Accéder au contenu principal

Hebdomada VIII per annum


Passé à la cathédrale. J'avais soif de bénédiction, je crois, d'eau spirituelle, de me ressourcer un peu, quoi. Passant devant le Christ, je ne m;y arrête pas, ce n'est qu'une statue, je ne vais pas virer idolâtre, je peux passer à autre chose et m'approcher d'autre chose. Je m'assois dans la travée centrale, devant l'autel, prie un peu, me relève, flâne, passe devant la guérite où un "innocent" qui vend les cartes postales et les cierges discute avec une vieille religieuse. Je sens à nouveau le flux apaisant, joyeux et serein de cette lumière, dans toute la cathédrale. Comme en août dernier, je me suis sentie joyeuse et chez moi. Un jour, le monde entier sera pour moi comme cette cathédrale.

*

Tombant sur un site avec des documents de Gitta Mallasz et des autres, je vois le cahier de Lili et son signe, le triangle inversé. Je me demande, une fois de plus, quel est mon signe, qui est mon Ange, quelle est ma tâche.

*

Vu L'Avocat de la terreur, passionnant, captivant de bout en bout et souvent très drôle.

*

Toujours à reclasser ma biblio, le casse-tête d'un rêve de biblio-monde impossible. J'hésite à mettre Césaire en littérature française ou à faire une catégorie littérature caribéenne, puisque j'en ai une d'Afrique noire. Mademoiselle Frog insiste, alors du coup, Carpentier, en espagnol, va côtoyer Depestre, en français, dans les romans. Et sur ses suggestions, je mets aussi le Mexique (Fuentès) en littérature nord-américaine.

Quant à Kafka, littérature tchèque ne veut rien dire et en plus c'est quasi-anachronique. Je le mets dans littérature autrichienne. Pas sûr qu'il aille bien avec Bernhardt, mais je peux pas le séparer de la Cacanie de Musil.

Restent les apatrides polyglottes emmerdants : Nabokov, Nakhjavani, Khalil Gibran... Je vais faire une catégorie Passeport Nansen.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Les 40 règles de la religion de l'amour

Règle nº 1 : La manière dont tu vois Dieu est le reflet direct de celle dont tu te vois. Si Dieu fait surtout venir de la peur et des reproches à l'esprit, cela signifie qu'il y a trop de peur et de culpabilité en nous. Si nous voyons Dieu plein d'amour et de compassion, c'est ainsi que nous sommes. Règle nº 2 : La voie de la vérité est un travail du cœur, pas de la tête. Faites de votre cœur votre premier guide ! Pas votre esprit. Affrontez, dépassez votre nafs avec votre cœur. Connaître votre ego pour conduira à la connaissance de Dieu. Règle nº 3 : Chaque lecteur comprend le saint Coran à un niveau différent, pour aller à la profondeur de sa compréhension. Il y a quatre niveaux de discernement. Le premier est la signification apparente, et c'est celle dont la majorité des gens se contentent. Ensuite, c'est le batini – le niveau intérieur. Le troisième niveau est l'intérieur de l'intérieur.Le quatrième est si profond qu'on ne peut le mettre en mo…

Pétrarque et la bataille de l'"arabisme"

Andrea del Castagno, v. 1450, Galerie des Offices, Florence. La chrétienté médiévale s'approprie les apports de l'Islam à la façon d'un pillage de la pensée, d'un butin intellectuel pris à l'ennemi. Jacques Le Goff cite à ce propos le clerc anglais Daniel de Morley, venu au XIIº siècle à Tolède pour y apprendre l'arabe en empruntant un argument au saint Augustin de la De doctrina christiana, lequel justifiait le pillage des sciences païennes au service de l'Église à la manière dont les Hébreux de l'Exode emportèrent des trésors d'Égypte pour en orner leur Arche d'Alliance : "Nous aussi qui avons été libérés mystiquement de l'Égypte, le Seigneur nous a ordonnés de dépouiller les Égyptiens de leur trésor pour en enrichir les Hébreux. Dépouillons-nous donc conformément au commandement du Seigneur et avec son aide les philosophes païens de leur sagesse et de leur éloquence, dépouillons ces infidèles de façon à nous enrichir de leur dépouill…

La réponse est le malheur de la question

Prenons ces deux modes d'expression : "Le ciel est bleu", "Le ciel est-il bleu ? Oui." Il ne faut pas être grand clerc pour reconnaître ce qui les sépare. Le "Oui" ne rétablit nullement la simplicité de l'affirmation plane : le bleu du ciel, dans l'interrogation, a fait place au vide ; le bleu ne s'est pourtant pas dissipé, il s'est au contraire élevé dramatiquement jusqu'à sa possibilité, au-delà de son être et se déployant dans l'intensité de ce nouvel espace, plus bleu, assurément, qu'il n'a jamais été, dans un rapport plus intime avec le ciel, en l'instant – l'instant de la question où tout est en instance. Cependant, à peine le Oui prononcé et alors même qu'il confirme, dans son nouvel éclat, le bleu du ciel rapporté au vide, nous nous apercevons de ce qui a été perdu. Un instant tranformé en pure possibilité, l'état des choses ne fait pas retour à ce qu'il était. Le Oui catégorique ne peut ren…