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Affichage des articles associés au libellé Ibn Sînâ

Avicenne : le Mal c'est le non-être

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Avicenne prend ici pour modèle du sage accompli certains maîtres du soufisme. Le sage se distingue de deux autres types de fidèles à Dieu, l'ascète et le dévot. Se conformer à la Loi divine par crainte et espérance ne suffit pas à la sagesse, mais en diffère du tout au tout, étant un marchandage qui échange un renoncement aux plaisirs de cette vie contre les plaisirs sensibles du paradis. Or, ces plaisirs, dont Avicenne pense que le Coran les accorde à nos imaginations, sont le lot des hommes moyennement avancés sur la voie de Dieu. Les rechercher, c'est être encore attaché aux plaisirs que recherche l'âme animale, ceux de la concupiscence. Le salut véritable consiste en la proximité divine et suppose d'avoir accédé à la vie contemplative. Le paradis sensible récompense ceux qui, tout en agissant bien, ont été privé de la vie de l'intellect. La religion du commun ne conçoit pas Dieu comme Il est, Être, Bien et Intelligence, mais comme un moyen et l'assimil...

Dieu, le monde et l'homme en philosophie islamique

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Prenons pour exemple Abû 'Alî Ibn Sînâ, celui que nous nommons Avicenne (370h/980-428h/1037). Né en une famille shî'ite iranienne, qui migra de Balkh, en Bactriane, jusqu'à Boukhara, en l'actuel Ouzbékistan, il savait toute chose que l'on pût savoir en son monde, le dâr al-islâm , et en son temps : sciences traditionnelles et droits islamiques, mathématiques, astronomie, médecine, logique, physique, métaphysique, etc. Où commence, où cesse la philosophie en une œuvre qui se veut savoir total et organiquement unifié ? Rien ne fit barrage à sa curiosité philosophique. La leçon de sa vie est précieuse : le philosophe est, en Islam, celui que rien n'arrête dans l'effort de comprendre, ni la lettre du Coran, qu'il interprète, ni les beautés des cieux, qu'il organise, ni les passions des hommes, qu'il entend réformer, ni les silences de la nature, qu'il interroge. Il est celui qui répugne à l'adhésion aveugle et entend instaurer une auto...

L'ontologie des lumières : Avicenne, Sohrawardî, Mollâ Sadrâ

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"Sadrâ dit souvent de lui-même qu'il est le premier, celui qui inaugure la vraie philosophie de l'islam, et ce propos, fort courant chez nos philosophes, prend chez lui un accent de vérité qui nous touche. Mais ce commencement inaugural nous paraît être, aussi bien, un terme et un dernier mot. Certes, il y eut, du vivant de Sadrâ, et après lui, bien des penseurs qui ne pensèrent pas comme lui, et qui développèrent des propositions très originales. On songe à Qazî Sa'îd Qommî, par exemple, ou à l'ensemble des maîtres de ce qu'il est convenu d'appeler l'Ecole Shaykhie. Pourtant c'est lui, Mollâ Sadrâ, qui achève l'ontologie constitutive de l'islam, c'est lui qui la pense dans sa pureté systématique, de sorte qu'il détermine les problèmes et les réfutations qui feront vivre ses successeurs. Or ce geste métaphysique, pour illustrer la "renaissance" de la philosophie au temps des Safavides, n'en est pas moin...

Pédagogie angélique et individuation : Talem eum vidi qualem capere potuit

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Résumé très clair et lumineux même, de Corbin, sur les différentes positions, notamment celle d'Abû-l-Barakât en plus de celle d'Ibn Sîna, qui éclaire davantage l'opinion de Sohrawardî, sur l'union ou la relation de l'Âme céleste et son pendant terrestre. C'est que le Sheykh al-Ishraq a un style d'une concision qui frôle l'elliptique, le cher garçon, obligeant à se reporter à ses commentateurs (Ghiyat ad Dîn Shirazî et Mollah Sadra) mais qui eux-mêmes y ajoutent leur grain de sel. En fait on ne comprend bien Sohrawardî que lorsqu'on a saisi Ibn Sîna, c'est-à-dire d'où Sohrawardî reprend la route et d'où il s'éloigne du point de départ. Sur la question de l'individuation de l'âme et de celle de la dyade Âme céleste/âme humaine, en gros les âmes humaines sont-elles toutes et procèdent-elles toutes de la X° Intelligence en ayant le même type de dyade avec elle ou y a -t-il pour chacune un couple différent ? "Ici l'indivi...

Avicenne et le récit visionnaire

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Ibn Hazm disait que derrière la prétendue objectivité des "rationnalistes" se cachait en vérité beaucoup de motifs psychologiques, subjectifs, circonstantiels inavoués. Ibn Sîna, lui, par sa philisophie illuministe, résoud la question, en quelque sorte : c'est par la raison et ses chemins détournée qu'il est mené à son moi profond : "Or, dans le cas de l'avicennisme comme dans le cas de tout autre système du monde, c'est le mode de présence assumé par le mode de philosophie qu'il professe, qui apparaît en fin de compte comme l'authentique élément situatif de ce système considéré en lui-même. Ce mode de présence se dissimule le plus souvent sous la trame des démonstrations didactiques et des développements impersonnels. C'est lui pourtant qu'il s'agit de déceler, car il décide sinon toujours de l'authenticité matérielle des motifs incorporés dans l'oeuvre du philosophe, du moins de l'authenticité personnelle de s...