mercredi 25 février 2009

Pénétration graduelle de la mort dans l'homme


Sandro Botticelli, Inferno, Canto XVIII, c. 1480, dessin coloré sur parchemin,
Staatliche Museen, Berlin

De façon générale, la littérature chiite est rarement gaie. A la fin de sa Huitième Pénétration, Mollâ Sadrâ cite une description assez lugubre ¨par l'imâm 'Alî de la mort, de la fin du monde et des enfers, qu'on ne peut même qualifier équitablement de dantesque car Dante a décrit un Purgatoire doux-amer et un Paradis éclatant. Là non, un interminable intermède, un jugement, les Bons dans un endroit plus dépourvu de malheurs que pourvu de bienfaits (un paradis en négatif, en quelque sorte), et on finit par une description bien réjouissante du devenir des damnés. Il faut cependant avoir en tête que la conception qu'avait Mollâ Sadrâ de l'Enfer était plus "imaginale", même si aussi sinistre que celle de Nasîr od-Dîn Tûsî. Mais enfin, rien à voir avec ces images de croque-mitaine.

"Puis l'Imâm, poursuivant son prône, en arrive à décrire la condition humaine et la pénétration graduelle de la mort dans l'homme. Pour finir, viennent ces paroles :

"Ainsi, dit-il, la mort ne cesse pas un instant de faire des progrès dans le corps de l'homme. Elle finit par atteindre son ouïe. Son regard est suspendu désespérément à leurs visages ; il voit les mouvements de leurs lèvres, mais il n'entend plus le son de leurs paroles. Puis, la mort s'insinue plus profondément en lui ; elle lui enlève la vue, comme elle lui avait enlevé l'audition. Puis son esprit finit par sortir de son corps. Ce corps n'est plus qu'un cadavre devant les siens ; il arrive même que les siens soient pris de frayeur à côté de lui, et cherchent à s'enfuir. Il ne peut aider celui qui pleure, il ne répond plus à celui qui l'appelle. On le porte dans une fosse creusée dans la terre ; on l'y abandonne à ses oeuvres ; les visites cessent... jusqu'à ce que le Livre ait atteint le terme fixé, que les temps soient accomplis, que le point final de la Création ait rejoint le point initial, et que, de par l'ordre de Dieu, advienne la palingénésie de la Création voulue par Lui. Alors il ébranle les cieux et les précipite ; Il émeut la terre et la fait trembler ; il déracine les montagnes et les disperse ; elles se broyent les unes contre les autres par terreur de Sa Gloire et par crainte de Son assaut. Il fait sortir tous ceux qui y sont ; Il les fait renaître après les avoir effacés ; Il les rassemble après les avoir dispersés. Ensuite Il les sépare en vue des questions qu'Il veut leur poser. Il en fait deux groupes. Il comble de bonheur ceux-ci ; Il se montre à ceux-là comme le Dieu vengeur. Les fidèles à leur allégeance, Il les récompense par Sa proximité ; Il les rend éternels dans Sa propre Demeure, là d'où aucun ordre ne les forcera de partir ; là où aucune vicissitude ne les atteindra jamais plus ; là où il n'y a plus de peur pour les épouvanter, ni d'infirmité à leur advenir, ni de péril à les menacer, ni de départ pour les troubler. Quant aux rebelles et traîtres, Il les fait descendre dans le pire des séjours. Leurs mains sont enchaînées à leurs cous, leurs toupets sont liés à leurs pieds, Il leur fait revêtir des chemises de poix et des vêtements taillés dans du feu."

Le Livre des pénétrations métaphysiques de Mollâ Sadrâ Shirazî, Huitième pénétration, Troisième Voie : Indication contenant l' action démurgique et l'instauration créatrice, 3° pénétration : De la genèse temporelle de l'univers.

mardi 24 février 2009

Des âmes, de leurs puissances et propriétés


Citant Ibn Bâbûyeh et son Kitâb al-I'tiqâdât, Mollâ Sadrâ appuie la thèse des quatre âmes humaines, chacune dotée de cinq puissances et deux propriétés.

