Accéder au contenu principal

Je possède maintenant l'intégrale des cantates religieuses de Bach par Harnoncourt et Leonhardt. Boucle bouclée. Ce qui est curieux, c'est que plus je m'attache à Bach, plus je me désintéresse de beaucoup de musiques anciennes et baroques que j'avais aimées avant… Harnoncourt et Leonhardt écrasant Christie.

*

Une Séparation, d'Asghar Farhadi. Au début, cela m'ennuie. Et puis, comme pour À propos d'Elly, l'histoire finit par m'accrocher. Comme dans Elly, tous les personnages sont équitablement pitoyables ou crispants, à leurs moments.

*

Et voilà : le docteur Jivago est mort. Maintenant, je relis La Conscience de Zéno, livre toujours associé, dans ma mémoire, à la chambre d'hôtel de Sivas où je l'avais lu pour la première fois.

*

Filet de porc à la cévenole : olives vertes, vin blanc et marrons.

*

Journée 'J'attends le Plombier', puisque ma chaudière fait sa crise cardiaque annuelle. L'année dernière, c'était très exactement le 28 novembre au soir, vêpres de l'Avent. Cette fois, elle est en avance sur l'année liturgique. Le plus drôle est la tête du plombier quand, me demandant la date de la dernière panne, j'ai pu lui donner exactement les jours et heures de la panne et de ses multiples interventions. Les archives redoutables des diaristes…

En attendant, à devoir chauffer de l'eau pour tout, j'ai l'impression de squatter la maison des Ingalls.


*

Gosse, me fascinait le coutelas de Rahan. Non pas comme une arme, mais quand, à la fin, il le faisait tourner sur une pierre et choisissait de partir dans la direction pointée. Me paraissait merveilleux ce chemin donné par le hasard, et surtout, sans lui, comment prendre une direction plutôt qu'une autre, alors que tous les choix possibles s'offrent, affolants ? 

Est-ce que certaines choses sont écrites, certaines trajectoires tirées d'avance, ou est-ce qu'à chaque pas, nous avons le choix ? Qu'est-ce qui est écrit, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Qu'est-ce qui est voulu, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Et comment discerner, comment reconnaître la trajectoire essentielle des méandres mineures ? 

À quoi cela sert-il de dire : "Que Ta volonté soit faite" si, à tout moment, nous sommes libres ? Veux-Tu que je veuille ce que Tu veux, mais sans me le dire _ auquel cas ce ne serait qu'un désir de Ta part, que je satisferais sans le savoir ? _ et ainsi me donnant librement ; sinon, sachant ce que Toi, Tu veux, j'opterais uniquement en me disant que c'est ça, ce qu'il faut faire, bon gré mal gré. 

Comment faire Ta volonté en restant libre, si ce n'est en ignorant quelle est Ta volonté ? C'est peut-être pour cela que Tu n'aimes pas qu'on T'en demande, des signes : on se fait traiter d'engeance de vipère et autres noms charmants…  Et cela vient peut-être de là, cette histoire de fruit maudit, d'omniscience funeste à dérober. Il y a des connaissances qui emprisonnent.

Je n'ai jamais cessé d'utiliser, avec un jeu ou un autre, le couteau d'ivoire, car je voudrais tellement apprendre à voir, à sentir le vent… et au moment où je saurai tout, sans faute, j'aurais peut-être perdu le libre don.



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La réponse est le malheur de la question

Prenons ces deux modes d'expression : "Le ciel est bleu", "Le ciel est-il bleu ? Oui." Il ne faut pas être grand clerc pour reconnaître ce qui les sépare. Le "Oui" ne rétablit nullement la simplicité de l'affirmation plane : le bleu du ciel, dans l'interrogation, a fait place au vide ; le bleu ne s'est pourtant pas dissipé, il s'est au contraire élevé dramatiquement jusqu'à sa possibilité, au-delà de son être et se déployant dans l'intensité de ce nouvel espace, plus bleu, assurément, qu'il n'a jamais été, dans un rapport plus intime avec le ciel, en l'instant – l'instant de la question où tout est en instance. Cependant, à peine le Oui prononcé et alors même qu'il confirme, dans son nouvel éclat, le bleu du ciel rapporté au vide, nous nous apercevons de ce qui a été perdu. Un instant tranformé en pure possibilité, l'état des choses ne fait pas retour à ce qu'il était. Le Oui catégorique ne peut ren…

Tout cela est si lent, si lourd, si triste…

Cette agitation comique-troupier sur Céline m'a donnée envie de le relire, non pour protester dans je ne sais quelle posture trouduquesque-je-résiste, mais parce que je me suis souvenue de ces livres et que cela faisait longtemps que je ne les avais pas relus. Je ne me souvenais pas que le début de Mort à Crédit était si beau, dans une tristesse poétique d'épave. Je trouve qu'on ne dit pas assez combien Céline était humain, autant dans ses vacheries que dans ses douceurs. Les hommes, il les trouvait cons, et fascinants de connerie, il en avait pitié aussi. Et la vacherie disparaît pour les "petites âmes", les gosses de pauvres, les vieux qui ne vivent plus que par un souffle, les chats… Il disait n'aimer que les danseuses, sinon. Tous les gens "légers", en somme. Il trouvait les gens lourds et méchants, et souffrants, et alors quand ils souffrent ils sont pire. Lourds, et tristes, et lents, voilà justement comment cela commence :
Nous voici encore …

Les 40 règles de la religion de l'amour

Règle nº 1 : La manière dont tu vois Dieu est le reflet direct de celle dont tu te vois. Si Dieu fait surtout venir de la peur et des reproches à l'esprit, cela signifie qu'il y a trop de peur et de culpabilité en nous. Si nous voyons Dieu plein d'amour et de compassion, c'est ainsi que nous sommes. Règle nº 2 : La voie de la vérité est un travail du cœur, pas de la tête. Faites de votre cœur votre premier guide ! Pas votre esprit. Affrontez, dépassez votre nafs avec votre cœur. Connaître votre ego pour conduira à la connaissance de Dieu. Règle nº 3 : Chaque lecteur comprend le saint Coran à un niveau différent, pour aller à la profondeur de sa compréhension. Il y a quatre niveaux de discernement. Le premier est la signification apparente, et c'est celle dont la majorité des gens se contentent. Ensuite, c'est le batini – le niveau intérieur. Le troisième niveau est l'intérieur de l'intérieur.Le quatrième est si profond qu'on ne peut le mettre en mo…