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Affichage des articles du décembre, 2009

Night's Watch

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Night gathers, and now my watch begins. It shall not end until my death. I shall take no wife, hold no lands, father no children. I shall wear no crowns and win no glory. I shall live and die at my post. I am the sword in the darkness. I am the watcher on the walls. I am the fire that burns against the cold, the light that brings the dawn, the horn that wakes the sleepers, the shield that guards the realms of men. I pledge my life and honor to the Night's Watch, for this night and all the nights to come.
George R. R. Martin, A Song of Ice and Fire.




L'an dernier, j'avais lu à la même date un résumé de documentaire sur la possible fin de l'univers : soit les trous noirs, la matière noire gagne et l'univers s'effondre, soit l'univers les surmonte et entre alors dans une expansion infinie... Voilà qui rappelle fort la lutte des Quarante, voilà à quoi sert le Pôle du Monde, et tous nos actes de Djavanmardî ; voilà pourquoi Sohrawardî dit que le mal c'est la té…

Le prochain qui n'est que prochain

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Théodule-Augustin Ribot, av. 1870, Musée des Beaux-Arts de Pau
Ce que j'appelle la non-différence du Dire est, dans sa double négation, la différence derrière laquelle rien de commun ne se lève en guise d'entité. Et, ainsi, et rapport et rupture et, ainsi, éveil : éveil de Moi par autrui, de Moi par l'étranger, de Moi par l'apatride, c'est-à-dire par le prochain qui n'est que prochain. Éveil qui n'est ni réflexion sur soi, ni universalisation ; éveil qui signifie une responsabilité pour autrui à nourrir et à vêtir, ma substitution à autrui, mon expiation pour la souffrance et, sans doute, pour la faute d'autrui. Expiation, à moi impartie sans dérobade possible et à laquelle s'exalte, irremplaçable, mon unicité de moi.

Mais dans cette rupture, et cet éveil, et cette expiation, et cette exaltation, se déroule la divine comédie d'une transcendance par-delà les positions ontologiques.

Emmanuel Levinas, Entre nous, Essais sur le penser-à-l'autre …

Un Dieu Homme ?

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Van Dyck, v. 1622, San Zaccaria, Venise

Le problème de l'Homme-Dieu comporte, d'une part, l'idée d'une humiliation que s'inflige l'Être suprême, d'une descente du Créateur au niveau de la Créature, c'est-à-dire d'une absorption dans la Passivité la plus passive de l'activité la plus active.

Le problème comporte, d'autre part, et comme se produisant de par cette passivité poussée dans la Passion à sa dernière limite, l'idée d'expiation pour les autres, c'est-à-dire d'une substitution : l'identique par excellence, ce qui est non interchangeable, ce qui est l'unique par excellence, serait la substitution elle-même.

(…)

Je pense que l'humilité de Dieu, jusqu'à un certain point, permet de penser la relation avec la transcendance en d'autres termes que ceux de la naïveté ou du panthéisme ; et que l'idée de substitution – selon une certaine modalité – est indispensable à la compréhension de la subjectivité.

(…

Jon Snow

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Tiré pour cette année à venir un des hexagrammes les plus déprimants du Yi King, le 62, Petit Excès, et sans mutation en plus, comme ça je sais que je vais barboter dans le Petit toute l'année, génial, merci. En même temps, relecture de A Song of Ice and Fire, cette fois en lisant tous les chapitres d'un personnage jusqu'au bout (en attendant A Dance of Dragons) et en revenant ensuite pour un autre, À cause de cette année 62, je commence par Jon, histoire de m'encourager. À la première lecture, je pensais d'abord être plus proche d'Arya ; je me rends compte maintenant que c'est peut-être Jon qui me ressemble le plus, le bâtard dévoué de la Garde de Nuit, le Loup blanc fidèle et intègre jusqu'à l'absurde, pour rien au fond, parce que. Comme ça. La Garde de Nuit.

