Station de la Mort

IL M'ARRÊTA DANS LA MORT

et je vis toutes les actions corrompues, et je vis la crainte régner sur l'espérance
et je vis la richesse devenir feu et s'unir au feu
et je vis la pauvreté un opposant qui proteste
et je vis qu'aucune chose n'a de pouvoir sur une autre
et je vis le royaume terrestre une chimère et la royauté céleste une duplicité.
Et j'appelais "Ô science"et elle ne me répondit pas
et j'appelais "Ô connaissance"elle ne me répondit pas
et je vis que toute chose m'avait déserté,
et que toutes choses créées m'avaient fui ;
et je demeurais seul.
Et l'action vint à moi
et je vis en elle l'illusion dissimulée
et ce qui depuis toujours est dissimulé
et rien ne me secourut
excepté la miséricorde de mon Seigneur.
Il me dit : "Où est ta science ?" Et je vis le feu.
Il me dit : "Où est ton œuvre ?" Et je vis le feu.
Il me dévoila ses connaissances uniques et le feu s'apaisa.
Il me dit : "Je suis ta connaissance". Et j'énonçai.
Il me dit : "Je suis celui qui te cherche". Et je me suis mis en route.


Niffarî, Le Livre des Stations, 16, La Mort ; trad. Maati Kâbbal.

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