Fraternité ou la Mort


"Apparus de manière simultanée, les débats sur la répartition de ces ressources entre les peuples ont été à l"origine de la révolution idéologique de la démocratisation, symbolisée par la Révolution française et sa devine de "liberté, égalité, fraternité". On a alors assisté à la transformation progressive de la relation entre souverain et sujets en un contrat social signé symboliquement entre l'Etat et ses citoyens. Les notions de "liberté" et d'"égalité" ont contribué à réduire les fractures religieuses, ethniques et raciales qui divisaient les sujets. Le nouveau citoyen a acquis des droits et des responsabilités en relation directe avec l'Etat. De fait, les droits des citoyens se sont élargis pour surmonter les clivages ethniques et religieux existants, jusqu'à ce que le concept de "fraternité" montre ses limites : d'une part, il restait réservé aux hommes, de l'autre, la communauté fictive de citoyens qu'il a engendrée a favorisé l'idéologie nationaliste. L'idée de "fraternité" est rapidement devenue vecteur d'exclusion, conduisant à l'intégration de certains groupes sociaux dans cette nouvelle communauté fictive quand d'autres en étaient exclus. On n'éprouvait aucun scrupule à détruire l'existence de ceux dont on refusait l'inclusion, et l'on s'est mis à sacraliser les intérêts de l'Etat aux dépens des êtres humains."

La Résistance aux génocides : De la pluralité des actes de sauvetage, 2, A la recherche des Justes : le cas arménien; Fatma Müge Göçek.

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