Le Moi et la totalité

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photo Jahangir Ramzi Dans le courage, en acceptant la mort, la volonté trouve son indépendance totale. Celui qui a accepté la mort se refuse jusqu'au bout à une volonté étrangère. Sauf si autrui veut cette mort même. L'acceptation de la mort ne permet donc pas de résister à coup sûr à la volonté meurtrière d'autrui. Le désaccord absolu avec une volonté étrangère n'exclut pas l'accomplissement de ses desseins. Le refus de l'autre, le vouloir décidé à la mort interrompant toute relation avec l'extérieur, ne peut empêcher que son œuvre ne s'inscrive dans cette comptabilité étrangère que la volonté défie et reconnaît par son suprême courage. La volonté, même dans le cas extrême où elle se résout à la mort, s'inscrit aussi dans les desseins d'une volonté étrangère. La volonté, par son résultat, se trouve à la merci d'une volonté étrangère.

Emmanuel Levinas, Entre nous, Essais sur le penser-à-l'autre : Le Moi et la totalité.

"Marie retenait soigneusement toutes ces choses et elle les méditait."

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Fra Angelico, 1440-41. couvent Saint-Marc, Florence

Dans l'Évangile selon saint Luc, l'Ange annonce à Marie que son fils va naître d'un souffle saint, qu'il reprendra le trône de David, et ce pour un règne sans fin, etc. Elle conçoit effectivement de façon peu ordinaire, donc il y a tout lieu de croire l'Ange. Puis, il y a les paroles d'Elizabeth, la venue des bergers à la naissance, etc., et Luc dit bien que "Marie retenait soigneusement toutes ces choses et elle les méditait." (19).

Et bien après tout cela, en plus de ce qui s'est produit auparavant pour Jean-Baptiste, on peut quand même s'attendre à ce que les parents soient un peu blasés quand, lors de la présentation au Temple, Siméon se met simplement à prophétiser ce qu'on leur répète depuis plus d'un an : qu'il s'agit de l'oint du Seigneur, le Christ. Eh bien non, malgré tout, "son père et sa mère étaient étonnés de ce qu'on disait de lui." Lc, 32.

S'…

Fils de Personne

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Et puis voici un incident qui le juge : il a interdit à son fils d'acheter des billets de loterie. Pourquoi ? Parce que c'est idiot, parce que c'est immoral. Bien. Seulement, il a ajouté : "Si quelqu'un lui faisait cadeau d'un billet de loterie, il le donnerait à un pauvre, plutôt que le garder : ça lui salirait les mains." Ainsi, cet avocat opulent ne veut pas se salir les mains, mais ce qui est dégradant pour lui paraît fort bien convenir à un pauvre. Il pourrait déchirer son billet ou le donner à un homme de sa caste, mais pas du tout. C'est à un pauvre qu'il le destine, comme à un être de qualité inférieure pour qui ce qui vaut ne vaut plus. Le "à un pauvre" est le son fêlé que rend le mauvais métal.

(…)

Il resterait à savoir si cette morale de la qualité dont on nous parle peut s'exprimer et si on ne la trahit pas dès qu'on nous en parle. Le principal vice de l'avocat, c'est qu'il transforme en morale et en pri…

Joie : crainte et espoir d'un Minuit éternel

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NASA

À la "patrie de la joie" claudélienne, Blanchot nuance en rappelant ce drame de la joie, déchirante et angoissante autant que le malheur, comme un soleil noir pourtant espéré qui rappelle tellement le soleil de Minuit des soufis en veille...