Pour Ibn Bâbûyeh, les prophètes, envoyés et imâms (chiites) ont en eux cinq esprits ou rûh (qui veut dire aussi souffle, âme) : l'Esprit-Saint (Rûh al-Qods), l'Esprit de la Foi (Rûl al-îmân), l'esprit de la capacité (rûh al-qowwa), l'esprit du désir (rûh al-shahwa), l'esprit qui fait croître. Ibn Bâbûyeh précise que chez les croyants fidèles, il y a quatre esprits (étant dépourvu du souffle de l'Esprit-Saint, mais pourvus de celui de la Foi. Chez "les impies et les bêtes", il y a trois esprits (étant sans Esprit-Saint ni Foi).

Commentant Ibn Bâbûyeh, Mollâ Sadra précise que le premier, l'Esprit-Saint est l'Esprit primordial, c'est-à-dire "celui que les philosophes appellent l'Intelligence agente" ; l'Esprit de la Foi est l'intellect acquis, "c'est l'intellect devenu en acte après avoir été intellect en puissance." L'esprit de la caapcité est l'âme pensante, qui est "intellect en puissance". L'esprit du désir est l'âme vitale ou esprit animal (nafs haywanî) c'est-à-dire des passions et appétits, celle que cherchent à dompter tous les soufis et les ascètes. L'esprit qui fait croître est "le pneuma physique qui est le principe de la croissance et de la nutrition.

Molâ Sadra explique que ces cinq âmes ou esprits, l'homme n'en est pas pourvu dès l'origine tous ensemble et que certains en manqueront tout à fait. "Ces cinq esprits existent en acte successivement et graduellement dans l'homme. Tant que l'homme est dans le sein de sa mère, il ne possède que l'âme végétative. Ensuite, après la naissance, l'âme vitale, c'est-à-dire la faculté d'avoir des images. Ensuite avec la croissance physique et quand sa forme extérieure a plus de force, advient en lui l'âme pensante, c'est-à-dire encore l'intellect pratique. Quant à l'intellect en acte [celui qui correspond à l'Esprit de la Foi] il ne se produit que chez une minorité d'entre les individus humains. Ce sont les gnostiques ('orafâ) et les fidèles au sens vrai qui croient en Dieu, en ses Anges, en ses Livres, en ses Envoyés et au Dernier Jour. Quant à l'Esprit-Saint, il est particulier aux Amis [ou Aimés] de Dieu (Awliyâ Allah)."

Variante : Toujours sur la multiplicité des âmes, Ibn Bâbûyeh rapporte dans le même ouvrage un hadith de 'Ali, transmis par Komayl ibn Ziyâd. Ce dernier, ayant demandé au Premier Imâm de lui faire connaître la nature de son âme, il s'entend répondre ceci : "O Komayl ! Quelle âme souhaites-tu que je te fasse connaître ? Je dis : Ô mon Seigneur, n'y a-t-il pas une âme unique ? Il me dit : Ô Komayl ! il y a quatre sortes d'âmes : il y a l'âme végétative qui fait croître ; il y a l'âme vitale qui a la sensibilité ; il y a l'âme pensante, indépendante de la matière [qodsîya, sainte] ; il y a l'âme divine intégrale." Chacune de ces âmes a cinq puissances et deux propriétés.

L'âme végétative a cinq puissances : celle qui attire, celle qui saisit, celle qui assimile, celle qui repousse, celle qui engendre. Elle a deux propriétés : l'une est accroissement, l'autre est la décroissance. Elle est émise à partir du foie.

L'âme vitale sensible a cinq puissances : réflexion, souvenir, connaissance, clémence, noblesse. Elle n'est pas émise à partir d'un organe. Elle est celle qui, entre toutes, ressemble le plus aux âmes angéliques. Elle possède aussi deux propriétés : l'une est la pureté, l'autre est la sagesse.

