Mon vieil ami L.G. m'a demandé d'être témoin à son mariage. L'employé de service appuie sur un bouton et on entend un enregistrement de la marche nuptiale d'un “Songe d'une nuit d'été” de F. Mendelssohn. Personne ne semble savoir qu'il s'agit dans la pièce de l'accouplement grotesque d'une femme démente et d'un âne. Journal extime Michel Tournier.
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Une fois encore, Luther est passé par là
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Contrairement aux messes catholiques, l'annonce du jugement dernier n'infère ici aucun sentiment d'angoisse, voire de terreur –il est d'ailleurs symptomatique que les trompettes, omniprésentes dans le morceau, se taisent au lieu d'annoncer le jugement menaçant, Tuba mirum épargnes sonum , comme dans une messe de Requiem . Le morceau est tout entier voué à la gloire de la résurrection. "L'annonce du jugement est prise dans le même mouvement d'allegro très dansant qui marque tout le chapitre de la résurrection et de l'ascension. On ne perçoit pas le moindre ralentissement qui pourrait traduire une inquiétude humaine. Pourquoi la perspective du jugement viendrait-elle inquiéter des chrétiens dont on vient d'affirmer qu'ils avaient été rachetés par le sang du Christ dans le plus merveilleux des échanges ? Seuls pourraient être anxieux ceux dont la foi est défaillante. Et ils n'ont pas de place dans la solennelle séquence d'affirmation...
Gottlob ! nun geht das Jahr zu Ende
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Reçu Routes et Déroutes de Nicolas Bouvier et le dvd de la Passion de Jean par Harnoncourt . Les deux me font très plaisir. Ces jours, les derniers de l'année, au clair-obscur si particulier. Commencé Pourquoi donc être chrétien ? de Timothy Radcliffe. Sympathique mais pas très convaincant, pour le moment, en ce que le christianisme prêcherait quelque chose de si radicalement différent par rapport aux courants moraux et religieux du monde qui, finalement, disent à peu près tous la même chose. Seule la pratique varie. J'ai plus d'enthousiasme à la lecture de Bouvier qui, lui, est vraiment un maître de sagesse.
Was soll ich aus dir machen, Ephraim?
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An Angel At My Table, j'adore. Je ne m'attendais pas à ça de la part de Jane Campion en repensant à La Leçon de piano . L'idée me vient soudain, un matin, café en main que si je regarde les films en plusieurs fois, et très rarement tout d'une traite – trait que je partage avec Mademoiselle Frog – c'est qu'en fait, nos regardons les films en lectrices, et pas forcément parce que le cinéma nous ennuie si vite, comme nous le croyions jusque-là. Nous les lisons comme des livres d'images. Avec l'heure d'hiver, on se dit 'au moins, pas de marmot braillard' pour hurler son ventre vide. Mais voilà : chat triplement gueulard et outragé devant gamelle par ailleurs pas du tout vide. 'Ah, if he could only die TEMPORARILY!' (Tom Sawyer).
Aria
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My grandmother liked to tell this story. "The evening you were born, I looked out at the sky over Shangai. The setting sun was breaking through the clouds. I had never seen such a beautiful sunset. I remember thinking that your life would be a resplendent tapestry, just like that palette of reds. I was sure of it." This book is made up of thirty chapters – like the thirty variations in Bach's masterwork, the Goldberg Variations. Thirty chapters plus an opening and closing aria, bringing the world full circle like time's continuum – like the wheel of life. I am often asked how a Chinese woman, brought up in such a distant cultural milieu, can play Bach. My hope is that after having read this book, the reader will understand and above all, have the desire to listen, or relisten, to Bach. I also hope that he or she will have the desire to read or reread Laozi, the great Chinese philosopher. For these two sages are very much alike, and their two ...
Ich glaube, lieber Herr, hilf meinem Unglauben!
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Ach, ich sehe, itzt, das ich zur Hochzeit gehe
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Liebster Gott, wenn werd ich sterben ?
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Warum betrübst du dich, mein Herz ?
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Ai fait la connaissance d'Androïd. Verdict : plus jamais ça. * Un des plus beaux passage de la Recherche . * Poêlée d'endives, crème, curry, filets de panga. * J'ai beaucoup plus aimé Conte d'automne , que ceux d'été et de printemps, peut-être parce que les histoires de jeunes m'ennuient, en fait. Cela dit, je me demande pourquoi j'aime bien regarder les films de Rohmer alors que les 3/4 de ces personnages sont de vraies têtes à claques.