Ni l'effroi, ni l'angoisse, ni le désespoir, ni la conscience du péché, ni le vertige du mal n'ont trouvé d'expressions vraiment nouvelles dans l'œuvre claudélienne. Charles Du Bos l'a désignée comme la patrie de la joie. "La joie est le premier et le dernier mot de tout Claudel." Et en effet elle est avait tout un hymne ; elle est apparentée au soleil dont elle célèbre la profusion prophétique, elle est louange, moins par ce qu'elle exprime que par ce qu'elle est, moins à cause des chants qu'elle profère et des arguments qu'elle ordonne que par sa puissance jaillissante d'affirmation, la prodigieuse et inépuisable vie qu'elle répand dans un élan glorieux qui est sa découvert…

Un océan de jours

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"What sort of things do you remember best ?" Alice ventured to ask.
"Oh, things that happened the week after next," the Queen replied in a careless tone. "For instance, now," she went on, sticking a large piece of plaster on her finger as she spoke, "there's the King's Messenger. He's in prison now, being punished : and the trial doesn't even begin till next Wednesday; and of course the crime comes last of all."
"Suppose he never commits the crime ?" said Alice.
"That would be all the better, wouldn't it ?"

Se souvenir que le Temps n'existe pas. Ou plutôt se souvenir de l'inexistence d'un temps linéaire, partant d'un point A vers un point B, d'un départ à une arrivée, le passé tombant dans l'inexistence, le futur y étant encore et le présent seul réel. Or, si ce temps n'existe pas (comme l'affirment par ailleurs les Anges de Gitta Mallasz, comme l'ont vu les mystiques qui on…

"Il l'a fait tant de fois"

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Lanza del Vasto rapporte dans un entretien avec un disciple, d'ailleurs peu fidèle, de Sânkara, le maître du Vedanta ; ce dernier, après avoir fait une profession de foi chrétienne très pure : "Je confesse que Jésus-Christ est le Fils de Dieu vivant, vrai homme et vrai dieu… etc", ajouta avec une sorte de colère, comme si quelqu'un l'eût contredit : "Et pourquoi, je vous prie, le Tout-Puissant ne pourrait-il s'incarner ?" "J'attendais, la bouche ouverte, la suite de ce discours, dit Lanza del Vasto, et la suite vint "Il l'a fait tant de fois".

Les étoiles et moi

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Alors le noir complet ayant été fait, au son d'une très belle berceuse de Manuel de Falla, lentement (même si tout se déroula plus vite que dans la réalité, un un quart d'heure), se mit à tourner au dessus de ma tête le ciel de la nuit du 5 au 6 janvier 1932 sur la ville d'Alessandria. Je vivais, avec une évidence quasi hyperréaliste, ma première nuit de vie.

Je la vivais pour la première fois, car cette première nuit je ne l'ai pas vue, pas plus que ma mère sans doute, épuisée par l'accouchement. Mais mon père l'a peut-être regardée, debout en silence sur le balcon, un peu agité et sans sommeil à cause de l'admirable événement (du moins pour lui) dont il avait été le témoin et la lointaine cause concomitante.

Il s'agit d'un artifice mécanique réalisable ailleurs, et d'autres ont probablement vécu cette même expérience, mais vous me pardonnerez si, pendant ces quinze minutes-là, j'ai eu l'impression d'être le seul homme sur la surfa…

Entrer dans le bois

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Alfred Kazin raconte qu'un jour Einstein, à qui Thomas Mann avait prêté un roman de Kafka, le lui avait rendu en disant : "Je n'ai pas réussi à le lire : le cerveau humain n'est pas complexe à ce point !"

Umberto Eco, Six promenades dans les bois du roman et d'ailleurs.

Le Sable et l'écume

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La première pensée de Dieu fut un ange.
Le premier mot de Dieu fut un homme.

Je connus une seconde naissance, quand mon âme et mon corps s'aimèrent et s'épousèrent.

Les esprits qui demeurent dans l'éther n'envient-ils pas à l'homme sa douleur ?

En chemin vers la Cité sainte je rencontrai un autre pèlerin et je lui demandai : "Est-ce vraiment la route qui mène à la Cité sainte ?"
Il me répondit : "Suis-moi, et tu gagneras la Cité sainte au bout d'un jour et une nuit."
Et je le suivis. Et nous marchâmes plusieurs jours et plusieurs nuits, sans jamais atteindre la Cité sainte.
Et, à ma grande surprise, il s'emporta contre moi parce que je m'étais laissé induire en erreur.

