Aimer Dieu, c'est passer le pont
Je vais faire un aveu. J'écrivais récemment pour un média chrétien un article sur l'amour de Dieu. Je citais au fil de la plume une phrase de sainte Gertrude, qui m'avait semblé forte et belle : "Amour, qui non seulement éclairez mais divinisez, venez à moi dans votre puissance, venez dissoudre tout mon être. Détruite en ce qui est en moi, je ne serai qu'à vous." Je supprimai cette phrase. Pourquoi cette prudence ? Écrivant pour des chrétiens, je craignais de blesser, de désorienter, de choquer malgré la caution de la sainte. En effet comment expliquer à des chrétiens de bonne volonté que l'amour de Dieu à la fois nous divinise et nous détruit ? Paroles incompréhensibles pour le chrétien engagé dans un amour de Dieu à la semblance humaine. Seigneur, je t'aime comme dix fois mon père ou ma mère, Seigneur, protège-moi, exauce-moi, considère mes peurs, mes désirs, aide-moi ! Et ce cri de l'ego est bien légitime. Je n'en disconviens pas....