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Le vocabulaire d'Averroès

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Consensus (Al Ijma') : Averroès refuse de considérer comme légitime le consensus qui repose sur la première communauté musulmane de Médine : "Il n'y a aucun sens à accorder une base légitime au consensus de Médine sous prétexte qu'il s'agit là du plus grand nombre de musulmans au début de l'Islam." [...] Averroès distingue fortement entre le consensus théorique et le consensus pratique. Les divergences théoriques ne peuvent jamais donner lieu à une infidélité quelconque. Que l'on pense que le monde a commencé un jour comme les platoniciens qui ont recours à un démiurge ou que l'on soutienne que le monde m'a jamais commencé, comme le pense Aristote, il n'a pas matière à trancher par la loi : "Le choix est l'une des conditions de la responsabilité légale, celui qui donne son assentiment à une proposition erronée parce que quelque incertitude l'a affecté, il est pardonnable"( Discours décisif , GF, 34, 137). E...

Averroès et le discours décisif

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Ibn Rushd, que l'on représente souvent en Occident comme le parangon de la rationalité, voire même de l'athéisme masqué, et en plus celui de la tolérance, de l'humanisme, presque une avant-garde des Lumières ( Le Destin de Chahine, par exemple) n'a vraiment pas grand-chose à voir avec cette figure issue de l'Averroès "latin" soit celui dont le système a été supposé (et attaqué, notamment par par Thomas d'Aquin) en s'appuyant sur une oeuvre aux trois-quarts ignorée, car non traduite. Ibn Rush est un rationaliste, certes. C'est-à-dire un philosophe aristotélicien qui pense que la raison et l'intellect permettent d'accéder à la Vérité de la Révélation et ce faisant, il s'oppose aux Néoplatoniciens intuitivistes, Abû Nasr al-Farabî et Abû Ali ibn Sîna, et surtout à Ghazalî qui attaque la philosophie comme moyen incomplet, imparfait, d'accéder à la Vérité. Rien à voir avec un athéisme supposé et cette idée que, quand ...