"je m'étais rendu compte que c'était assez de mots"


Il se peut, comme on aime à le déclarer, que "l'homme passe". Il passe. Il a même toujours déjà passé, dans la mesure où il a toujours été approprié à sa propre disparition. Mais, passant, il crie; il crie dans la rue, dans le désert; il crie mourant; il ne crie pas, il est le murmure du cri. Il n'y a donc pas à renier l'humanisme, à condition de le reconnaître là où il reçoit son mode le moins trompeur : jamais dans les zones de l'autorité, du pouvoir et de la loi, de la culture et de la magnificence héroïque et pas davantage dans le lyrisme de bonne compagnie, mais tel qu'il fut porté jusqu'au spasme du cri : entre autres, par celui qui, refusant de parler de soi comme un homme, évoquait seulement la bête mentale et dont on peut bien cependant se permettre de dire qu'il a été "humaniste par excellence", étant sans humanité et presque sans langage, "car, en effet, je m'étais rendu compte que c'était assez de mots, assez même de rugissements et que ce qu'il fallait, c'étaient des bombes et que je n'en avais pas dans les mains, ni dans les poches." Et le même, par le même mouvement, fut tel qu'il ne vécut jamais que pour affirmer "une haute mesure d'équité sans secret"; ce qui est aussi l'attente sans espoir qui se brise dans le cri "humaniste'.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Les 40 règles de la religion de l'amour

Pétrarque et la bataille de l'"arabisme"

Tout cela est si lent, si lourd, si triste…