Bénignité du judaïsme


"Le terme "païen" - qui signifie étymologiquement "paysan" - est en fait un anachronisme remontant au IV° siècle pour désigner ceux qui ne sont pas chrétiens. C'est improprement qu'on l'utilise en français comme synonyme de "gentil", c'est-à-dire de non-juif. Utilisé tantôt péjorativement, tant tpot non, le terme recouvre artificiellement deux catégories bien différentes dans le Nouveau Testament :

- les païens au sens étroit du terme, c'est-à-dire les polythéistes, les idolâtres, adeptes du panthéon de la religion romaine ;

- les craignant-Dieu, les non-juifs attirés par le judaïsme, observant le sabbat, les prescriptions alimentaires, le tribut au Temple, les pèlerinages, mais ne se faisant pas circoncire. Les craignant-Dieu, dont on peut dire de façon imagée qu'ils tournent autour de la synagogue sans y entrer.

Cette seconde catégorie doit être bien dissociée des prosélytes, juifs venus du paganisme ou païens convertis au judaïsme ; ils observent pleinement la Loi de Moïse et sont agrégés au peuple juif par un sacrifice et le bain de purification rituel ; quant aux hommes, ils sont circoncis. Contrairement aux craignant-Dieu, les prosélytes sont des juifs, même s'ils sont toujours acceptés avec une certaine réserve : ils n'étaient pas "des juifs de naissance" (Ga 2, 15). Selon une parole terrible de rabbi Helbo, rapportée par le Talmud de Babylone : "Les prosélytes sont comme une plaie sur la peau d'Israël, une lèpre." (Yebamoth 47b).

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tannhauser

Vie de Thérèse d'Avila

Les 40 règles de la religion de l'amour