L'enfer, lieu pur de l'athéisme


Le damné reste celui qui semble toujours pouvoir aimer Dieu à travers sa damnation, mais dans celle-ci et dans la répétition du refus, la possibilité est encore présente. Il semble que, pour le monde de la foi, l'enfer aurait dû devenir le lieu pur de l'athéisme et en symboliser le mystère. Les damnés ne sont-ils pas les seuls véritables athées, non seulement retranchés de Dieu, mais ceux dont Dieu s'est absolument retiré, et l'enfer est alors cet espace extrême, vide et pur de Dieu, où cependant un tel abandon, une telle chute hors de l'être, loin de se mesurer par le néant, se poursuit et s'affirme dans le tourment d'un temps infini.

On peut imaginer que sauver les damnés soit le souci obsédant qui tourne autour de la croyance. Plus étrange serait la pensée qui demanderait aux damnés le secret et la voie du salut de tous.
Maurice Blanchot, L'Entretien infini : L'Expérience-limite.

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