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L'été à Mineo


A Mineo, l'été explose soudain sans prévenir personne. A peine quelques jours plus tôt, en descendant par la Varanna ou par l'Itria, l'on peut rencontrer des paysans emmitouflés dans leur châle noir, le pantalon tout crotté, qui dévalent la pente abrupte et boueuse, jonchée de morceaux d'ordures, qui augmentent jour après jour à chaque coin de rue et assombrissent l'air. Mais il suffit d'une semaine pour que le soleil devienne violent, et les masures tordues, amoncelées les unes sur les autres, laissent évaporer leur humidité, deviennent sèches et brûlantes comme des fours. Dans les ruelles, la pussière se soulève en nuage chaque fois que quelqu'un passe, tandis que les excréments jaunissent au pied des portes basses des maisons, et les pierres affleurent blanches, jaunes, noires. On dirait que les pierres se libèrent, suivant leur propre rythme égal et tranquille, car on les voit se détacher de la ravine sèche du Château, rouler par la pente des Mura - où déjà les orties roussissent et meurent et les figuiers de Barbarie semblent se plier sous le poids de la chaleur - et l'on trouve des pierres même sur les toits des maisons, où elles brillent, selon les différents moments de la journée, comme autant de symboles intangibles et sacrés.
Le Tailleur de la grand-rue, Giuseppe Bonaviri.

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