Relisant la Bible, je suis frappée de voir à quel point tout ceci est mésopotamien. Et si l'Eternel est si atrabilaire et un brin casse-pieds avec l'humanité, c'est qu'au rebours des dieux mésopotamiens, il est tout seul, non pas unique, mais détaché des autres dieux, isolé, on dirait qu'il boude à l'écart. Donc pas de combats hasardeux contre des monstres, pas d'aventures amoureuses avec les déesses, pas de mort hivernale ni de renaissance printanière... On comprend que ça devait être ennuyeux pour lui et qu'il fallait bien qu'il se distrayât (?) avec le peuple qu'il avait sous la main et dont il exigeait l'exclusivité parce qu'il était jaloux (un petit peuple, dont personne ne se souciait, et dont on peut imaginer que le reste des dieux lui a cédé sans trop de soucis). Car le début de la Bible, au moins jusqu'aux Nombres, c'est ça, non pas la révélation d'un seul dieu à un peuple, mais le monopole sur un seul peuple d'un dieu asociable et grincheux, qui se comporte la plupart du temps en potentat cruel et vaniteux, comiquement intarissable sur la description de l'autel en or, en pierres précieuses, mesurant tant de coudées, etc., que l'on devra lui faire construire, sans ça, gare ! Car l'Eternel punit les enfants des coupables jusqu'à la troisième et quatrième générations, et il est miséricordieux (sic).

Finalement, si ce texte a eu tant de succès par la suite, ce n'est que par le biais de deux autres textes, qui furent quand même de grandes réformes religieuses, plus compatissantes et universalistes, à savoir les Evangiles, d'abord, et le Coran par la suite. Il n'y a que par ce biais-là que l'on peut "avaler" la Bible en tant que best-seller des livres sacrés, ça ne s'explique pas autrement.

En fait, ce qui m'amuse le plus dans cette relecture, c'est le souvenir des Ecritures de Cavanna qui se surimpose de façon irrésistible : la meilleure exégèse de la Genèse.



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