La tristesse de la vie de M. de Crécy venait, tout autant que de ne plus avoir de chevaux et une table succulente, de ne voisiner qu'avec des gens qui pouvaient croire que Cambremer et Guermantes étaient tout un. Quand il vit que je savais que Legrandin, lequel se faisait maintenant appeler Legrandin de Méséglise, n'y avait aucune espèce de droit, allumé d'ailleurs par le vin qu'il buvait, il eut une espèce de transport de joie. Sa soeur me disait d'un air entendu : "Mon frère n'est jamais si heureux que quand il peut causer avec vous." Il se sentait en effet exister depuis qu'il avait découvert quelqu'un qui savait la médiocrité des Cambremer et la grandeur des Guermantes, quelqu'un pour qui l'univers social existait. Tel, après l'incendie de toutes les bilbiothèques du globe et l'ascension d'une race entièrement ignorante, un vieux latiniste reprendrait pied et confiance dans la vie en entendant quelqu'un lui cit...
La beauté n'est jamais compatissante (encore heureux !). "Sympatisante", oui, et que ne faisait-il la différence !? Le con.
RépondreSupprimer*HIrek, l'existentialisme est un inhumanisme
Sartre était lui même mélomane, tu sais ;) mais peut-être justement n'aimait-il pas la mièvrerie compassionnelle projetée sur les arts : La Beauté "consolante" ou "rédemptrice", comme "la Viiie qui est forcément belle quand même", euc., bref tout ce toc de la transcendance et du Salut reformatés à l'usage des laïcs.
RépondreSupprimerGreen disait que l'athéisme de Sartre était suspect (insulter Dieu, c'est une manière comme une autre de s'en préoccuper non ?) et j'adhère parfaitement à cette idée. Or donc, j'ai beaucoup de mal avec son rejet en masse de tout ce qui peut dépasser l'homme. Et la musique, qu'il le veuille ou non est sympathisante, Ô combien ! Le con.
RépondreSupprimer*Hirek, le mur (du son)
C'est parce que tu crois, toi, que Dieu est bon. Voire plein de compassion. Or pour moi, un Être absolument parfait est forcément loin de toute compassion, qui signifie partager un affect.
RépondreSupprimerIl y a un côté implacable dans la beauté, ou la perfection. C'est pour ça que l'ironie de Sartre m'amuse là dessus, parce que je ne la trouve pas totalement fausse, même si je ne suis pas aussi catégorique que lui là dessus.
Dieu n'est pas "bon", Dieu n'est pas "compatissant". Dieu est Amour. C'est autre chose, totalement autre chose. S'il était bon il n'aurait pas donné son propre fils pour la rémission de nos pèchés. S'il était compatissant, nous ne serions plus libre.
RépondreSupprimerDieu est Amour. Et c'est la toute sa beauté et tout son mystère.
*Hirek, frère de la Très Sainte Agonie du Christ.
Contre un dogme, on ne discute pas, on s'écrase ou on sort une autre vérité pure et dure et d'airain :)
RépondreSupprimerPour moi le Christ n'est pas Dieu. DOnc ce n'est pas une preuve de la compassion ou de la non-compassion de Dieu.