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La Rose de Djam II, chapitre II, Le choix de Pèir


CHAPITRE II : LE CHOIX DE PÈIR


« Notre cause est difficile. Pour la soutenir, il faut des consciences où se lèvent les aurores, des cœurs embrasés de lumière, des âmes saines, de belles natures. »
Entretien du sixième imâm avec Mu’zafal ibn ‘Umar al-Djufî’





Pèir Esmalit avait pu ramper sur les toits et, dans l’aube encore noire, était revenu vers la maison d’hôte. Il y retrouva Süleyman, toujours en oraison. Alors qu’il s’approchait du murîd, le routier sentit une grande fatigue lui plomber les jambes. Il n’était guère enclin à s’expliquer ni à rapporter aucun des messages de Sibylle. Il sentait l’urgence de sortir de ce village, de ces montagnes peuplées de Kurdes et de faqîrs, où un Gascon sensé se sentait pris comme poisson dans une nasse. 
Alors que, doucement, une lumière grise chassait la nuit pour la remplacer par un jour encore plus morne et plus attristant, Pèir Esmalit fit les derniers pas qui le séparaient du jeune Turc et se laissa tomber près de lui, dos au muret, yeux mi-clos, mains ouvertes vers le ciel. Puis, tournant la tête, voyant que le petit soufi le regardait, il défroissa dans sa main le mot de la Normande et le lui tendit.
Mais le Khwârizmî ne prit pas le papier. Il continuait de regarder Pèir avec une expression douce et songeuse.
– Sibylle, insista le Gascon en retendant le message.
– Où est-elle ? 
Pèir eut un geste fatigué en direction de l’est, vers les montagnes. Süleyman mit son sac sur l’épaule, saisit son bâton de marche :
– Je reviens.
Et il se précipita dans la direction indiquée, aussi vite que ses jambes courtes pouvaient le faire voler.
– Ne la rattrape pas ! murmura Esmalit, plus pour lui-même que pour le Turc qui, déjà, ne pouvait plus l’entendre. Pour ce que ça va servir…

