Accéder au contenu principal

'par cette immersion dans la vérité sans rivage'


 Vita S. Hilarii, par saint Venance Fortunat.
Faculté de Médecine, Montpellier,
ms 48, fol. 31 v°, 11ème siècle.

"Tu n'arriveras pas au terme, je le sais, mais le moindre progrès est déjà plein de grâce. Qui poursuit l'infini avec ferveur progresse, même s'il n'arrive pas à ses fins. Mais pour cela, garde-toi de prétendre percer le mystère, par cette immersion dans la vérité sans rivage ; la première condition est de comprendre qu'elle passe toute compréhension."
Très joli passage de saint Hilaire de Poitiers, cité par Thomas d'Aquin dans sa Somme contre les gentils, quand il commente la Trinité de Boèce. Il s'agit ici de la foi ("Dans ta foi, entreprends, progresse, acharne-toi") mais cela peut s'appliquer à toute quête, tout cheminement qui n'a pas de fin et qui n'en veut jamais finir, foi, amour, science, toute initiation intérieure comme extérieure. Faut-il avoir seulement une nature de voyageur pour n'aimer prendre que les chemins qui n'en finissent jamais, vers les pays où l'on n'arrive jamais, jusqu'à découvrir qu'il faut être – ou devenir – son propre point de départ et d'arrivée, atteindre alors un lieu suprêmement mobile et immobile, puisque libre, libéré de tout espace ?

Posts les plus consultés de ce blog

La réponse est le malheur de la question

Prenons ces deux modes d'expression : "Le ciel est bleu", "Le ciel est-il bleu ? Oui." Il ne faut pas être grand clerc pour reconnaître ce qui les sépare. Le "Oui" ne rétablit nullement la simplicité de l'affirmation plane : le bleu du ciel, dans l'interrogation, a fait place au vide ; le bleu ne s'est pourtant pas dissipé, il s'est au contraire élevé dramatiquement jusqu'à sa possibilité, au-delà de son être et se déployant dans l'intensité de ce nouvel espace, plus bleu, assurément, qu'il n'a jamais été, dans un rapport plus intime avec le ciel, en l'instant – l'instant de la question où tout est en instance. Cependant, à peine le Oui prononcé et alors même qu'il confirme, dans son nouvel éclat, le bleu du ciel rapporté au vide, nous nous apercevons de ce qui a été perdu. Un instant tranformé en pure possibilité, l'état des choses ne fait pas retour à ce qu'il était. Le Oui catégorique ne peut ren…

Tout cela est si lent, si lourd, si triste…

Cette agitation comique-troupier sur Céline m'a donnée envie de le relire, non pour protester dans je ne sais quelle posture trouduquesque-je-résiste, mais parce que je me suis souvenue de ces livres et que cela faisait longtemps que je ne les avais pas relus. Je ne me souvenais pas que le début de Mort à Crédit était si beau, dans une tristesse poétique d'épave. Je trouve qu'on ne dit pas assez combien Céline était humain, autant dans ses vacheries que dans ses douceurs. Les hommes, il les trouvait cons, et fascinants de connerie, il en avait pitié aussi. Et la vacherie disparaît pour les "petites âmes", les gosses de pauvres, les vieux qui ne vivent plus que par un souffle, les chats… Il disait n'aimer que les danseuses, sinon. Tous les gens "légers", en somme. Il trouvait les gens lourds et méchants, et souffrants, et alors quand ils souffrent ils sont pire. Lourds, et tristes, et lents, voilà justement comment cela commence :
Nous voici encore …

Les 40 règles de la religion de l'amour

Règle nº 1 : La manière dont tu vois Dieu est le reflet direct de celle dont tu te vois. Si Dieu fait surtout venir de la peur et des reproches à l'esprit, cela signifie qu'il y a trop de peur et de culpabilité en nous. Si nous voyons Dieu plein d'amour et de compassion, c'est ainsi que nous sommes. Règle nº 2 : La voie de la vérité est un travail du cœur, pas de la tête. Faites de votre cœur votre premier guide ! Pas votre esprit. Affrontez, dépassez votre nafs avec votre cœur. Connaître votre ego pour conduira à la connaissance de Dieu. Règle nº 3 : Chaque lecteur comprend le saint Coran à un niveau différent, pour aller à la profondeur de sa compréhension. Il y a quatre niveaux de discernement. Le premier est la signification apparente, et c'est celle dont la majorité des gens se contentent. Ensuite, c'est le batini – le niveau intérieur. Le troisième niveau est l'intérieur de l'intérieur.Le quatrième est si profond qu'on ne peut le mettre en mo…