L'âme divine totale a cinq puissances : surexistence dans l'anéantissement, bien-être dans la misère, puissance dans l'abaissement, richesse dans la pauvreté, constance dans l'épreuve. Et elle a deux propriétés : agrément et abandon à Dieu. C'est elle qui a son origine en Dieu et qui retourne à Lui. Dieu le dit : "J'ai insufflé en lui de mon esprit (15:29) et "ô âme pacifiée ! retourne à ton Seigneur, agréante et agréée" (89:27-29). Et l'Intelligence est au centre du Tout.'

Le Livre des pénétrations métaphysiques de Mollâ Sadrâ Shirazî, Huitième pénétration, Troisième Voie : Indication contenant l' action démurgique et l'instauration créatrice, 2° pénétration : De l'activité divine.

mardi 17 février 2009

Sur l'existence comme Présence



"Mais, tout philosophe le sait, ce qu'il y a au fond de la thèse qui refuse à l'être en tant qu'étant d'exister, c'est que l'exister est un mode d'être propre, celui-là même qui constitue la présence de l'homme à son monde (son Dasein, son être à ce monde). L'essence de son être à ce monde, de sa Présence, consiste justement dans son ex-sistence, mais une sistence qui surgit non pas ex alio, mais d'un néant et d'un abîme de silence. Plus cette présence ex-siste, plus cette ex-sistence est présente, plus authentiquement elle existe pour la fin qui est son non-être originel. L'être de cette ex-sistence n'est que de l'être pour finir, de l'être-pour-la-mort. C'est ici, je crois, qu'éclate le contraste des mots et des visions que les mots sont chargés de traduire. Car nous venons de voir que, chez Mollâ Sadrâ aussi, plus il y a existence, plus il y a présence. Cela veut dire, il l'explique lui-même, que le Ciel astronomique, par exemple, n'est pas présent pour la Terre (la masse tellurique) ; rien de ce qui appartient au monde du phénomène (à la matière, à l'étendue, au volume corporel, à la distance spatiale) ne peut être présent à quelque chose d'autre. Un être n'est présent à soi-même, n'est présent à un autre, et un autre ne lui est présent, bref, il n'y a présence d'un être à soi-même et à un autre que dans la mesure où cet être se sépare (tajrîd) des conditions de ce monde soumis à l'étendue, au volume, à la distance, à la durée. Mais plus il s'en sépare, plus il se sépare de ce qui conditionne l'absence, l'occultation (ghaybat), la mort ; plus, par conséquent, il se libère des conditions de l'être qui est destiné à finir, de l'être-pour-la-mort. Pour Mollâ Sadrâ et tous les Ishraqîyûn, plus intense est le degré de Présence, plus intense est l'acte d'exister ; et dès lors aussi, plus cet exister est exister (c'est-à-dire être) pour au-delà de la mort, car aussi plus un être comble aussi son retard (ta'akhkhor) sur la Présente totale."

Henry Corbin, Introduction au Le Livre des pénétrations métaphysiques de Mollâ Sadrâ Shirazî, IV, Aperçu philosophique, 2, Sur l'existence comme Présence.

jeudi 12 février 2009

Réalisation

photo : LeilaN

"Vois, frère, le grand vent de la Gnose a soufflé :
Il a tout balayé, le voile de l'Illusion
Et les liens de Maya !

Les deux pôles de l'indécision ont été arrachés,
Et le faîte de l'aveuglement emporté !
A terre gît le toit du désir,
Le vase du mal a volé en éclats !

Quand le vent a cessé, tant de pluie est tombée,
Qui inonda de joie ton humble serviteur !
Dit Kabir : lorsqu'à nouveau s'est levé le soleil,
En moi la lumière a brillé !"

Kabir, Le Fils de Ram et d'Allah, trad. Yves Moatty.

