Cantate du Café


En préparant mon café, que je bois maintenant, avec une goutte de crème, cette fois, je pensais à tous ces docteurs ou nutritionnistes imbéciles qui prétendent vous supprimer le café à la moindre occasion. Comment démarrer un matin sans café ? Même au Kurdistan, j'en emporte avec moi, sans cela, c'est comme passer une journée sans s'être douchée, peignée, habillée, la journée n'a pas vraiment démarré. Le bonheur du café des jours heureux qui commencent par des matins heureux, plein de promesses. Le réconfort du café les aubes où il faut se lever trop tôt, les yeux lourds, le corps qui frissonne et se rétracte et ne veut pas aller de l'avant, ce moment où l'on plonge son cœur et son âme dans le café chaud, comme dans le réconfort du sommeil, comme si l'on retournait au chaud dans ses draps. Et toutes ces aubes où après une nuit d'angoisse, d'insomnie, de chagrin où, au matin, il y a ce moment où le café chaud descend dans le corps, et ce n'est pas que le monde devient plus doux, que la peur ou la peine s'en vont, mais il y a là, ce plaisir, cette chaleur, cette vaillance, ce moment où, quoi que l'on voit mourir autour de soi et en soi, on se sent plus vivant que la vie, et si l'Ange de la Mort venait un matin, je lui dirais : “Attends, je finis mon café. Et à cet Ange, le café dirait : "This was not judgement day — only morning. Morning: excellent and fair.” Réconfort et bonheur du café qui n'existe que le matin car je ne supporte pas d'en boire dans la journée ; c'est donc un plaisir unique, un seul moment du jour dont la singularité ne crée pas de frustration comme un plaisir dont on se priverait le reste du temps, puisque je n'aime le café qu'au lever.

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