Murîd chien fidèle


"S'est attaché mon souffle derrière toi, en moi a serré ta droite". Voici le souffle qui adhère à la piste de Dieu et s'y attache comme le fait le chien attentif et fidèle sur la trace, collant sa respiration au sol. Voici qu'au même moment, à cause de cet attachement physique de fidélité, David sent la main de Dieu, la droite, se serrer en lui comme un poing qui attrape, tient, soutient. C'est une impression physique, rien de mystique, d'impalpable, mais une sèche séquence de verbes de force, d'échange réciproque entre Dieu et lui.

Tomca, "serre", est un verbe qui est associé aux cordes dans un autre verset des Proverbes (Pr 5, 22) : ce n'est pas une caresse, mais l'étau le plus exaltant dans lequel une personne de foi puisse se sentir prise intérieurement. "En moi serre ta droite." Nous qui lisons des poèmes d'amour, avons-nous trouvé une égale puissance d'expression ? David l'obtient, il l'atteint par son enthousiasme et son attachement. Ainsi, il a longtemps tenu bon dans les déserts en résistant aux poursuites lancées contre lui, aux guets-apens. Il s'est fait lui-même un corps dans le désert, il s'est annulé dans le paysage désolé en faisant vivre seulement son souffle, son désir physique de Dieu, de son étreinte forte, âpre, heureuse au milieu de sa chair.

Noyau d'olive, Erri de Luca.

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