Articles

Affichage des articles du juin, 2011
Image
Lu Hans Urs von Balthasar, La Foi du Christ. Des choses un peu plus intéressantes sur la fin, sur l'Évangile selon saint Jean, mais dans l'ensemble… Ce n'est pas ma religion. Ce n'est pas mon christianisme : je tournais souvent les pages en marmonnant qu'est-ce que je n'aime pas cette religion… Il y a, comme chez Davy, quelque chose de sinistre dans cet amour de nuit, dans ce silence de glace.Aussi gênée par cette idolâtrie du "Christ historique" et du coup, fatalement, celle de la 'sainte famille'. Car dire 'Christ est Dieu' est finalement moins idolâtre qu'en faire une perfection indépassable, et béer (bêler) devant sans envisager qu'un seuil se franchit, qu'une hauteur se rejoint.
Je crois aussi que ce qui me gêne de façon insurmontable dans la théologie, c'est l'absence puérile de relativisme, même s'il y a progrès : on est passé du 'ma voie est l'unique voie de salut' à 'il y en a d'aut…

Plebs Media

Image
Dans son introduction à La Société romaine, qui est une étude sur la "classe moyenne" et notamment ses sources de revenus, Paul Veyne prend en exemple son illustre homonyme (voire saint patron) :
Saint Paul, à Tarsem n'était pas un humble tisserand : ce citoyen romain était un industriel.
et il cite, en bas de page, W. A. Meeks, (The First Urban Christians, 1983, Yale) :

"Paul se prévaut, dans sa Première Épître aux Corinthiens, 4, 12, de gagner sa vie de ses propres mains ; c'est révélateur : un pauvre n'aurait pas pensé que travailler de ses mains méritât une remarque spéciale. Paul avait été formé pour être propriétaire ou manager."
De même son entourage :

Dans la lointaine colonie latine de Corinthe, saint Paul vit dans un entourage tantôt populaire, tantôt plus bourgeois ; une moitié environ des personnages que ses épîtres nous font connaître appartiennent à la classe moyenne : ils possèdent une maison, ils voyagent,  ils occupent un office à la syna…
Image
Rêvassant à je ne sais quoi, l'idée me frappe subitement que les Tétraques sont les sosies de la reine rouge dans Alice, dessinées par Tenniel (mais la couronne de la reine rouge est plus sophistiquée.


Du coup je cherche d'autres alliances dans ce jeu des airs de famille : les hippopotames bleus égyptiens (Moyen-Empire) qui sont cousins des gibis roses ou jaunes, le chapeau en moins.
Mais le pompon, c'est la terrfiante jupe de Thérèse dans Auto-da-fé (Elias Canetti) : c'est incontestablement celle de la reine Napir-Asu, femme d'Untash Napirisha.
*

Chaque jour est un trésor… ne le comparez pas avec la perle brillante du dragon. Une perle de dragon, ça se trouve. Mais cette journée, même en cent ans, ne peut être reprise une fois qu'elle est perdue. Maître Dogen, bonze zen (1200-1253)
Ce n'est pas tellement pour ce que ça dit que j'aime ce conseil. Je n'ai jamais été sensible au caractère irréversible des jours, la semelfactivité, l'irréversible …
Re-regardé In the Heat of the Night. C'est surtout que j'en pince pour Sidney Poitiers, la classe intégrale, l'expression beau comme un dieu lui va bien. Par contre, pas supporté 20 mn de Kundun, terriblement soporifique d'emblée. Bizarre que ce genre de film me lasse alors que j'aime, par exemple, la trilogie des Qatsi, que je viens de découvrir. Je crois que pour moi, le cinéma doit être un loisir contemplatif qui ne me saoule pas avec une histoire qui ne va jamais assez vite par rapport à la lecture. Ou alors l'histoire doit raconter sous un autre angle, de façon ludique, celle d'un livre que je connais par cœur : Le Temps retrouvé, le Seigneur des anneaux, La Mort à Venise, je ne sais…
*
Commandé des Birkenstock : toujours eu un faible pour les sandales de moine, ou de montagnard.

*
Les bibliothécaires reçoivent toujours des choses curieuses. Là, une carte postale représentant une miniature du musée Guimet, postée de Detroit par un spécialiste des Roms …

La rumeur du silence

L'"heureux silence de l'extase" opposé au silence des monastères, au silence de règle, silence vertueux du recueillement, qui n'est peut-être qu'"insonorisation" et non vrai silence, … car "c'est en plein tintamarre qu'il faut prêter l'oreille au chuchotement imperceptible de Dieu".
En plus d'avoir perdu sa qualité de 'foi des pauvres gens et des opprimés', avec sa prise de pouvoir romaine, l'église de Rome perd alors son silence, en sortant de la clandestinité… et aussi, qui sait, peut-être ce même silence du Christ devant Pilate, "qu'est-ce que la vérité ?", devant  Hérode et devant ses juges, "ce que j'ai dit je l'ai dit". Le silence tout simple, pas le silence sacré comme "dans la chambre du mort". Il y a le silence de celui qui se tait parce qu'on le fait taire ; il y a celui du "renoncement", l'effort d'humilité et d'abaissement de la voi…

Des adhésifs dans le monde moderne

Image
Des Adhésifs dans le monde moderne, Marina Lewycka

Dans ce roman-comédie, auquel la multiplication des personnages et des intrigues parallèles – mais, au fond, quelle est l’intrigue principale ? – donne un air de soap-opera, il y a quelques personnages ou fils conducteurs, souvent olfactifs : le premier est, sans aucun doute, Wonder Boy, un « malabar avec une tête affreuse et trois pattes noires », puant, violent, et obsédé sexuel, qui pisse à peu près partout et d’abord sur les pieds de la narratrice, ce qui ouvre l’intrigue ; il y a aussi, d’une puissance olfactive encore plus efficace, Canaan House, la maison de Mrs Shapiro, « quelque part entre le quartier de Stoke Newington et celui de Highbury », qui, en plus de loger son habitante humaine, sert d’asile de nuit comme de jour à Wonderboy sus-mentionnée, aux victimes félines de ses pulsions sexuelles et aussi quelques autres mâles congénères de même espèce, sept en tout ; comme Mrs Shapiro, en plus de collectionner les chats, rama…
Vu Entre les murs, très bonne surprise, ce film dont j'avais lu tant de mal (démagogie djeun's, saccage de notre belle langue, larmes sur l'école républicaine, gna gna gna). En fait, drôle et attachant.

*
Terminé de lire M-M. Davy sur l'homme intérieur, la connaissance de soi. En fait, une compilation de toutes les écoles et spiritualités qui ont traité de ça, rien de neuf. Parfois un ton très didactique, l'homme de lumière doit faire, l'être ailé est ainsi et n'est pas ainsi… très coaching spirituel, "toutes les recettes pour devenir un éveillé", un peu comique. Mais, souvent, ce désert-là donne l'impression d'être aussi une nuit froide, glacée, quelque chose qui, finalement, ne donne pas envie.
*
L'Être et l'essence de Gilson, ça, pas de surprise, bonne lecture, comme Jambet, pas de surprise non plus, mais je connais tout cela. D'où l'envie d'explorer ailleurs. Mais il est vrai que j'aime autant l'ontologie qu…