le monde. Leur simultanété dans le temps chronologique ne suffit pas à faire de plusieurs êtres des contemporains. L'idée du quantum de temps imparti à chaque être, et passant, comme son propre quantum de substance, par plusieurs états de densité …

Z : Le Renard chinois

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"Dans la zoologie courante, le Renard Chinois n'est pas très différent des autres ; il n'en va pas de même dans la zoologie fantastique. Les statistiques lui donnent une moyenne de vie qui oscille entre huit cents ans et mille ans. On le considère de mauvais augure et chaque partie de son corps est douée d'un pouvoir spécial. Il lui suffit de battre la terre de sa queue pour provoquer des incendies, il peut prévoir l'avenir et revêtir beaucoup de formes, de préférence des formes de vieillards, de jeunes filles et de vieux savants. Il est astucieux, prudent et sceptique ; il aime les espiègleries et les orages. Les hommes, quand ils meurent, transmigrent habituellement dans le corps des Renards. Il existe des milliers de légendes à propos de cet animal ; nous en transcrivons une qui ne manque pas d'humour.
Wang vit deux Renards debout sur leurs pattes de derrière et s'appuyant contre un arbre. L'un d'eux tenait à la main une feuille de papier et ils …

Y : Les Djinns

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"Selon la tradition islamique, Allah créa les anges avec de la lumière, les Djinns avec du feu et les hommes avec de la poussière. Certains affirment que la matière des deuxièmes est un feu obscur sans fumée. Ils furent créés deux mille ans avant Adam mais leur race n'atteindra pas le jour du Jugement Dernier.
Al-Qazwinî les définit comme d'"immenses animaux aériens au corps transparent, capables de prendre des formes diverses." Ils apparaissent d'abord comme des nuages ou comme de hauts piliers sans fin ; puis, selon leur gré, ils adoptent la forme d'un homme, d'un chacal, d'un loup, d'un lion, d'un scorpion ou d'une couleuvre. Certains sont croyants, d'autres hérétiques ou athées. Avant de tuer un reptile, nous devons lui demander qu'il se retire, au nom du Prophète ; il est permis de le tuer s'il n'obéit pas. Ils peuvent traverser un mur épais, voler dans les airs ou se rendre soudain invisibles. Ils parviennent souv…

"En vérité, ce pays-ci est merveilleux !"

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Ce week-end, relu Abeilles de verre, pas le meilleur de Jünger, mais j'aime son ton, ce détachement qui n'est vraiment qu'à lui, un vrai entomologiste. Relu Pulp, qui est un bouquin écrit par dessus la jambe, un peu polar, un peu SF, plusieurs intrigues mal ficelées entre elles, mais comme c'est Bukowski il y a un ton rigolard et de bonnes phrases. Achevé surtout de relire Les Hauts de Hurle-Vent. Quel livre ! Du coup relisant juste après Poisson soluble, je baille. L'écriture automatique c'est comme les récits de rêves (des autres, les miens me passionnent, évidemment), ça me fait bailler. Et il y a plus d'audace et de folie funèbre dans ce sextuor d'amants mièvres ou furieux que dans les textes de Breton. En fait, l'écriture automatique me donne toujours une impression de vide, la chair sans le Verbe, ou l'écorce sans le noyau. Alors que le roman de Brontë est un sextuor qui a l'air de partir dans tous les sens, et cependant parfaitement m…

Exaltation dans la solitude

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"Soudain ce fut comme si la fulguration d'une extase divine accourant sur moi, m'arrachait au gîte de mon corps. Alors je rompis les anneaux qui maintenaient les rêts de la perception sensible, je dénouais les noeuds du filet de la nature physique ; je commençais à prendre mon envol sur l'aile de l'admiration craintive, dans le ciel du monde angélique (le Malakût) de la Vraie Réalité. C'était comme si j'avais été dépouillé de mon corps et que j'eusse abandonné mon séjour habituel, comme si j'avais poli la lame de ma pensée et que j'eusse été dégainé de mon corps, comme si j'avais replié sur lui-même le climat du temps et que je fusse parvenu au monde de l'éternité. Me voici alors soudain en la Cité de l'Être, parmi les archétypes des peuples qui composent l'harmonie cosmique : les existences primordiales et les existences engagées dans le devenir, les divines et les naturelles, les célestielles et les matérielles, les pérennelle…

