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Affichage des articles du août, 2011
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'D'aucuns pourront observer que, tout en s'adressant à un public non strictement spécialisé, ces pages semblent trop demander au lecteur, car elles sont constellées d'exemples en au moins six langues. Mais, d'une part, je donne d'abondants exemples, justement pour que celui qui n'est pas familier d'une langue puisse vérifier dans une autre langue – et puis le lecteur pourra sauter les exemples qu'il se réussit pas à déchiffrer. D'autre part, il s'agit là d'un livre sur la traduction et donc on suppose que celui qui l'ouvre sait à quoi s'attendre.'Dire presque la même chose : Un Umberto Eco très spirituel, très fin, et j'agrée entièrement à ses idées sur la traduction-transposition.

'Au cours de mes expériences d'auteur traduit, j'étais sans cesse déchiré entre le besoin que la version soit "fidèle" à ce que j'avais écrit et la découverte excitante de la façon dont mon texte pouvait (et même parf…

tout compte fait, ils le punissaient d'y voir

Je re-relis la Correspondance de Léautaud. Toujours séduite par ce style incroyable, cette tenue et, en même temps, ce naturel. Il écrit comme on fait la conversation. Ce quelque chose de 'très français'. Banal de dire ça, mais c'est vrai. Il y avait un art, un genre de la correspondance – avant le téléphone, on écrivait pour un oui, pour un non –  que les mails font revenir, peut-être.
Je suis d'avis que Léautaud a une des meilleures plumes françaises. Et ses saillies à mourir de rire, si fines, qui font mouche :

""Une revue faite en dehors de tout intérêt", disait-il. Je me suis retenu pour ne pas le complimenter sur cette si juste appréciation." "Vous continuez aussi à n'avoir pas de chance. Cela tourne à la vocation."  "Les actrices se croient généralement obligées, dès qu'elles jouent des personnages antiques ou mythologiques, de prendre des poses plastiques, hiératiques, de psalmodier comme des prêtresses. Elles veulent…
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Je lis Sei Shonegon assidûment. Quel charme dans tout cela, et comme elle a raison de détailler, avec tant de minutie et d'intérêt, les mille petites choses du monde, les détails du décor et non les grandes lignes de sa vie ! Car, après tout, dans un journal, qu'est-ce qui compte ? le tumulte du cœur, les mouvements, l'avancée, la traversée, le recul, la joie, les lamentations, ou bien la couleur qu'avait le ciel à ce moment-là, ou celle d'un mur, ou les petits ceci et cela qui restent en mémoire bien plus que la 'grande' histoire ? Vivre dans l'être, là où je suis ; j'ai toujours été très peu douée pour ça.




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Tarte sablée crème d'amande au mascarpone et gelée de mûre aux airelles, nappage chantilly et macarons.




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"Le plus favorable moment, pour parler de l'été qui vient, c'est quand la neige tombe."
Tirée de L'Opéra du monde, d'Audiberti, cette phrase me fait sourire, car elle fait très Sei Shonagon. Comme un pastiche pla…

'par cette immersion dans la vérité sans rivage'

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"Tu n'arriveras pas au terme, je le sais, mais le moindre progrès est déjà plein de grâce. Qui poursuit l'infini avec ferveur progresse, même s'il n'arrive pas à ses fins. Mais pour cela, garde-toi de prétendre percer le mystère, par cette immersion dans la vérité sans rivage ; la première condition est de comprendre qu'elle passe toute compréhension." Très joli passage de saint Hilaire de Poitiers, cité par Thomas d'Aquin dans sa Somme contre les gentils, quand il commente la Trinité de Boèce. Il s'agit ici de la foi ("Dans ta foi, entreprends, progresse, acharne-toi") mais cela peut s'appliquer à toute quête, tout cheminement qui n'a pas de fin et qui n'en veut jamais finir, foi, amour, science, toute initiation intérieure comme extérieure. Faut-il avoir seulement une nature de voyageur pour n'aimer prendre que les chemins qui n'en finissent jamais, vers les pays où l'on n'arrive jamais, jusqu'à découvri…