Hebdomada XXI per annum

Il jeta un coup d'œil autour de lui – non, personne ne l'observait – et tira de sa poche un calepin long et étroit. Sur la couverture était écrit en hautes lettres anguleuses : SOTTISIER. Il arrêta d'abord son regard sur le titre, puis il feuilleta le carnet dont plus de la moitié des pages était écrite ; il inscrivait là tout ce qu'il voulait oublier. Il commençait par inscrire la date, l'heure et le lieu. Suivait le récit de l'événement, qui devait être une nouvelle illustration de la bêtise humaine. Une citation bien choisie, toujours nouvelle, servait de conclusion. il ne lisait jamais son recueil de sottises ; il lui suffisait de jeter un coup d'œil sur la couverture. Il pensait publier cela plus tard sous le titre : Promenade d'un sinologue.
Auto-Da-Fé, Elias Canetti.








Écrire tout ce que l'on voudrait oublier me semble judicieux. Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas les 3/4 du journal que je tiens depuis 30 ans. Il faudrait peut-être le scinder en deux : ce dont je veux me souvenir, ce que je veux oublier, mais ce serait finalement sans intérêt, tant je me relis peu et avec dégoût ; ouvrant les cahiers de 1989, 1993, 1996, 2000, etc., même moue écœurée. Qu'est-ce que j'étais conne ! Je ne suis attachée de même à aucun souvenir, je jette tout, tout ce qui s'est passé m'indiffère, du moment que cela ne reviendra pas. C'est comme de l'inexistant, ou une peau dans laquelle je ne voudrais retourner pour rien au monde, même mon journal de l'an dernier. Désire-t-on revenir en CE1 quand on est passé en CE2 ? Je n'ai rien, je n'ai pas de boite à trésors, juste la bibliothèque et le journal du temps présent.

Commentaires

  1. Chaque semaine un changement radical de présentation, cela commence à être un peu trop chère Sandrine (vous êtes trop instable en ce moment ?) surtout que je ne crois pas que celle-ci, avec cet épouvantable jet d'eau qui empêche de lire correctement, soit ce qui aurait de mieux pour votre beau site. Mais bon, question de gouts, je sais que ce n'est pas évident...

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  2. Ce n'est pas chaque semaine, c'est chaque saison. La photo d'école, c'était juste pour me rappeler que c'était bientôt la rentrée. Quant à l'eau c'est parce que le yik m'a dit abreuve-toi à la source pure et froide, etc. Donc pense-bête, idem, toutes les fois où le genre humain me tapera sur le système.

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