mardi 7 juin 2005

Bénignité du judaïsme


"Le terme "païen" - qui signifie étymologiquement "paysan" - est en fait un anachronisme remontant au IV° siècle pour désigner ceux qui ne sont pas chrétiens. C'est improprement qu'on l'utilise en français comme synonyme de "gentil", c'est-à-dire de non-juif. Utilisé tantôt péjorativement, tant tpot non, le terme recouvre artificiellement deux catégories bien différentes dans le Nouveau Testament :

- les païens au sens étroit du terme, c'est-à-dire les polythéistes, les idolâtres, adeptes du panthéon de la religion romaine ;

- les craignant-Dieu, les non-juifs attirés par le judaïsme, observant le sabbat, les prescriptions alimentaires, le tribut au Temple, les pèlerinages, mais ne se faisant pas circoncire. Les craignant-Dieu, dont on peut dire de façon imagée qu'ils tournent autour de la synagogue sans y entrer.

Cette seconde catégorie doit être bien dissociée des prosélytes, juifs venus du paganisme ou païens convertis au judaïsme ; ils observent pleinement la Loi de Moïse et sont agrégés au peuple juif par un sacrifice et le bain de purification rituel ; quant aux hommes, ils sont circoncis. Contrairement aux craignant-Dieu, les prosélytes sont des juifs, même s'ils sont toujours acceptés avec une certaine réserve : ils n'étaient pas "des juifs de naissance" (Ga 2, 15). Selon une parole terrible de rabbi Helbo, rapportée par le Talmud de Babylone : "Les prosélytes sont comme une plaie sur la peau d'Israël, une lèpre." (Yebamoth 47b).

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Dans la vie on prend toujours le mauvais chemin au bon moment. Dany Laferrière.