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"ils n'ont pas tués, ils sont tués ; ils ont tué, ils ne sont pas tués"


Selon notre auteur, plus connu sous le nom de Nah'manide, la législation relative aux "témoins malveillants" relève de la providence de Dieu. Si ces témoins malintentionnés, qui souhaitaient la mort d'un innocent ont été confondus par d'autres témoins, la loi réclame leur mise à mort, car c'est grâce à sa probité et son innocence que Dieu a secouru le prévenu par l'intervention salutaire des autres témoins. En effet, s'il méritait de mourir, Dieu ne l'aurait pas soustrait à la justice. En revanche, si le prévenu a été exécuté, l'on peut considérer qu'il est mort en raison de son péché. S'il s'agissait d'un homme juste, Dieu ne l'aurait pas abandonné entre les mains de ses juges. De surcroît, Dieu ne saurait laisser des magistrats intègres verser un sang innocent, car la justice appartient à Dieu qui "siège parmi les magistrats" (Psaume 82, verset 1). En d'autres termes, l'accusé meurt, certes, sur la base d'un faux témoignage, mais pour une faute qu'il a réellement commise.
Philosophies d'ailleurs II. Les Pensées hébraïques : Yehuda ha-Nassi, Raphaël Draï.



Comme quoi le "jugement de Dieu" n'est pas une invention spécifique de ces abrutis d'hommes médiévaux d'Outre-Mer.

Et on voit encore combien Borges a pu s'inspirer du Talmud. Ça lui allait bien, ce labyrinthe de l'esprit :


Un esclave vola un billet série pourpre : d'après le tirage, le porteur du numéro devait avoir la langue brûlée. Mais le code fixait cette même peine pour les voleurs de billets. Certains Babyloniens exprimèrent alors que si l'homme méritait le fer rouge, c'était en sa qualité de voleur ; d'autres, magnanimes, affirmèrent que le bourreau ne devait lui appliquer la peine que pour respecter les décisions du hasard.
Fictions, Borges.

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