L'"éternel" ou le "constant" ?


Les deux disent la pérennité, les deux s'opposent à l'éphémère, mais ils le font différemment : l'éternel est séparé du temporel, tandis que le constant se manifeste au travers du changement. Le constant est ce qui, au sein de la variation, ne varie pas ; l'éternel est ce qui, en tant qu'être, ne devient pas. Les deux dénotent une permanence, mais différemment disposée : tandis que la permanence de l'éternel s'adosse à l'être et s'offre à la contemplation (theoria), celle du constant se réfère à la marche des oui, comme le disent les Chinois, à leur "fonctionnement" (notion de yong). L'éternel renvoie à une "identité" d'essence ; tandis que le constant est de l'ordre de la "capacité" (notion de de) : c'est lui qui assure au procès des choses, se transformant sans cesse, ce qui fait sa "viabilité". Car, au lieu qu'il évolue de façon aveugle et chaotique, la constance qui est la sienne, telle celle du cours du "Ciel" ou de la "Voie", permet à son cours d'être régulé et, par là, ne déviant jamais, de ne cesser de se renouveler. Bref, tandis que l'éternel est hors du temps, le constant est ce qui ne s'interrompt jamais.

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