Allah et le chemin de fer


"Une fois, le commandant reprocha vertement au Centenaire son silence, son désintérêt pour le train, travail sans lequel Soba ne serait jamais civilisé. Djigui répliqua par la prière : "Quels que soient le courage et les voeux des humains, c'est toujours en définitive la volonté divine qui se réalise." L'interprète traduisit les propos par : "Allah finira par nous aider à construire le chemin de fer." Un sourire condescendant de civilisé éclaira le visage du Blanc qui se heurtait là aux fainéantise, apathie et fatalisme congénitaux de l'indigène, travers contre lesquels ses professeurs de l'Ecole coloniale de Paris l'avaient tant prévenu."

Monné, outrages et défis , Ahmadou Kourouma.

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