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Affichage des articles associés au libellé Bouvier

Reliefs durs et molassiques des religions

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"Alors même qu'il semble aujourd'hui que l'argent soit le seul dieu prié sur le continent chinois, on se rassure de voir que les vieux temples de jadis sont toujours là. Ou plutôt qu'ils sont de nouveau là, reconstruits quand ils avaient été abandonnés, et que l'on s'y presse, jeunes et vieux, touristes chinois et paysans du lieu. À croire que trente années de marxisme athée, de maoïsme antireligieux ont glissé sur le cœur des Chinois comme l'eau sur l'aile d'un canard et que, comme l'a si bien dit Claude Larre, "couchées un temps sous la rafale de la Révolution, les coutumes et les croyances de la Chine traditionnelle poursuit[vent] leurs vies dans le secrets des consciences."  Cyrille Javary, Les Trois sagesses chinoises: Taoïsme, confucianisme, bouddhisme . Cela rejoint ce qu'observait et concluait Nicolas Bouvier, dans Routes et Déroutes ,  devant le regain de piété dans le monde slave après la chute du communisme : ...

"l'existence entière est un exercice de disparition"

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"Devenir invité muet (…) avant de piper mot" : au premier sens des termes ou avant de vouloir nommer ce qu'on voit ?  Avant de vouloir nommer ce qu'on voit parce que dans une certaine mesure, si on veut convoquer les choses dans leur fraîcheur native, il faut avoir soi-même quasiment disparu. Exactement comme les chasseurs, zoologistes ou photographes qui veulent voir un ours. Ils se cachent. Ils font une petite cabane qui ressemble à s'y méprendre à un bosquet de sapins, et c'est ainsi qu'ils parviennent à voir. Je trouve qu'entre le voyage et l'écriture il y a un point commun, pour moi c'est très important. Dans les deux cas, il s'agit d'un exercice de disparition, d'escamotage. Parce que quand vous n'y êtes plus, les choses viennent. Quand vous y êtes trop, vous bouffzs le paysage par une sorte de corpulence morale qui fait qu'on ne peut pas voir. Vous entendez des voix qui vous disent : Ôte-toi de là" – comme ...

"dix, quinze minutes, voilà ma vie."

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Je suis parvenu à la conviction que quelles que soient les conneries que l'on puisse faire sur le plan pédagogique, il y a des valeurs qui font le carat, qui résistent. Elles peuvent rester sous terre pendant quarante, cinquante ans. Mais aussitôt qu'on leur donne de l'air, elles sont là. Une chose qui me touche beaucoup dans le monde slave, c'est une forme de piété candide, innocente, assez sonore aussi. Aussitôt qu'avec l'effet Gorbatchev on a réouvert les églises, le chant choral, la dévotion aux icônes et cette folie d'allumer des cierges à tout propos sont revenus. Parce que ce sont de bonnes choses. C'est comme les tranches géologiques. Il y a des reliefs durs qui survivent et des reliefs molassiques qui s'érodent. C'est pourquoi tous ces problèmes d'identité, qu'on chérit et qu'on évoque si souvent maintenant, me paraissent une véritable tarte à la crème. Parce que de deux choses l'une : ou bien on a une identité authe...

Épistolier

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Je suis très épistolier, raison pour laquelle je ne crains pas les séparations prolongées. Routes et déroutes , Nicolas Bouvier.
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Reçu enfin le  Théâtre de Maurice Boissard .  * Thérèse d'Avila est morte dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582. Toujours ce côté m'as-tu vue, chez elle. *  'Le Hibou et la baleine', Patricia Plattner  Toussaint passée à lire Bouvier,  Le Vide et le plein , et Léautaud.   'Il y a de très beaux arbres à Kyoto, mais ils vous laissent vous débrouiller tout seul'  *  C'est tout de même plus drôle d'être amoureux que d'être informé, ne trouvez-vous pas ? Un homme averti en vaut deux ? mais il ne vaudra jamais le quart d'une dupe amoureuse de la vie. Moi je connais bien cela, et quand la vie me lâche, cette espèce d'hôpital que devient la mienne, ce goût de bile, ces chambres vides. Alors je m'arc-boute, je contre, je m'obstine, je me fais mauvais, dur, tranchant et cette espèce d'eczéma encore qui me mange la figure. Bon signe, ça ! Signe que ça bascule.   Je verrais très bien une incantation magique ...

C'est mieux que ce qu'on attendait et c'est aussi, d'une autre manière, exactement ce qu'on attendait

Nicolas Bouvier a peut-être trouvé là une bonne règle pour détecter le mal, ou une bonne boussole : l'ennui, la répétition. Admettons qu'il y ait bonheur dans le crime, ce ne sera pas long, car il n'y aura jamais rien de neuf : L'invention dans le bien dispose d'un éventail beaucoup plus large que l'invention dans le mal – voir l'insupportable monotonie de Sade (son côté prévisible), l' Histoire d'O  qui ne parvient pas à rebondir, le côté scolaire et pion des grands malfaiteurs, sacrilèges, Gilles de Rais, etc., gens si laborieux dans leurs vilenies. Lorsqu'on a violé une femme – nonne ou vestale de préférence – de toutes les façons possibles, ou célébré par dérision une messe sur l'étal d'un boucher devant des abatis de porc, que peut-on bien faire de plus ? On peut toujours encore brûler un feu rouge. Et d'opposer à Sade ou Gilles de Rais les 'Attar ou Rûmî ("qui était turc" autant que moi, mais peu importe)...

"Si plein de vie et épuisé à la fois"

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Dans Je suis un écrivain japonais , ces mots de Laferrière pour décrire Nicolas Bouvier, brièvement rencontré entre deux avions : "Si plein de vie et épuisé à la fois. Sa valise au pied de la table." J'imagine, oui, qu'il devait en être souvent ainsi, pour ce voyageur forcené : se souvenir de la fièvre du Journal d'Aran , de celle du Poisson-scorpion