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'On n'est pas sérieux quand on a 17 ans' ; écrivant ceci, Rimbaud n'en n'avait pas 16, encore.' Je lis la préface de Verlaine aux poésies de Rimbaud, texte intelligent, posé (son ironie envers Maurras, perfide et mesquin, vrai concierge gnagnatant et tournant autour des draps de lit de ces messieurs); juste critique, aussi : il regrette ce fourre-tout, entre des poèmes à jeter, les essais du gamin, et ceux des Illuminations ou d'Une Saison en enfer. Cela dit, Le Forgeron, qui est effectivement un grossier péplum, digne de Victor Hugo ou Flaubert, me ravissait quand j'avais 8 ans, avec ce très sûr mauvais goût des enfants.


Commencé David Copperfield, dont je n'avais lu, dans l'enfance, qu'une version abrégée en bibliothèque verte qui a coupé beaucoup de passages humoristiques, ce qui fait que j'avais eu en mémoire un livre un peu tristounet, ennuyeux, ce qui ne s'était pas arrangé avec nombre d'adaptations télé bien empesées . En fait, je n'avais jamais vraiment lu Dickens et je le découvre avec bonheur.




Dans Oliver Twist, le lynchage de Fagin, sa condamnation et son attente de la mort font pitié et on ne voit plus que le pauvre homme hébété de mourir. Dickens a ce génie de faire presque aimer tout le monde, même les méchants, en les peignant souvent sous un jour plus pitoyable et comique que maléfique. 'Ils sont bêtes et méchants', a-t-il l'air de dire, 'aussi, pardonnez-leur ou prenez-les en pitié'. 

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Les mêmes qui critiquent la francité d'Eva Joly et son accent de boche font maintenant appel à Angela Merkel dans leur campagne.

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Star Wars IV. Ça devient enfin supportable à regarder, voire pas déplaisant. Il était temps.

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Indice sûr que les grands froids arrivent : ma chaudière rend l'âme une fois de plus.Je crois que je vais épouser un plombier-chauffagiste. En attendant, tellement froid dans ma cuisine que le café à peine passé est déjà tiède.

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L'angoisse, cette arthrose de l'âme.





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