Ce filet d'eau pure qui ne repose nulle part…




Quand vous êtes dans l'erreur, vous ne perdez pas votre essence, et au moment de l'Éveil, vous ne la gagnez guère non plus. Il n'y a jamais eu d'erreur ni d'Éveil dans notre nature innée. Les univers qui comblent les espaces dans toutes les directions sont originellement la substance de mon esprit un. Agitez-vous, faites n'importe quoi, jamais vous ne quitterez le ciel qui nous contient ! Le ciel n'est ni grand ni petit, rien ne s'en écoule, il est incomposé et, ignorant l'erreur, l'Éveil ne le concerne point. Voyez-le en toute clarté : il n'y a rien, ni personne, ni Bouddha, absolument rien qui ait la moindre mesure. Ce filet d'eau pure qui ne repose nulle part et jamais ne se grumelle n'est autre que la conviction de ce qu'en votre essence rien ne naît. Quel autre plan proposez-vous ? Le Bouddha véritable n'a pas de bouche et de ce fait il n'explique ni ne prêche aucune méthode spirituelle. La véritable audition n'a pas d'oreilles. Alors, qui entend ?

Salut !
Houang-Po, maître Tch'an du IXº siècle, Entretiens.

Commentaires

  1. -Alors, qui entend ?
    - Cela est évident : la musique

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  2. Ou le silence d'avant ou après certaine musique, par exemple, comme disait Cioran :

    "Il y a, dans le début et la fin des Variations Goldberg, un 'souvenir' d'un autre monde."

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  3. "Je m'imagine la musique comme quelque chose de très loin dans l'espace, qui existe depuis toujours, et qui existera toujours, et dont nous n'entendons qu'un petit craquèlement."
    György Ligeti

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