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Affichage des articles du novembre, 2010

"Un homme peut-il voler Dieu ?"

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Ce que j'aime dans l'Ancien testament ce sont ses dialogues saisissants, directs, avec Yhwh. Après le Nouveau Testament, ce n'est plus pareil. Le Christ s'interpose toujours entre l'homme et Yhwh. S'il y a controverse, c'est avec lui, le dieu incarné dans une figure humaine, et c'est lui l'intercesseur et le juge à la fois et ce n'est donc plus la même chose. Il n'y a plus, dans le christianisme, ce vertige de la parole directe entre notre humanité et l'inimaginable, comme cela peut être encore en islam, par exemple avec Niffari
Mais avant cela, avant la "nouvelle Alliance", depuis la Genèse, depuis Adam, Yhwh parle, discute, argumente, gronde, colère, avec Abraham, Job, Jonas, etc. La passe d'armes verbales que je préfère, je crois, c'est celle résumée dans Malachie : "Tu es trop dur, rien ne va comme il faut"et "Revenez-moi et je vous pardonnerai"; mais ici, Yhwh ne menace guère, pas comme dans 

Le choix de Hanno ou le derviche de la vie

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C'est ainsi que les choses se passent dans la fièvre typhoïde. Jusque dans les lointains rêves de la fièvre, dans l'égarement brûlant du malade, la vie jette son appel d'une voix réconfortante que l'on reconnaît infailliblement. Cette voix rude et fraîche atteint l'esprit sur le chemin étrange et torride où il avance et qui mène à l'ombre, à la fraîcheur, à la paix. L'homme, s'il prête l'oreille, entendra cette voix claire, gaie, un peu railleuse, qui l'exhorte à revenir sur ses pas, qui vient à lui de cette région qu'il a laissée, si loin derrière lui et déjà oubliée. Si un émoi s'éveille en lui, comme un sentiment d'avoir lâchement failli à son devoir, un sentiment de honte, un renouveau d'énergie, de courage et de joie, d'amour et d'attachement envers cette agitation décevante, bigarrée et brutale qu'il a laissée derrière lui, alors, si loin qu'il se sera aventuré sur le sentier étrange et brûlant, il fera demi…

Le Décalogue, c'est pour les trouillards

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Réécouté une des émissions d'Enthoven sur Vladimir Jankélévitch, celle appelée "Un amour de morale", mais qui pourrait tout aussi bien s'intituler "Amour et morale" ou "Morale d'amour". Tout au début, quelqu'un dit que la morale de Jankélévith était tout, sauf un Décalogue, et j'approuve et je me fais cette réflexion que le Décalogue, c'est bon pour les trouillards, ceux qui se soucient plus de faire un parcours "sans faute" pour leur salut personnel, que du bonheur ou de la sauvegarde de l'Autre (ce dernier terme au sens jankélévitchien mais aussi l'Autre de Levinas). 
La véritable morale, la morale intérieure et son inconfort, la loi du cœur, c'est peut-être l'anti-Décalogue. Rien n'est sûr, rien n'est fixe. À chaque croisée de la route, revoici le tiraillement et le doute, sentir qu'il n'y a peut-être jamais de "bon choix", mais hélas toujours la moins mauvaise des solutions p…