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Affichage des articles du février, 2013

L'homme qui riait avec les dieux

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Lucien Jerphagnon qui sort un livre, à titre posthume, en plus, tout juste pour écorner mon peu d'économies. Heureusement que Jankélévitch ne s'y met pas, j'en sortirais jamais. 

Mais quand j'entends, dans Les Racines du Ciel, Jacqueline Kelen gnagnater sur 'le monde qui va mal sans Dieu' (sans 'son' Dieu, évidemment, les autres transcendances n'étant que des 'sagesses', paraît-il),  quelle différence avec le sourire de Jerphagnon, jusqu'au bout, jusqu'à la fin et je l'imagine répliquer en haussant un sourcil : 'Mais le monde a TOUJOURS été jouisseur, consumériste, indifférent sauf à son bien-être ! Transportez-vous à Rome au temps de Paul et de Pierre, et vous verriez…' (et je ne crois pas que Paul Veyne contredirait).
On devrait faire l'inverse, dans le cheminement humain : commencer, à 20 ans, par l'amertume, le pessimisme, le cynisme désabusé, la haine de son époque, et plus on avancerait en âge, terminer par…

La sagesse du bonsaï

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Acheté un bonsai ficus assez laid mais qui tendait vers moi ses branches de façon pathétique, un peu comme on se fait avoir dans une animalerie quand, au milieu de chiots et de chatons ravissants, on croise le regard suppliant du laideron. 
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Departures, de Yojiro Takita, joli film, très agréable, vu d'une traite.


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 Enfin, le premier jour de Carême ! Pourquoi j'aime autant ça ? Je ne sais. Je crois que j'aime les changements ; le Carême, c'est comme un voyage, un peu la même ascèse. Et puis me voir fondre, me dire que je serai plus en forme, tout ça… 

En fait, cela trompe aussi mon ennui. Et puis j'aime les règles, les almanach, les emplois du temps, les maqâms, les étapes, les protocoles. 
Pas eu faim de la journée. J'étais même en plein conscience, tranquille, sans attente ou une attente de rien. Comme en voyage. 
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Un soir, je croise, un nombre plus élevé de couples que d'habitude, marchant main dans la main, mais pas comme des flâneurs, du pas de ceux …

Une fois encore, Luther est passé par là

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Contrairement aux messes catholiques, l'annonce du jugement dernier n'infère ici aucun sentiment d'angoisse, voire de terreur –il est d'ailleurs symptomatique que les trompettes, omniprésentes dans le morceau, se taisent au lieu d'annoncer le jugement menaçant, Tuba mirum épargnes sonum, comme dans une messe de Requiem. Le morceau est tout entier voué à la gloire de la résurrection. "L'annonce du jugement est prise dans le même mouvement d'allegro très dansant qui marque tout le chapitre de la résurrection et de l'ascension. On ne perçoit pas le moindre ralentissement qui pourrait traduire une inquiétude humaine. Pourquoi la perspective du jugement viendrait-elle inquiéter des chrétiens dont on vient d'affirmer qu'ils avaient été rachetés par le sang du Christ dans le plus merveilleux des échanges ? Seuls pourraient être anxieux ceux dont la foi est défaillante. Et ils n'ont pas de place dans la solennelle séquence d'affirmation qu…

« La vie est un torrent d’éternelles disgrâces. »

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Ouvrant L’imitation de Jésus-Christ traduite du latin par Corneille je réveille cette phrase : « La vie est un torrent d’éternelles disgrâces. » L’allégresse paradoxale de son ton éclabousse de bonne humeur ma journée à venir.



Un assassin blanc comme neige

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Chaque jour est une lutte avec l’ange des ténèbres, celui qui plaque ses mains glacées sur nos yeux pour nous empêcher de voir notre gloire cachée dans notre misère.