Et ainsi Pèir attendit, dos au mur, que se réglât son sort, qui dépendait de ce que Süleyman revînt avant que l’ismaélien ne se réveillât, ou l’inverse. Sa main se ferma sur une épée absente.
« Je suis un chrestian, Sibylle. »
 « La rouille te ronge le cœur, et ce n’est pas beau à voir ! »
Le temps ne lui parut ni très court ni très long. Mais quand Süleyman revint, faisant aussi vite qu’à l’aller, le jour était maintenant aussi clair qu’il se pouvait en ce gris mois de février.
Pèir tendit une fois de plus le message et, cette fois, le murîd prit le papier, le lisant d’abord au recto. Puis il le retourna et, devant les signes étranges que la Normande avait tracés au verso, il eut un petit sourire.
Esmalit s’avisa alors de ce que le Turc tenait à la main, en place de son bâton d’errant : l’arc de Sibylle, dont elle ne s’était jamais séparée, offert par le borgne du Caire, lui avait-elle dit, le jour où, son instruction achevée, il était reparti. Cet arc, si familier qu’il était pour elle sa seconde main droite, son œil, et tout ce qu’une bonne épée est à un homme de guerre…
– Qu’est cela ?
Süleyman suivit l’œil noir du Gascon et balbutia :
– Cadeau… yaman… 
Esmalit se releva d’un coup de rein. 
– La putaralha de ces soufis de bren ! hurla-t-il à s’en arracher la glotte, ne se souciant plus d’éveiller tout le village. Je suis repu de ce pays et de ces gens tous plus fols les uns que les autres ! Sarrasins du diable ! Châtelaine du diable ! S’en aller dans ces chemins à brigands, armée d’un seul bâton de faqîr, est-ce sagesse ?
Süleyman ne comprenait rien à ce qu’il clamait en gascon. Levant les mains, il marmonna des paroles d’apaisement. 
– Et Shudjâ’ qui se dérobe comme roche pourrie sous le pied ! continuait de hurler Pèir en lançant de grands coups de botte contre la porte, était-ce avisé de laisser filer cette chèvre sans cervelle et d’amener le bec jaune avec nous ? Et qu’est-ce qu’il faut faire pour que ce monde remarche droit ? Tu connais la solution, Turco? 
Plus embêté qu’effrayé, Süleyman tendit la main vers la maison d’hôte où, déjà, de l’intérieur, quelques lumières se laissaient voir.
– Et l’autre dépendeur d’andouilles ! Plus faux que le vit de Judas, oui !
Le Khwârizmî, avec une douceur patiente, obstinée, tira le Gascon par la manche.
– Il faut partir.
– Quant au jeune maubec, plus perfide que serpenteau, il mérite que je l’embroche et le rende enfin à sa vraie nature de capon !
Süleyman désespérait d’être entendu, quand il vit avec grand soulagement que Marwân ibn abd al-Qâdir, l’assistant du sheikh, venait vers eux. Il courut vers le soufi, lui expliqua longuement et avec véhémence quelque chose en arabe, désignant Pèir, puis le bâtiment où dormaient encore Mascelin et l’ismaélien. Le Syrien opina, fit de loin un signe au Gascon, et s’en retourna vers son couvent, tandis que le Turc revenait vers Esmalit.
– Tout va bien, annonça-t-il, guilleret. J’ai dit que tu étais fidèle aux Quarante.
– Rien compris, marmonna Pèir, dont les leçons de turc n’allaient pas jusque-là.
Mais après force gestes et mots brefs, Süleyman put au moins faire passer l’essentiel. Et il tira Esmalit par le bras, l’entraînant à la suite du soufi.
– Il va nous donner des chevaux, des armes, des guides, pour partir.
Cette fois, Pèir avait saisi. 
– Et nous partons où ?
Süleyman, le regardant bien droit dans les yeux, dit simplement :
– Mais où tu veux, Yildirim !
« Où je veux ? Elle est bien bonne ! » se dit Pèir, tout en suivant le garçon. 
Mais une pensée ne quittait pas le routier alors que, faisant halte dans les cuisines, il attendait, avec le Khwârizmî, qu’on amenât  leur équipement. Aussi rancunier qu’il pût être envers la Normande, il n’oubliait pas que le sort de celle-ci n’était pas sans danger et, qu’à présent, avec le murîd, il était le seul à pouvoir informer ses auxiliaires :
– Süleyman, le message aux Quarante ?
– Oui, dit le jeune homme.
Juste à ce moment, Marwân entra, tenant un oiseau dans les mains. L’esprit engourdi par sa nuit de veille et de chagrin, Pèir crut un instant que c’était une partie des provisions de bouche qu’on leur destinait, avant de réaliser qu’il s’agissait d’un pigeon de longue route. Süleyman prit le papier écrit par Sibylle et en fit un très mince rouleau, qu’il glissa dans l’étui attaché à la patte de l’oiseau.
