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Affichage des articles associés au libellé Dhû-l-Nûn

L'attirance innée pour ce qui est beau

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"Yûsuf ibn Al-Husayn a rapporté ces paroles de Dhû-l-Nûn l'Egyptien : "J'ai entendu mon maître ( ustadhî ) dire ceci : "Quand l'état spirituel de celui qui aime Dieu ( al-muhibb ) est parvenu à son accomplissement, les choses (ou "certaines choses") deviennent grossières pour lui. Il ne peut plus fréquenter quelqu'un de grossier, ni absorber de nourriture grossière et qui ne lui est pas agréable, ni porter autre chose que des vêtements au tissu moelleux, et (ceci étant) aucun dommage ne saurait résulter pour lui de quoi que ce soit qu'il pourrait avoir de ce bas monde, car au niveau qu'il a atteint tout amoindrissement de son état spirituel n'est plus possible." Parfois le voyage du gnostique l'entraîne si loin qu'il lui est difficile de réatterrir sur le rêche de la vie. Qutb al-Dîn Shahrazûrî recommandait ainsi au murîd désireux de connaître l'extase d'un semâ de faire retraite 40 jours, avec diminution p...

"mon coeur ne dévoile pas son amour à mon corps"

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Passage curieux sur la séparation du corps et de l'esprit, non point cette fois dans le classique conflit des ascètes, mais sur l'indifférence de l'un pour l'autre, au sens où il lui tait son secret et ne prend pas la peine de se soucier de l'apaprence. Comble des bonnes manières de l'amant (adab), taire son coeur à sa chair, ou l'absolu du Secret : "Ahmad ibn 'Alî al-Qurachî al-Qazwinî (transmetteur non identifié) a rapporté ce récit qu'il avait entendu de la bouche de Dhû-l-Nûn : "Mon père m'avait raconté, au sujet d'un de ces êtres qui sont constamment plongé dans l'affliction, une chose qui l'avait rempli d'étonnement. Or, au cours d'un de mes déplacements, j'eus moi-même la surprise de me trouver en présence d'un jeune homme, au visage agréable, au teint frais, au corps replet, mais chez qui l'on décelait l'affliction sincère qu'il y avait au fond de lui et le chagrin qui l'envahissait ...

Le dormeur et la caravane

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Dhû-l-Nûn était un ascète dévoré de scrupules, un vrai zahîd, dans la lignée de Rabi'a. Le genre à ne pas manger de melon, comme Ibn Hanbal, car ignorant si le Prophète en aurait mangé (et là-dessus approuvé par Ibn Arabî, un autre tourmenté du genre). "Al-Walîd ibn 'Utba al-Dimachqî avait écrit à Dhû-l-Nûn pour s'informer de son état, et voici sa réponse : "Tu m'as écrit pour t'enquérir de mes nouvelles ; que pourrais-je donc t'apprendre à mon sujet, sinon que je suis en proie à toutes sortes de choses qui me font souffrir. Il y en a quatre qui me font pleurer : mes yeux aiment regarder, ma langue aime les propos frivoles, mon coeur aime que je sois à la tête des autres, et je réponds aux invites d'Iblîs, l'Ennemi de Dieu, pour tout ce qui peut déplaire à Dieu. Il y en a quatre qui me remplissent d'inquiétude : un oeil qui ne verse pas une larme sur les péchés infects, un coeur qui ne se soumet pas quand il est édifié, un esprit dont l...

De l'amour (mahabba)

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"L'amour fait parler, la pudeur rend silencieux, et la crainte jette dans l'inquiétude. Celui qui aime se perd entre les trois." La vie merveilleuse de Dhû-l-Nûn l'Egyptien / Ibn'Arabî \; trad. de l'arabe, présenté et annoté par Roger Deladrière

De la dure vie de murîd

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"Abû 'Abd Allâh ibn al-Jallâ a raconté ceci : "je faisais un séjour pieux à La mecque en compagnie de Dhû-l-Nûn ; cela faisait plusieurs jours que nous avions faim, et l'on ne nous avait rien offert. Un jour, avant la prière de midi, Dhû-l-Nûn se leva pour se rendre sur la montagne et y faire ses ablutions ; je me tenais derrière lui, quand j'aperçus des peaux de banane qu'on avait jetées sur la route. Je me dis en moi-même : "Je vais en prendre une ou deux poignées, que je mettrais dans mes manches sans que le cheikh me voie, et quand nous serons sur la montagne et que le cheikh fera ses ablutions, je les mangerai." Je m'en emparai donc et les plaçai dans mes manches, en prenant garde que le cheikh ne me vît point. Lorsque nous fûmes sur la montagne et à l'écart des gens, il se tourna vers moi et me dit : "Jette tout ce que tu as dans tes manches !" Je m'exécutai, rempli de confusion. Après avoir fait nos ablutions, nous retour...

Dhû-l-Nûn le rusé

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Dhû-l-Nûn était rusé, nous l'avons vu , même (et surtout ?) avec Dieu. Une des prières qu'il a composées pour L'incliner au pardon use d'un argument assez drôle : "Pardonne, histoire de faire enrager le diable !" "Mon Dieu ! Satan est Ton ennemi et il est aussi le nôtre, et c'est en nous pardonnant que Tu exciteras sa rage par ce qui le blesse le plus, pardonne-nous donc !" Sinon, pointe vacharde d'Ibn Arabî contre les fuqaha (ces juristes en droit canon) si souvent ennemis des soufis et des malamatî et avec qui Dhû-l-Nûn et lui-même eurent maille à partir. A l'enterrement de Dhû-l-Nûn, signe peut-être, de la faveur de Khidr en plus de celle d'Allah, une volière verdoyante l'escorte, ce que tous les soufis et ascètes voient : Muhammad ibn Zabbân : "Lorsque mourut Dhû-l-Nûn, je vis au-dessus de la civière qui transportait son corps des oiseaux verts qui étaient pour moi une "chose" totalement inconnue." Ibn Kha...

