Des choses qui civilisent

"Les travaux forcés étaient la deuxième besogne qui permettaient aux Noirs d'entrer dans la civilisation. Les réquisitionnés iraient travailler pendant six mois dans les mines, les exploitations forestières et agricoles des Blancs. Les forcés seraient nourris, logés, vêtus et rémunérés. A leur départ, ils aurait un couvre-pied ; au retour, un pécule, c'est-à-dire de l'argent, qui leur permettrait de s'acquitter de l'impôt de capitation et d'acheter des miroirs et des aiguilles ; autant de choses qui civilisent."




"L'interprète présenta exhaustivement la situation au commandant civil ; la pacification était achevée, il n'avait pas besoin de pénétrer dans les brousses. Mais le commandant était un Blanc consciencieux qui avait des principes ; il ne croyait pas aux dires d'un Nègre. Il entreprit sa tournée et constata que les indigènes savaient effectivement ce qu'était un Toubab. Un homme qui ne pouvait sortir nu-pieds et nu-tête, qui, pour aller d'un village à un autre, se faisait porter dans un hamac à l'ombre d'un dais de pagne ; un homme à qui il fallait offrir tout ce qu'il y avait de meilleur dans le village parce qu'il n'entendait aucune de nos langues et était d'une race qui avait subjugué tout le Mandingue. Le commandant exprima sa joie et ses sentiments : il était agréablement surpris de l'instauration totale de la paix française et remercia tout le monde."
Ahmadou Kourouma, Monné, outrages et défis.

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