Ils ressortirent dans la cour. Avec de douces caresses et de tendres paroles, le soufi fit s’envoler le messager ailé.
Süleyman se tourna alors vers Esmalit et tendit le doigt vers le point, de plus en plus petit, qui s’éloignait dans le ciel :
– Shihâb al-Dîn Yahya.
– Tu sais où il est ?
Süleyman fit un geste d’ignorance.
– Le pigeon va à Amide, dans une maison de yézidis. Ils vont porter le message à Fakhr al-Dîn, qui va l’envoyer à la poste du prince de Kharpert, qui le donnera à Yahya. 
– Ça fait du monde ! grogna le capitan. 
Mais déjà on amenait les chevaux et un Kurde se tenait près d’eux.
– Où allons-nous ? demanda Pèir à nouveau. Voir le chef des Quarante ?
Le murîd fit non en souriant.
– Pas besoin. Yahya le trouvera. Où veux-tu aller ? Retourner en Syrie ?
Pèir s’immobilisa, regardant les soufis avec un étrange étonnement.
- Tu veux dire que, pour moi, la route est finie ? 
Mais il avait parlé en gascon et Süleyman ne comprenait pas. Pèir secoua la tête :
– Khelas yok, dit-il doucement, en son turc de battâl.
Les yeux de Süleyman ne le quittaient pas, indéchiffrables et paisibles. Et il sembla à Pèir que les prunelles sombres, à l’accoutumée si inoffensives, du jeune Turc, se chargeaient de secrets, comme deux lacs profonds et obscurs. Quelques points de lumière passèrent rapidement dans ses prunelles, comme un long vol d’oiseaux blancs. 
Puis le murîd recula timidement, peut-être effarouché par la colère qui consumait toujours le routier, et ce dernier ne vit plus devant lui qu’un garçon courtaud, au visage rond et doux. Ce n’étaient assurément que ses propres questions qu’il avait mises dans les yeux de Süleyman, et il n’avait d’autre énigme à résoudre que sa propre incertitude sur le chemin qu’il devait prendre, lui qui avait tout perdu, route, compagnons, épouse, en Chrétienté comme en pays musulman.
Du regard, il parcourut les montagnes autour du village, le ciel d’Orient vers où s’en était allée Sibylle, puis rabaissa les yeux sur les hommes qui attendaient toujours de savoir où il voulait aller.
Il se pencha, saisit une des épées que tenait le Kurde, et fonçant hors du couvent, traversa le village à fond de train, jusqu’à la maison d’hôte. Il surgit dans la cour alors que l’ismaélien, tout juste levé, se lavait le visage et les mains au puits. C’est à peine s’il eut le temps de voir venir sur lui le Gascon qui l’étourdit du plat de sa lame, avant de se planter à son côté, garde à demi levée :
– Si tu bouges, je te larde la couenne !
Hassan essayait d’y voir clair, gêné par le sang qui lui coulait dans les yeux. Il répondit d’une voix traînante et moqueuse :
– Je vois que les murs de ce village sont aussi fiables que la foi de ses mécréants ! 
– Un mot de ta part ou je t’égorge ! coupa sèchement le Gascon : dis-moi ce que tu as caché à Sibylle sur la disparition du faqîr !
Toujours étendu, l’épée d’Esmalit au-dessus du front, Dilêgur gardait sa sérénité :
– Crois-tu qu’un servant de l’Imâm craigne la mort ? Nous autres, tu nous égorgerais mille fois, que mille et une fois nous nous tairions, si nous ne voulons parler.
Dans les yeux de Pèir, il lut sa fin, car le Franc était résolu à le tuer et la fureur qui incendiait son corps n’était pas petite. Il précisa calmement :
– Toutefois, il n’entre pas dans ma mission de me faire occire ici, d’autant que je dois relater à mon Seigneur tout ce qui s’est passé, et je ne me fie guère aux Quarante pour l’informer.
Il fit un grand sourire à Esmalit.
– Faisons un marché : je te dis ce que je sais des agissements du vieux fou, car cela est sans importance pour moi, et je fais le serment, par les Sept Imâms, de ne plus chercher à te retenir.
Et après une pause :
– Dois-je te conter tout cela sur le dos, comme un mouton retourné ?
– Ce que tu as à dire ne doit pas être si long.