Confessions extatiques de Mîr Dâmad

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"Quant à sa réputation de philosophe abscons, elle est illustrée par une de ces anecdotes dans lesquelles se donne libre cours l'humour iranien. L'anecdote vise l'aspect exotérique du premier événement posthume qui attend chaque être humain, son interrogatoire par les deux anges Nâkir et Monkir, lesquels lui demandent : quelle fut sa foi ? Quel est le Dieu en qui il a cru ? Ainsi en fut-il pour Dâmâd qui, naturellement, ne put répondre comme tout le monde. Son Dieu ? Ostoqos-al ostoqsât : l'Elément des éléments... Les deux Anges restent stupéfaits, la réponse étant totalement imprévue, sans précédent. Que faire ? Ils vont en référer au Seigneur Dieu, lequel leur dit avec bonté : "Oui, je sais. Toute sa vie il a tenu des propos auxquels je n'ai moi-même rien compris. Mais c'est un homme droit et inoffensif. Il est digne d'entrer dans le paradis."
Mais au fond, à quoi tient le revêtement abscons de cette pensée ? Il ne faut nullement y voir l…

V : Les Walkyries

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"Walkyrie signifie, dans les langues germaniques primitives, "celle qui choisit les morts". Dans un exorcisme anglo-saxon contre les névralgies on trouve, sans que les Walkyries soient directement nommées, la description suivante :

Tonnantes elles étaient, oui, tonnantes, quand elles parcouraient à cheval les hauteurs. Hardies, quand elles parcouraient à cheval la terre. Puissantes femmes...

Nous ne savons pas comment on les imaginait en Allemagne et en Autriche ; dans la mythologie scandinave ce sont de belles vierges guerrières. Elles sont habituellement au nombre de trois.
Elles choisissaient les victimes des combats et portaient leurs âmes au paradis épique d'Odin, dont le toit était d'or et qu'éclairaient non pas des lampes mais des épées. Dès l'aurore, les guerriers, dans ce paradis, combattaient jusqu'à la mort puis ils ressuscitaient et partageaient le banquet divin, où on leur offrait la chair d'un sanglier immortel et d'inépuisables corne…

Les trois corps de l'être humain

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"Depuis le centre de l'être en son unitude et les centres d'éclosion des êtres en leur multitude, les énergies que ces centres émettent par-delà et dès avant le cosmos de la physique céleste sont des énergies qui parviennent directement aux organes de la physiologie subtile. Et ces organes du corps d'immortalité sont, au coeur de chaque mystique, plus et mieux encore que les "astres de son destin" (Schiller), puisqu'ils sont les "prophètes de son être". Alors jusqu'en la profondeur secrète des origines, on peut comprendre où se noue le lien de l'herméneutique ésotérique et de l'anthropologie mystique, et commeny l'"intériorisation du sens", progressant avec la croissance progressive du corps d'immortalité, atteint à son dénouement lorsque ce corps d'immortalité a atteint la plénitude de sa stature prophétique.

La plénitude de cette stature, c'est cela qui a été cherché par les spirituels de l'Orient et …

Du sens ésotérique de l'éclatement de la Lune

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Coran, Sourate LIV, 1 : "L'heure devint imminente et la Lune se fendit."
Sâ'inoddin 'Alî Torkeh Ispahanî écrivit un petit traité uniquement sur le premier verset de cette sourate. Et à aprtir de l'interprétation, littérale ou ésotérique qu'en font les différents groupes de théologiens, philosophes et gnostiques, il classe et hiérarchise les groupes de spirituels, tout comme l'anonylme chiite précédent avait classé ces mêmes groupes selon leur interprétation du Coran. Ici, un seul verset suffit pour les départager.

1. Les juristes et les traditionnistes :
"Les exotéristes forment deux groupes. Le premier d'entre eux n'attire guère l'estime de notre théosophe. Ce sont les docteurs de la Loi (foqahâ) et les Tradiotionnistes (mohaddithân, les spécialistes du hadîth), lesquels se font les gardiens du sens littéral de tous les txtes et de tous les propos rapportés du Prophète : "Ce sont des gens qui appuient le dos de la tranquillité sur…

U : L'Ouroboros

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Loki, le loup et le serpent, ill. Willy Pogany, 1920
"Maintenant l'Océan est une mer ou un système de mers ; pour les grecs, c'était un fleuve circulaire qui entourait la terre. Toutes les eaux coulaient de lui et il n'avait ni embouchure ni sources. C'était aussi un dieu ou un titan, peut-être le plus ancien, car le Songe, au livre XIV de l'Iliade, l'appelle origine des dieux ; dans la Théogonie d'Hésiode, il est le père de tous les fleuves du monde, qui sont trois mille, et que précèdent l'Alphée et le Nil. Sa personnification habituelle était un vieillard à la barbe abondante ; l'humanité, au bout de quelques siècles, trouva un meilleur symbole.

Héraclite avait dit que dans la circonférence le début et la fin sont un seul point. Une amulette grecque du III° siècle, conservée au British Museum, nous donne l'image qui peut le mieux illustrer cet infini : le serpent qui se mord la queue, ou, comme Martinez Estrada dira bellement, "qui c…