Saint-Tropez

Paul Signac, v, 1901
Musée national d'Art occidental, Tokyo
On y sent la pêche et le goudron qui flambe, la saumure et la coque des barques. On y voit, sur les pavés des rues, briller comme des perles des écailles de sardines, et le long des murs du port le peuple boiteux et paralysé des vieux marins qui se chauffe au soleil sur les bancs de pierre. Ils parlent de temps en temps des navigations passées et de ceux qu'ils ont connus jadis, des grands-pères de ces gamins qui courent là-bas. Leurs visages et leurs mains sont ridés, tannés, brunis, séchés par les vents, les fatigues, les embruns, les chaleurs de l'équateur et les glaces des mers du Nord, car ils ont vu, en rôdant par les océans, les dessus et les dessous du monde, et l'envers de toutes les terres et de toutes les latitudes.
Sur l'eau, Guy de Maupassant : Saint-Tropez, 12 avril.

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