Les Quarante et le Pôle du monde

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" Abdâl (sing. badal ) est le nom qui est généralement donné aux saints inconnus, dont la présence est nécessaire pour le maintien de la vie sur la terre. Ils constituent une hiérarchie cachée et permanente, ayant à sa tête "le Pôle" ( al-Qutb ), et dont chaque membre est immédiatement remplacé à sa mort (cf. M. Chodkiewicz, Le Sceau des Saints , pp. 116-127). Le mot est d'origine traditionnelle, et l'on trouvera dans le Kanz al-'ummâl d'al-Muttaqî (V, pp. 332-334) 20 hadîths le mentionnant, et selon lesquels le nombre des abdâl est de 30 ou 40. Avec Ibn 'Arabî les données concernant les membres de la hiérarchie cachée des saints, leur nombre, leurs fonctions, se préciseront. Chez un auteur comme Abû Tâlib Makkî (mort en 996), l'emploi du mot abdâl reste encore incertain et fluctuant ; il est mentionné en 18 passages différents du Qût al-qulûb , avec des significations diverses : il y a des abdâl des justes ( siddîqûn ), des prophètes ( anbiy...

Malâmatiyya

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"Pour 'Attâr (texte persan de la Tadhkirah, p. 114), Dhûl-Nûn était le chef de file des "hommes du blâme" ( alh al-malâma ), et, presque deux siècles avant lui, Hujwirî ( Kashf al-mahjûb , p. 100) avait dit : "Il a marché sur le sentier de l'affliction et il a voyagé sur la route du blâme." Par ailleurs, il convient de noter que le nom de Dhû-l-Nûn ne figure pas dans les "chaînes initiatiques" (asnâd, salâsil, cf. Junayd, Enseignement spirituel ) des soufis. Cette question de l'appartenance de Dhû-l-Nûn au groupe des Malâmatiyya ou Malâmiyya est difficile à trancher, car les critères diffèrent, selon que l'on considère la réalité historique d'un mouvement né au Khurâsân et lié à celui de la futuwwa (sous sa forme initiale, non encore corporative), ou qu'on se base sur les caractéristiques énoncées par Sulamî dans son Epître des Malâmatiyya (publiée avec une excellente introduction par 'Afîfî), ou encore que l'on s...

Futuwwa

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Comme l'intelligence et la ruse, les vertus de la futuwwa ou djavanmardî sont vues comme des qualités plus naturellement féminines, soit la sincérité, le désintéressement et le courage extrême ; ainsi le murshid de Dhûl-l-Nûn en Djavanmardî, fut une femme du Khorasan : "La source des informations concernant Fâtima de Nîshâpur comme maître de Dhul-l-Nûn se trouve chez Sulamî, et elles ont été recueillies par Ibn al-Jawzî puis par Ibn 'Arabî. Le texte de Sulamî fait état de la grande admiration qu'avaient pour elle Dhû-l-Nûn et Abû Yazîd al-Bistamî ; il précise que c'est à La Mekke que Dhû-l-Nûn l'a connue et qu'elle est devenue son maître, il cite un certain nombre d'instructions spirituelles que Dhû-l-Nûn avait reçues d'elle, il mentionne qu'ils se sont trouvés à nouveau réusnis à Jérusalem, et il indique la date de sa mort à La Mekke en 223/838. Il nous est possible d'apporter quelques précisions supplémentaires, grâce aux recoupements que ...

Les persécutions et la mort

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"mais il y avait toujours parmi les littéralistes des gens hérissés contre toute prétention à une science réservée et ayant la phobie de toute innovation ( bida' ), comme si le genre de vie des Médinois et des Bédouins du VII° siècle devait servir de norme à toute l'humanité de tous les temps, comme si l'un des principaux efforts de l'intelligence musulmane, et chez les canonistes eux-mêmes (qui montrent une virtuosité parfois inquiétante), n'était justement pas de suivre le développement du germe reçu avec le Coran et la Sounna. Dzoû'l Noûn fut donc suspect pour avoir inauguré "une science dont on n'avait pas l'habitude". Son élève, Yoûsouf ibn Housayn al Râzî, arriva un jour tout ému : "Les gens disent que tu es zindîq . - Ils sont encore bien bons de ne pas me traiter de juif"." Emile Dermenghem, Vie des saints musulman s, Dzoû'l Noûn.

Les Quarante

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"Un des disciples de Doû'l Noûn avait fait quarante pèlerinages, quarante retraites de quarante jours dans la solitude, prié la nuit pendant quarante ans et il n'obtenait, malgré toutes ces prouesses, aucune lumière de l'invisible, aucun regard de l'Ami caché. Comme il se lamentait, son maître lui dit de se coucher ce soir-là sans prier après avoirmangé tout son soûl. "Il arrivera, dit-il, sans doute que l'Ami ne te regarde pas avec l'oeil de la miséricorde, il te regardera du moins avec celui de la colère." Le disciple mangea donc à sa faim, fit néanmoins la prière du soir et vit en rêve le Prophète, qui lui dit : "l'Ami t'envoie le salut et il a ajouté : "Bien pusillanime celui qui, à peine arrivé à ma cour, a hâte de s'en retourner ! Dans cette route-là, pose le pied comme doivent faire les hommes de coeur et alors il faudra bien que nous te donnions la récompense de tous les exercices de piété que tu as accomplis pen...