Quand ma coupe est vide, je me résigne à ce qu'elle le soit ; mais quand elle est à moitié pleine, j'en suis contrariée.

Si autrui rit de vous, vous pouvez avoir pitié de lui ; mais si vous riez de lui, vous ne pourrez jamais vous le pardonner.
Si autrui vous …

Hossein Alizadeh, Birds



Les plaintes de l'ombre

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Matthew Boden

"Tu lui diras, s'il a trouvé, qu'il peut chercher encore plus loin. Et s'il n'a rien trouvé du tout, tu lui diras qu'il peut chercher encore. Mais seul."
Marius Grout, Passage de l'homme.

"L'humanité attend le divin. Il revient. Il ne revient pas.Et c'est leur drame. Et c'est leur jeu."
Jacques Audiberti, Retour du divin.

in Maurice Blanchot, Chroniques littéraires du Journal des Débats, avril 1941-août 1944.

La mystique d'Angelus Silesius

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L'exigence que Silesius a en commun avec Eckhart et d'autres mystiques, comme saint Jean de La Croix, c'est que l'homme doit chercher Dieu par le non-savoir ; et l'exigence qu'il a en propre principalement avec Eckhart, c'est que cette recherche a des conséquences théologiques, qu'elle met en cause la notion même de Dieu par une dialectique dont le paradoxe est le principe. La connaissance suprême suppose un arrachement progressif à la connaissance. Ce que nous savons crée en nous un désir d'appropriation, se transforme en un objet qui a les limites de notre savoir et nous cache l'ignorance illimitée que nous sentons au-dessous et au-dessous de nous comme un double abîme ouvert. D'une certaine manière, il faut que nous allions de l'ignorance finie qui est à notre mesure et que dissipe le progrès du savoir à une ignorance infinie qui dépasse notre condition et qui est lié au sentiment d'un vide que rien ne peut combler. Que signifie …

Le drame de la joie est aussi difficile à supporter que celui du malheur

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Ferdinand Bol, 1642, Gemäldegalerie, Dresde.
Être maudit, être béni, c'est apprendre avec une égale force l'étrangeté, le caractère incompréhensible du destin et recevoir en noir et blanc une lumière du vrai soleil. Entre ces deux situations il y a d'ailleurs une grande parenté. Toutes deux s'accompagnent d'angoisse, angoisse déchirante et tragique lorsque l'inconnu se révèle sous la forme d'un abîme, angoisse douce, bouleversante, quand l'inconcevable nous ravit et nous enlève à nous-mêmes. Le drame de la joie est aussi difficile à supporter que celui du malheur. Car l'un et l'autre nous mettent en contact avec une réalité originale, absurde, incompatible avec nos conditions de vie, toute-puissante, toute surprenante, qui n'a en elle-même aucun principe de fin, point d'issue, point de limite.

Maurice Blanchot, Chroniques littéraires du Journal des Débats, avril 1941-août 1944.

In Nativitatem Domini Canticum

Je touche presque au moment où je dois commencer et finir

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Lubin Baugin, 1630, Galerie Spada, Rome. J'avais conçu le dessein, écrit Montesquieu en tête d'un complément de L'Esprit des lois qu'il projetait, de donner plus d'étendue et plus de profondeur à quelques endroits de cet ouvrage ; j'en suis devenu incapable. Mes lectures ont affaibli mes yeux, et il semble que ce qui me reste encore de lumière n'est que l'aurore du jour où ils se fermeront pour jamais. Je touche presque au moment où je dois commencer et finir, au moment qui dévoile et dérobe tout, au moment où je perdrai jusqu'à mes faiblesses mêmes. Pourquoi m'occuperais-je encore de quelques écrits frivoles ? Je cherche l'immortalité, et elle est dans moi-même.

in Maurice Blanchot, Chroniques littéraires du Journal des Débats, avril 1941-août 1944.