Es ist nichts Gesundes an meinem Leibe
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Grenadins de veau gratinés au chèvre, purée de pommes de terre et d'oignons à la crème. * Je lis dans le blog de Christophe André ces mots très juste sur l'artificialité de l'année qui débute en janvier, alors que tout le monde vit le recommencement au mois de septembre : je m'aperçois en écrivant ce billet que je continue de raisonner comme un écolier. Pour moi, une année commence en septembre, à la fin de l'été et au moment de la rentrée scolaire. Rien à faire pour me convaincre que le début d'une année se situe le 1er janvier : cela ne dit rien à mon corps, à mes émotions, à mes souvenirs. Alors que le passage des vacances à l'école ou au travail, le sentiment de l'été finissant, tout cela, oui, sonne pour moi comme une transition majeure et un véritable changement. Progressif et naturel, comme tous les vrais changements, et non soudain et artificiel comme les douze coups de minuit entre 31 décembre et 1er janvier. C'e...
Gustav Leonhardt
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"Je suis devenu musicien pour ne pas parler." Et pourtant quel flot de commentaires, ce musicien retiré, solitaire, calviniste résolu n'a-t-il pas suscité ! Et quels jugements à l'emporte-pièce, derrière lesquels pointe une intransigeance doublé d'un savoir unique gagné de haute lutte, n'a-t-il pas osé non plus ("Glenn Gould ? Oh ! c'est terrible : à l'opposé de la musique de Bach", ou : "Fischer, Richter, Arrau dans Bach ? Non, vraiment, allons, aucun intérêt."). Si l'on peut considérer, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la naissance de la musique baroque comme proprement miraculeuse , c'est aux trois mages, dont il est – avec Alfred Deller et Nikolaus Harnoncourt –, qu'on la doit. Grâce lui soit rendue, in sæcula sæculorum . Leonhardt a fait venir le premier de Londres en 1954 pour un disque Bach d'anthologie, et a partagé avec le second, entre Amsterdam et Vienne, l'aventure inédite dans l'h...
Zodiaque
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Au-dessus de nos têtes, ni gouffre, ni noir Mais le livre du Bien et du Mal. Le zodiaque nocturne, nous le couvons du regard, Ce tango éternel des étoiles. On contemple, la tête rejetée en arrière, Le silence, le secret, l'éternité. Les routes des destins, notre vie éphémère, Sont tracées là, en invisibles repères Qui peuvent nous garder, nous protéger. Nectar brûlant aux frimas de février, Tel le saint chrême, douce infusion, Le Verseau épanche sa belle eau étoilée Dans le Capricorne au gosier sans fond. Le flot céleste est sinueux, fulgurant, Aux couleurs de mercure et de sang. Mais des fers aux brumes de mars s'évadant, Ver leur frai nagent les Poissons puissants Remontant les lactés affluents. Le Sagittaire a dardé tous ses traits, En décembre, il est dolent, chagriné. Dès lors, le Taureau, sans crainte, peut folâtrer Dans les clairs pâturages de mai. Du fond de son mois d'août, le Lion affamé Lorgne ...
Le jeune lion est prisonnier : Qui pourrait dormir ?
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Du Samedi saint, un autre hymne que j'aime bien, qui fait penser irrésistiblement à Aslan, ou Aslan Jr dans ce cas. On dirait un chant médiéval dans sa naïveté énergique, un chant de chevalier, comme ce chant de Croisade : Seigneurs sachiez qui or ne s'en ira En cela terre ou Dieu fut morz et vis Et ki la croix d'Outremer ne prendra À paines més ira en Paradis, Qui a en soi pitié ne remembrance, Au haut Seigneur doit guerre sa venjance Et délivrer sa terre et son païs. Délivrer sa terre et son païs , j'ai toujours adoré ce vers, tellement empreint d'une conception du monde féodale : s'il y a un seigneur, il y a un fief, et donc des vassaux qui doivent accourir… Donc cet hymne, très Lion(ceau) de Judas : Veilleurs tenez-vous en éveil, Chantez à pleine voix, chantez ! Le jeune lion est prisonnier : Qui pourrait dormir ? Par amour le Père a voulu Envoyer au monde son Fils, Et les méchants l'ont crucifié ! Qui pourrait dormir ? I...
"Pour la première fois de ma vie, j'apprends quelque chose !"
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Singet dem Herrn ein neues Lied, Die Gemeine der Heiligen sollen ihn loben. Israel freue sich des, der ihn gemacht hat. Die Kinder Zion sei'n fröhlich über ihrem Könige, Sie sollen loben seinen Namen im Reihen; mit Pauken und mit Harfen sollen sie ihm spielen. "En 1786, Mozart entendit à Leipzig le Motet BWV 225 et fut, semble-t-il, à nouveau si stupéfait, qu'il demanda à lire l'ensemble des motets de la bibliothèque. Il écrivit alors : "Pour la première fois de ma vie, j'apprends quelque chose !" Tout Bach , sous la direction de Bertrand Dermoncourt, Bouquins , Robert Laffont. En 1786, Mozart avait 30 ans. Il composait depuis l'âge de 6 ans et n'avait plus que 5 ans à vivre.