L'absolu

photo : Franz Xaver


"Comme l'huile dans le grain de sésame
Et l'étincelle dans la pierre de silex,
Ton Seigneur est en toi :
Fais-le jaillir si tu peux !"


Kabir, Le Fils de Ram et d'Allah, trad. Yves Moatty.

La voie de l'Union



"L'Amour ne se cueille pas comme une fleur,
L'Amour ne se vend pas dans les échoppes.
Si d'Amour tu es en quête, que tu sois prince ou gueux,
Offre d'abord ta tête."

Kabir, Le Fils de Ram et d'Allah, trad. Yves Moatty.

mardi 10 février 2009

Ishraq



Ce quatrain qui ravirait Avicenne, le Sohrawardî... et Corbin. Et qui indique aussi, peut-être une contamination par l'Ishraq dans la mystique indienne dès le XIV° siècle.

"Mon langage vient de l'Est :
Nul ne peut le comprendre.
Lui seul peut me comprendre
Qui est un pur Oriental !




Kabir, Le Fils de Ram et d'Allah, trad. Yves Moatty.

L'illusion cosmique


"Ils disent tous : "J'irai au ciel",
Mais moi, je ne sais en quel lieu il se trouve !
Ils ignorent tout du mystère de leur moi,
Mais n'hésitent pas à décrire le paradis !

Aussi longtemps que tu désires un paradis,
N'espère pas prendre refuge aux pieds du Seigneur !
La porte du ciel, ses douves, sa forteresse :
Où se trouvent-elles ? Je n'en sais rien !

Dit Kabir : que puis-je dire de plus ?
La société des Sages, voilà le Paradis !"

Kabir, Le Fils de Ram et d'Allah, trad. Yves Moatty.

vendredi 6 février 2009

L'aveuglement


"Ô Cadi, à quoi bon cette nouvelle exégèse ?
Qu'as-tu donc compris au Coran ?
Jour et nuit tu prêches les masses
Quel que soit le sens qui t'apparaisse !

Sûr de toi, tu veux me circoncire,
Mais cela, je le refuse, ô frère !
Si telle était la volonté d'Allah,
Alors tous les hommes naîtraient circoncis !

Si le circoncis devient Turc,
Qu'en est-il de sa femme ?
Si ta moitié ne peut être circoncise,
Tu restes donc à moitié Hindou !

Si le cordon fait le brahmane,
Qu'en est-il de sa femme ?
Si de naissance elle est servante,
Pourquoi goûter ce qu'elle cuisine ?

D'où viennent les Hindous ? D'où viennent les Turcs ?
Qui donc leur a montré un chemin différent ?
Interroge ton coeur, ton coeur à toi :
Où est ce paradis ? Qui donc y est allé ?

Au lieu de t'égarer, médite, médite sur Ram :
Pourquoi montrer, ô fou, tant de fanatisme ?
Dit Kabir, tu es perdu, ô mon ami,
Si tu n'implores la protection de Ram !"

Kabir, Le Fils de Ram et d'Allah, trad. Yves Moatty.

jeudi 5 février 2009

La condition humaine


"Immobiles ou mobiles, vers ou papillons,
De multiples façons avons-nous pris naissance,
De multiples demeures irons-nous habiter
Avant de faire retour dans le sein de Ram !

Parfois yogis, sages dominant leurs passions;
Ascètes s'abstenant de tout commerce sexuel,
Parfois rois, souverains, et perfois vagabonds !

Les impies meurent, mais les Saints vivent
Car ils se désaltèrent de l'élixir de Ram !

Dit Kabir : Ô Seigneur, prends pitié !
Nous sommes las : que vienne enfin la Joie !""