On s'en fout

Johnny parle.

Ustad Imrat Khan

Le Milieu divin

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Simone Weil agaçait Blanchot, ce qui est signe de qualité, alors que Teilhard de Chardin l'apitoyait en somme, avec condescendance : "Oui, c'est méritant tout ce qu'il essaie de croire, mais le pauvre homme..." Or je suis, jusque-là et sans le faire exprès, toujours de l'avis du Cheikh Momo : Weil est intéressante et agaçante, et l'autre : bof, mais on ne peut lui en vouloir, il fait ce qu'il peut. Je ne dis pas qu'il n'a pas, ça et là, quelques bonnes idées mais il reste souvent en deçà, ça ne décolle pas du prêche médiocre, avec des tas d'idées assez bateaux finalement, sur l'homme et le cosmos, la mort, l'épreuve, etc. ; quand on n'y trouve rien à redire, on tourne les pages assez vite avec un bâillement. Je ne sais si ses idées étaient chamboulantes pour le catholicisme de son époque, mais bon sang, on a été bien plus loin et bien plus audacieux, dans des tas d'autres spiritualités, qu'il semble ignorer, bien sûr, …

Pétrarque et la bataille de l'"arabisme"

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Andrea del Castagno, v. 1450, Galerie des Offices, Florence. La chrétienté médiévale s'approprie les apports de l'Islam à la façon d'un pillage de la pensée, d'un butin intellectuel pris à l'ennemi. Jacques Le Goff cite à ce propos le clerc anglais Daniel de Morley, venu au XIIº siècle à Tolède pour y apprendre l'arabe en empruntant un argument au saint Augustin de la De doctrina christiana, lequel justifiait le pillage des sciences païennes au service de l'Église à la manière dont les Hébreux de l'Exode emportèrent des trésors d'Égypte pour en orner leur Arche d'Alliance : "Nous aussi qui avons été libérés mystiquement de l'Égypte, le Seigneur nous a ordonnés de dépouiller les Égyptiens de leur trésor pour en enrichir les Hébreux. Dépouillons-nous donc conformément au commandement du Seigneur et avec son aide les philosophes païens de leur sagesse et de leur éloquence, dépouillons ces infidèles de façon à nous enrichir de leur dépouill…

Avicenne et Averroès, piliers (ou minarets) du dogme catholique

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Giorgione, 1504-1506, Kunsthistoriches Museum, Vienne.

En 1879, le pape Léon XIII a déclaré doctrine officielle de l'Église catholique l'œuvre de Thomas d'Aquin. On en sent encore les effets dans l'inlassable propaganda que Benito XVI nous fait sur le couplage indispensable de la foi et de la raison... S'il avait un peu plus travaillé Plotin qu'Aristote, c'est-à-dire un peu plus incliné vers Avicenne encore, le catholicisme aurait peut-être eu des théologiens plus audacieusement mystiques et des mystiques intellectuellement plus spéculatifs et plus audacieux, et des Anges plus présents.

En tout cas, ce qui est amusant à se dire aujourd'hui, c'est que si l'on se souvient que toute la pensée de Thomas d'Aquin s'est construite contre Averroès, tout en le rejoignant à son insu, en s'aidant d'Avicenne et en connaissant bien sûr l'œuvre de Maïmonide, on ne peut que sourire aux benêts toujours persuadés que le propre de l'Occide…

La Pesanteur et la grâce : l'Intelligence

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Il n'y a rien de plus proche de la véritable humilité que l'intelligence. Il est impossible d'être fier de son intelligence au moment où on l'exerce réellement. Et quand on l'exerce on n'y est pas attaché. Car on sait que, deviendrait-on idiot l'instant suivant, et pour le reste de sa vie, la vérité continue à être.


L'objet de la recherche ne doit pas être le surnaturel, mais le monde. Le surnaturel est la lumière ; si on en fait un objet, on l'abaisse.