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Affichage des articles associés au libellé Deleuze

Abécédaire : RÉSISTANCE

C'est Primo-Lévy. Il a su parler de cette honte d'être un homme et il a fait un livre extrêmement profond, puisque c'est à la suite de son retour des camps d'extermination que… il en sort, oui, il dit : "Quand j'ai été libéré, ce qui dominait, c'était la honte d'être un homme." Alors, c'est une phrase à la fois très splendide, je crois, très belle, et puis ce n'est pas de l'abstrait, c'est très, très concret, la honte d'être un homme. Mais elle ne veut pas dire les bêtises qu'on risque de lui faire dire ; ça veut pas dire : "nous sommes tous des assassins" ; ou ça veut pas dire : "nous sommes tous coupables". Par exemple, nous sommes tous coupables devant le nazisme. Primo-Lévy, il le dit admirablement, il dit : "Ça veut pas dire que les bourreaux et les victimes, ce soient les mêmes", ça, on me fera pas croire ça, y a beaucoup de gens qui nous racontent : "Ah oui, on est tous coupable...

Abécédaire : ENFANCE

'…écrire, c'est témoigner de la vie. C'est témoigner pour la vie. C'est témoigner, alors, pour, au sens où on le disait, pour les bêtes qui meurent. C'est… bon, c'est bégayer dans la langue. Faire de la littérature… Faire appel à l'enfance, c'est typiquement faire de la littérature sa petite affaire privée. C'est la dégoûtation. C'est vraiment la littérature de Prisunic, de bazar, c'est les best-seller, c'est la vraie merde, ça. Si l'on ne pousse pas le langage jusqu'à ce point où il bégaie, parce que ce n'est pas facile, il ne suffit pas de bégayer bbb… bbb… bbb… comme ça ! Si on ne va pas jusque-là… Alors, peut-être que dans la littérature, comme… à force de pousser le langage jusqu'à une limite, il y a un devenir animal du langage même et de l'écrivain, il y a un aussi devenir enfant, mais ce n'est pas SON enfance… il devient enfant, oui. Mais ce n'est pas son enfance, ce n'est plus l'enfance de p...

Abécédaire : CULTURE

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… Les voyages des intellectuels, c'est de la bouffonnerie. Ils ne voyagent pas, ils se déplacent pour parler. Alors ils parlent à l'endroit où ils parlent, pour aller à l'autre endroit où ils vont parler. Et puis, même à déjeuner, ils vont parler avec les intellectuels de l'endroit. Ils ne vont pas arrêter de parler. (…) Mais les rencontres, ça ne se fait pas avec des gens, ça se fait avec des choses, quoi. Je rencontre un tableau, oui, ça, je rencontre un air de musique, je rencontre une musique, je rencontre une musique, ça, oui, je… je comprends ce que veut ça dire, une rencontre. Quand les gens y veulent y joindre en plus une rencontre avec eux-mêmes, avec les gens, là, ça ne va plus du tout. Ce n'est pas de la rencontre, ça. C'est pour ça que les rencontres sont toujours tellement, tellement décevantes, c'est toujours des catastrophes, les rencontres avec les gens." (…) Oui ! Je viens de le dire, les plieurs et les surfeurs, qu...

Abécédaire : ANIMAUX

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"Il faut dire aussi que l'écrivain, il écrit à l'intention des lecteurs, en ce sens, il écrit pour des lecteurs. Il faut dire aussi que l'écrivain, il écrit aussi pour des non-lecteurs, c'est-à-dire pas "à l'intention de", mais "à la place de". Alors Artaud a écrit des pages que tout le monde connaît, "j'écris pour les analphabètes", "j'écris pour les idiots"; Faulkner écrit pour les idiots. Ça veut pas dire pour que les idiots le lisent, ça veut pas dire pour que les analphabètes le lisent, ça veut dire à la place des analphabètes. Je peux dire : "j'écris à la place des sauvages","j'écris à la place des bêtes", et qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi on ose dire une chose comme ça ? J'écris à la place des analphabètes, des idiots, des bêtes ? Eh bien, parce que c'est ça que l'on fait, à la lettre, quand on écrit. Quand on écrit, on ne mène pas une petite affaire ...