Avicenne : le Mal c'est le non-être
Avicenne prend ici pour modèle du sage accompli certains maîtres du soufisme. Le sage se distingue de deux autres types de fidèles à Dieu, l'ascète et le dévot. Se conformer à la Loi divine par crainte et espérance ne suffit pas à la sagesse, mais en diffère du tout au tout, étant un marchandage qui échange un renoncement aux plaisirs de cette vie contre les plaisirs sensibles du paradis. Or, ces plaisirs, dont Avicenne pense que le Coran les accorde à nos imaginations, sont le lot des hommes moyennement avancés sur la voie de Dieu. Les rechercher, c'est être encore attaché aux plaisirs que recherche l'âme animale, ceux de la concupiscence. Le salut véritable consiste en la proximité divine et suppose d'avoir accédé à la vie contemplative. Le paradis sensible récompense ceux qui, tout en agissant bien, ont été privé de la vie de l'intellect. La religion du commun ne conçoit pas Dieu comme Il est, Être, Bien et Intelligence, mais comme un moyen et l'assimil...