"Je serre ma guitare contre moi, les murs écartez-vous ! La Fortune me fut contraire, je n'aurai de liberté, ma vie durant. Tranchez-moi donc les veines, tranchez-moi donc le cou, Seulement, ne coupez pas Mes cordes, mes cordes D'argent ! Je m'enfouis dans la terre, je pourris solitaire. Qui de ma jeunesse se montrera compatissant ? On rampe dans mon âme, on la coupe en lanières. Pourvu qu'on ne coupe pas Mes cordes, mes cordes D'argent ! Emportant ma guitare, ils m'ont pris la liberté. Je me suis effondré, je criais :"Bande de salauds, de truands ! Noyez-moi, écrasez-moi dans la boue à coups de pied, Seulement, necoupez pas Mes cordes, mes cordes D'argent ! Qu'est-ce que c'est que ça, les gards ? Je ne verrai plus jamais Ni les nuits sans lune, ni les petits matins blancs ? Ils ont gâché mon âme, ma vie, m'ont privé de liberté, Maintenant, ils ont brisé Mes cordes, mes cordes D'argent."