– Je serai rapide, alors. Sache que le Daylâmî, quand il est venu me trouver, alors que vous étiez chez le prêtre, à Hisn Kayfâ, m’a fait part de certaines craintes pour Sibylle. Il s’était produit quelque chose, à l’hôpital, dont il n’a pas voulu parler, mais qui lui avait fait comprendre qu’elle était trop perméable à l’esprit maudit qui anime et soutient les Noirauds. Peut-être en raison de sa nature femelle, peut-être en raison d’autre chose… Mais cela l’inquiétait car il avait l’impression que les Frères de la Droite Voie pouvaient connaître nos faits et gestes à travers son âme.
«  Je crois… que leur maître sait toujours où je suis car il a… comme un œil sur mon âme. Moi, je les sens venir de loin, mais lui, je crois qu’il me voit partout, et finit toujours par envoyer ses hommes où je suis. »
Pèir se souvenait des propos de Sibylle. Il pointa son arme sur la tête de l’ismaélien, alors que celui-ci tentait de s’étirer un peu, dans la position inconfortable qui était sienne.
– Pour le faqîr, il fallait faire diversion. Que l’ennemi soit très occupé à lui arracher ses secrets, pensant qu’il en savait bien plus que Sibylle.
– C’est donc pour cela qu’il s’est laissé prendre, dit lentement Pèir. Pour tromper le Maudit. 
– Ou pour en savoir plus sur lui et les siens, je ne sais. Mais bon, tout cela est folie.
– Penses-tu qu’il soit déjà mort ?
– Son but était de les occuper le plus possible et le plus longtemps qu’il pouvait tenir. Le vieux brigand est solide et mérite bien son surnom. Il se peut donc qu’il vive encore, malgré leurs tourments.
Un frisson partit de la nuque de Pèir et s’en alla mourir dans ses talons. Alors qu’il reculait d’un pas en relevant un peu son épée, il entendit dans son dos un bruit sourd, suivi d’un jappement de chien à qui l’on aurait botté le train. Il se retourna et vit Mascelin à terre, le poignard qu’il tenait en main tombé tout près, et Süleyman, tenant à bout de bras une énorme poêle à frire. Nonobstant ses nouvelles activités martiales, le murîd arborait, comme à l’accoutumée, un air doux et modeste.
– Mais qu’est-ce que tu f… commença à dire Pèir, avant de se retourner d’un quart et de taillader du tranchant de sa lame la cuisse du nizarî, qui avait tenté prestement de se relever. Et toi, restes où tu es, maroufle !
Ce n’était pas une cuisse fendue qui pouvait arracher un cri au grand ismaélien. Il se contenta d’une grimace avant de se rasseoir, pissant le sang sur le sol de la cour.
– Moi qui allais te sauver la vie, si ce marmiton ne m’avait devancé ! déplora-t-il avec un de ses éblouissants sourires.
– Dieu me garde de ta sollicitude, mauvais féal ! Mais puisque tu prends son parti, je te laisse le capon. Emmène-le où tu veux, au diable si ça te chante ! Moi, je lui fais grâce !
Marwân arrivait en courant, suivi de quelques Kurdes armés. Ils cernèrent l’ismaélien, toujours assis et toujours saignant. Pèir prit le jeune Turc par l’épaule et le mena à l’écart, alors que les gens de Lâlish, qui semblaient ne s’étonner de rien, se saisissaient de Dilêgur et le traînaient vers le cellier où, la veille, c’était le Gascon qu’ils avaient enfermé. 
Ainsi va la fortune pour les hommes, un jour souriante comme avenante bachelette et le lendemain vous gratifiant d’un horrible rictus de vieille édentée. 

Pèir, quand il avait quelque chose à dire et le besoin de le dire en bon ordre, aimait faire asseoir son auditoire pour mieux l’étourdir de mots et de gestes, le tenant tout à sa merci. Aussi fit-il s’installer Süleyman sur un banc du vestibule et marcha de long en large devant lui, racontant avec le peu de turc qu’il savait, et beaucoup de mimes et de signes, ce que l’ismaélien avait avoué. 
Quand il eut fini, le Khwârizmî se gratta le nez, réfléchit, et redemanda :
– Où vas-tu maintenant ?
– Tu m’as compris au moins ?
– Oui, j’ai compris, dit tranquillement le murîd. Hassan dit que Shudjâ’ est prisonnier. Et toi, tu vas où, maintenant ?
Le routier mit un certain temps à répondre, avant de maugréer, comme si les mots lui coûtaient :
– Je ne repars pas en Syrie, Turco. Il faut porter secours au faqîr. Car moi aussi, je crois qu’il est toujours vivant. 
Et il ajouta, rageur :

– Puta nègra ! Il ne le mérite guère ! Mais si quelqu’un, en ce monde, doit arracher la barbe de ce vieux fou, c’est moi qui m’en chargerai, non les Noirs ! Et poil par poil, encore !


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