Film terriblement oppressant sur le début, qui m'étouffait, tant cette horreur de mourir en masse me rend claustrophobe. C'est bien ça, un génocide, pas de mort individuelle, ce que même un soldat, héroïque ou lâche, ressent, SA mort, SON destin, mais là non, c'est toute une foule qui meurt en foule, quelle asphyxie ! On ne meurt pas parce que l'on est, on meurt en tant que petite particule d'une masse à éliminer du monde. C'est cela qui m'a oppressée aux premières images, plus que la crudité des exécutions, des morts. Et aussi l'arrachement douloureux de chaque être qui forme le soi, père, mère, frère, voisin, voisine, masse de viande à supplicier devant soi, et ne pas pouvoir y faire quoi que ce soit. Ensuite, quand le pianiste démuni de tout erre comme un chat miséreux dans la ville, on respire, je trouve. Là, il redevient quelqu'un, là, c'est son destin qui se joue. Et que l'histoire soit réelle ne m'étonne pas, il y a vraiment de ces...