Kabir, Le Fils de Ram et d'Allah, trad. Yves Moatty.

mercredi 4 février 2009

A la verticale de l'été


Captivée par ce film, et aussi enchantée. Il y a une grâce dans les films de Tran Anh Hung, cette attention simple aux gestes, à la vie sans question, déjà seulement vécue ce qui n'est pas rien, qui sont aussi des rites dansés (la gymnastique matinale des deux cadets, les aller-retour dans les lits, dans un ballet-jeu, "on jouerait à frôler l'inceste pour en rire"), la pluie, et aussi ces témoins de relais que se passent d'une histoire à l'autre les parents morts, les soeurs et les maris : un prénom, trois patates douces, des ongles coupés... A comparer avec la beauté sensuelle et colorée de Trois Saisons, tout aussi peu de la moralité sentimentale et du souci de narration que l'on retrouve dans le cinéma chinois par exemple, je me demande si ce n'est pas un trait du cinéma vietnamien.

Sinon revu Peter's friends, que j'avais déjà vu sans enthousiasme, et qu'à la seconde vision, je me mets à aimer. Le French Cancan de la fin, après que tout ait été dit, toute larmes et honte et alcool bus, est un beau morceau de joie, pied de nez au destin, qui rappelle Soleil trompeur (après le fucking clin d'oeil à Blue Velvet).

Revu aussi Love's Labour's Lost, mais décidément je n'arrive pas à accrocher aux comédies musicales (à part My Fair Lady). Allergie inguérissable, tout comme envers une certaine littérature "tropicale", peut-être trop touffue, qui me fait bailler. Ainsi, Une certaine mulâtresse m'ennuie encore plus que Jonathan Strange et Mr Norrell, et encore, à partir de la page 600 ce dernier devient passionnant.

Dévoré en un après-midi L'homme et son ange de Corbin, mais à vrai dire, tout cela m'est tellement familier, qu'il a a des passages que je peux achever mentalement à sa place. Très remuée par la présentation de Kabir, fils de Ram et d'Allah, surtout la comparaison avec l'évangile de Thomas, qu'il va falloir que je lise, décidément. C'est à ces détails que l'on vérifie une constitution gnostique congénitale.

lundi 2 février 2009

Abattoir 5


"Je suis bien retourné à Dresde en 1967 avec l'argent de la fondation Guggenheim (Que Dieu protège leur fric). ça ressemblait beaucoup à une quelconque ville de l'Ohio, en plus dégagé. Il doit y avoir des tonnes de farine humaine dans le sous-sol."

"On nous envoya par avion dans un camp de convalescence, en France, où l'on nous gava de bouillie chocolatée et de toutes sortes de choses riches en calories, jusqu'à ce que nous soyons bien potelés. Puis on nous rapatria et c'est alors que j'ai épousé une belle fille, elle aussi bien potelée.

Et nous avons eu beaucoup d'enfants."

"A l'occasion, je fais le bilan de mes études. J'ai fréquenté un temps l'université de Chicago après la Seconde Guerre. J'étais en Anthropologie. A l'époque, on enseignait que tout le monde était exactement comme tout le monde. Peut-être en sont-ils encore là.

On nous apprenait aussi que personne n'était ridicule, mauvais ou répugnant. Peu avant sa mort, mon père me dit comme ça : "Tu as remarqué que tu n'as jamais mis de crapule dans tes histoires ?"

Je lui ai rappelé que je devais ça à mes cours d'après-guerre."

"Je me trouvais exposer le raid tel que j'en avais été témoin, et mon projet de livre à un professeur de l'université de Chicago, au cours d'un cocktail. Il était membre d'un certain Comité pour la réflexion sociale. Il m'expliqua comment les Allemands fabriquaient du savon et des bougies avec la graisse des Juifs, le principe des camps de concentration et le reste.

Je n'avais que "Je sais bien, je sais bien, je le sais !" à lui opposer."

Abattoir 5, Kurt Vonegut.

La Rose de Djam (série)

La Rose de Djam II :  La grotte au dragon C'est au cœur du pays yézidi que Sibylle laisse ses compagnons, pour s'enfoncer ...