Sur Pierre d'Alcantara : "Il me raconta que pendant quarante ans, ce me semble, il n'avait jamais dormi plus d'une heure et demie chaque jour. Sa plus dure pénitence au début avait été de vaincre le sommeil, voilà pourquoi il se tenait toujours ou à genoux ou debout. Le peu de sommeil qu'il s'accordait, il le prenait assis, la tête appuyée contre un morceau de bois fixé à la muraille." "Il ne portait qu'un habit de grosse bure, sans autre chose sur la chair, encore cet habit était-il aussi étroit que possible, par-dessus un petit manteau d'étoffe. Il m'a dit que dans les grands froids, il le quittait et ouvrait la porte et la petite fenêtre de sa cellule, puis reprenait son manteau et fermait la porte, c'est ainsi qu'il reposait son corps et le mettait un peu plus à l'abri." Le moins qu'on puisse dire, c'est que tout ça manque un peu de lâcher-prise .... Parce que ne pas dormir par excès de joie, ou parce qu'on...
Quelle signification donnez-vous aux derniers vers du chant XXVII du Purgatoire et en particulier au verbe "mitrio" ?
RépondreSupprimer"Je te couronne et te mitre ?" Bah je ne suis pas experte en symbolique chrétienne, mais l'union de la couronne et de la mitre doit être le signe d'une double prise de possession de soi, temporelle et spirituelle.
RépondreSupprimerQuant à l'abandon paternellement affectueux de son guide, maintenant que son disciple est "souverain de (lui)-même, il le délègue à son "bon plaisir" (ce qui me fait penser à la 6° tapisserie de la Dame à la Licorne et sa devise : à mon seul désir), c'est à dire au Soleil, à sa Joie qui est intuition et sagesse, là où "l'art et industrie" ne peuvent aller plus avant. C'est proche du le saut "illuminatif" des néoplatoniciens d'Orient, la première étape de la Connaissance par l'Amour, via son double angélique, Beatrice. Mais ce n'est pas l'ultime étape. Le moment où Beatrice doit céder la place à Saint Bernard est tout aussi crucial : "Pour accomplir ton seul désir Beatrice m'a mû de mon lieu". Cette fois il n'y a pas séparation, car ce n'est pas la distance qui sépare mais l'impureté, l'opacité qui peut faire écran à la lumière, lesquelles ont disparu : " nul œil mortel, lorsqu'il plonge dans la plus profonde mer, n'est aussi distant que les miens ne l'étaient de Béatrice; mais cela rien ne me faisait, parce que son image, en descendant à moi, ne se mêlait avec aucun milieu."
Enfin ultime étape : la fin du désir et de toute volonté propres, ce que les soufis appellent fan'a : "comme je m'approchais du terme de tous les désirs ainsi que je le devais, l'ardeur du désir se calma en moi." Ce n'est plus son désir et son vouloir qui le guide et le meut, c'est au contraire son désir et son vouloir qui sont mus par "l'Amour qui meut le Soleil et les autres étoiles"