Accéder au contenu principal

Hebdomada I Quadragesimæ


Même pas l'impression de maigrir avec ce Carême, scandale. Il est vrai que soupe + féculents, dans un premier temps, ça doit gonfler. Je prends plus de sucre que d'habitude aussi, avec ce miel. Enfin...

Ce matin, enfin non, tout à l'heure, donc à 11h 20, je voulais allumer une veilleuse pour Mademoiselle-Frog-Sait-Qui. À la cathédrale, une pancarte m'indique que les cierges dorénavant sont vendus à l'accueil. Avec les cartes postales et les souvenirs ? Crétins. Un cierge, c'est dans le silence, l'anonymat furtif que ça se prend, imbéciles, pas sous le nez de la dame-pipi des cathédrales.

Enfin, maugréant et retournant au Christ, ce murshid des murshids, son regard sur moi, ferme, calme, tranquille. Je vois que tout va bien, que tout est prévu, que j'ai assis en moi ce calme intérieur que je dois cultiver. Sans m'occuper des grenouilles de bénitier. Toujours ce sentiment que tout est prévu. Moi je dis oui/non, oui/non.J'ai une vie assez binaire, en somme.

Ce que je veux ? Encore plus de confiance, de fiance, et donc de foi. Le lâcher-prise.

Non, pas plus de foi. Assez de confiance ou d'estime de moi pour reconnaître que cette foi, je l'ai déjà. Ma foi est comme une veilleuse rouge, celle qui est allumée dans mon cœur et ne s'éteindra jamais.

*

À l'institut, on trouve de tout, du musulman, de l'alévi, du chrétien, du juif, de l'athée, de l'agnostique, du pieux. Mais il y a en fait les culs-bénis, ceux qui jeûnent tour à tour dans le calendrier et doivent s'excuser à un moment ou un autre de refuser les offres de nourriture dans la journée, et ceux que ça fait sourire ou qui lèvent les yeux au ciel.

Commentaires

  1. Ah oui, Jésus, Murshid des murshids, j'aime beaucoup ça. "Seigneur Jésus, ayez pitié de nous"

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Les 40 règles de la religion de l'amour

Règle nº 1 : La manière dont tu vois Dieu est le reflet direct de celle dont tu te vois. Si Dieu fait surtout venir de la peur et des reproches à l'esprit, cela signifie qu'il y a trop de peur et de culpabilité en nous. Si nous voyons Dieu plein d'amour et de compassion, c'est ainsi que nous sommes. Règle nº 2 : La voie de la vérité est un travail du cœur, pas de la tête. Faites de votre cœur votre premier guide ! Pas votre esprit. Affrontez, dépassez votre nafs avec votre cœur. Connaître votre ego pour conduira à la connaissance de Dieu. Règle nº 3 : Chaque lecteur comprend le saint Coran à un niveau différent, pour aller à la profondeur de sa compréhension. Il y a quatre niveaux de discernement. Le premier est la signification apparente, et c'est celle dont la majorité des gens se contentent. Ensuite, c'est le batini – le niveau intérieur. Le troisième niveau est l'intérieur de l'intérieur.Le quatrième est si profond qu'on ne peut le mettre en mo…

Pétrarque et la bataille de l'"arabisme"

Andrea del Castagno, v. 1450, Galerie des Offices, Florence. La chrétienté médiévale s'approprie les apports de l'Islam à la façon d'un pillage de la pensée, d'un butin intellectuel pris à l'ennemi. Jacques Le Goff cite à ce propos le clerc anglais Daniel de Morley, venu au XIIº siècle à Tolède pour y apprendre l'arabe en empruntant un argument au saint Augustin de la De doctrina christiana, lequel justifiait le pillage des sciences païennes au service de l'Église à la manière dont les Hébreux de l'Exode emportèrent des trésors d'Égypte pour en orner leur Arche d'Alliance : "Nous aussi qui avons été libérés mystiquement de l'Égypte, le Seigneur nous a ordonnés de dépouiller les Égyptiens de leur trésor pour en enrichir les Hébreux. Dépouillons-nous donc conformément au commandement du Seigneur et avec son aide les philosophes païens de leur sagesse et de leur éloquence, dépouillons ces infidèles de façon à nous enrichir de leur dépouill…

Tout cela est si lent, si lourd, si triste…

Cette agitation comique-troupier sur Céline m'a donnée envie de le relire, non pour protester dans je ne sais quelle posture trouduquesque-je-résiste, mais parce que je me suis souvenue de ces livres et que cela faisait longtemps que je ne les avais pas relus. Je ne me souvenais pas que le début de Mort à Crédit était si beau, dans une tristesse poétique d'épave. Je trouve qu'on ne dit pas assez combien Céline était humain, autant dans ses vacheries que dans ses douceurs. Les hommes, il les trouvait cons, et fascinants de connerie, il en avait pitié aussi. Et la vacherie disparaît pour les "petites âmes", les gosses de pauvres, les vieux qui ne vivent plus que par un souffle, les chats… Il disait n'aimer que les danseuses, sinon. Tous les gens "légers", en somme. Il trouvait les gens lourds et méchants, et souffrants, et alors quand ils souffrent ils sont pire. Lourds, et tristes, et lents, voilà justement comment cela commence :
Nous voici encore …