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Affichage des articles du juillet, 2008

"Journal politicard militant et connard"

Le renvoi de Siné me fait penser à ce que disait Choron en 2002. Et je me félicite de l'avoir écouté et de n'avoir jamais racheté Val-Hebdo, "journal politicard militant et connard".

Corfou

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"SITES A VOIR

Canoni, Gastouri, Palecastrizza, Pantocratoras, Benitza.


A VISITER


Eglises de Saint-Spiridion et de Sainte-Théodora (la Cathédrale). Monastères de Myrtiotissa, de Paleocastrizza et de Pantocratoras. Eglises byzantines de Saint-Jason et Sosioater. Bibliothèques de Manuscrits vénitiens et d'originaux rares. Mère des Gorgones : beau bas-relief de pierre au Musée. Les deux vieux forts.
POUR LES SURREALISTES
L'Achilleion. Un monstrueux bâtiment entouré de sculptures tapageuses et de merveilleux jardins ayant apaprtenus au Kaiser.Le Théâtre. Derniers feux du goût théâtral des Italiens.
POUR LES CHASSEURS
Deux lacs saumâtres, l'un au nord, l'autre au sud de l'île, appelés respectivement Antiniotissa et Korissia.
BOISSONS
Ouzo. Boisson anisée semblable au Pernod.Raki. Sorte de marc.Salepi. Thé obtenu avec des bulbes d'orchidée des marais. Excellent.Retsina. Vin résineux. Goût de térébenthine. Très bon aux repas ; ne se consomme aps seul.Mastika. Liqueur de …

Quelques remèdes paysans

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"1. Pour toutes les fièvres. Infusion de la plante appelée Pharmakouli (une plante d'Erythrée, peut-être E. Centaurea).



2. Maux de reins. Infusions de feuilles de plantain (Plantago coronopus).

3. Maux d'oreille. Les pêcheurs prétendent que la soie brune à l'aide de laquelle la pinne marine se fixe aux rochers est excellente pour les maux d'oreille. On bouche l'oreille avec un tampon de cette soie.

4. Piqûres. Morsures. Appliquer de l'ail et de l'oignon sur la plaie.

5. Piqûres de scorpion. Un scorpion vivant macéré dans une bouteille d'huile d'olive fournit un remède contre les piqûres des autres scorpions. Appliquer cette lotion sur la peau.

6. Dysenterie ou diarrhée. Boucher une petite bouteille de jus de betterave (environ 50 cc.) et la placer au coeur d'une miche de pâte. Faire cuire au four et retirer la bouteille. Boire cette potion à petites doses jusqu'à ce que cessent les symptômes.

7. Blessures ouvertes. Panser les blessures…

Alexandrie

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"Je pense à tous ces êtres, à tous ces lieux en Afrique, dans cet élément peu familier, comme des hommes presque tropicaux, vaincus par un monde où le compromis est roi. Je les vois recouvrant chaque jour de leurs actes, leurs chants et leurs poèmes tout le monde vaincu des actes et des pensées, dans un petit univers personnel : un univers grec. A l'intérieur de ce monde où les îles gisent enfouies dans la fumée, où les cyprès poussent sur les tombes, ils savent qu'il n'y a rien à dire. Qu'il faut s'exercer à la patience. La patience, l'endurance et l'amour. Quelques-uns d'entre nous ont quitté la scène ; certains ont vu leur amour mué en bile noire par le malheur auxquels ils ont assisté. Nimiec est mort dans une boite de nuit à Athènes. Spiro est mort dans sa maison aux murs tapissés de vigne. Théodore, dans l'armée britannique en Italie, ponctue le silence par des lettres bien caractéristiques commençant toutes par ces mots : "Vous rapp…

Les vendanges

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"1er janvier 1941.

Une carte postale du Comte : "Noël. Je l'ai passé seul avec le souvenir de l'année dernière, lorsque nous traversions les marais du nord et que vous avez été attaqué par un lièvre blessé... vous vous rappelez ? Pour perpétuer le souvenir de notre immortel printemps, j'ai cueilli un bouquet de fleurs de la vallée - des fleurs de toutes les saisons. Des cyclamen et des perce-neige. Des iris de février et une jonquille, des quintefeuilles, des bugloss, des soucis, des fleurs d'oranger, du trèfle et de l'aubépine. Spiro a demandé à son pilote de vous l'envoyer, et vous devez l'avoir reçu aujourd'hui. C'est là mon invitation pour l'année prochaine. N'oubliez pas."

Lawrence Durrell, L'île de Prospero.

Paysage aux oliviers

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"On m'a demandé un jour d'écrire une brève histoire de la sculpture grecque du VI° siècle. Mon éditeur a refusé mon article parce que je montrais que la sculpture du VI° siècle atteignait son apogée avec Maillol, un artiste dont mon bonhomme n'avait jamais entendu le nom. Il me fit savoir que je ne pouvais pas traiter l'histoire de cette façon. il me fit savoir la chose avec exactement le même ton de voix que mon censeur le jour où je vis pour la première fois une statue de Maillol dont les rapports avec le monde méditerranéen sont si évidents. Mais il suffit d'étudier Maillol pour voir qu'il n'appartient pas à notre temps et à notre espace, mais au leur, au temps et à l'espace des Grecs du VI° siècle."

Lawrence Durrell, L'île de Prospero.

Histoire et hypothèses

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"5 janvier 1938

Mon frère, parti chasser le lapin dans l'île de Vido, rapporte cette conversation avec un homme qui s'apprêtait à partir pour le continent dans un bateau à rames.
"- Bonjour.
- Bonjour.
- D'où venez-vous ?
- De la prison.
- Où allez-vous ?
- Chez moi. J'y vais tous les week-ends.
- A combien êtes-vous condamné ?
- A perpétuité. J'ai commis un meurtre."

Lawrence Durrell, L'île de Prospero.

Karaghiosis : un héros laïc

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"Toute la Grèce est sur cette scène : la place du Marché, la rangée de silhouettes turques, la merveilleuse souplesse de la pensée et la facilité verbale, la tendresse et la vulgarité. Le tout avec très peu d'allusions au paysage. Karaghiosis, dont l'humour est de type citadin, est pourtant auréolé d'un temps où lui et ses pareils étaient de farouches montagnards habitants sur le pourtour de la mer Noire qui conservent encore avec ténacité des manières d'être et une prononciation que le Pirée a oubliées et qui ne sont plus pour elle que matière à plaisanterie. Sur ce petit écran éblouissant c'est tout le mystère laïque de la Grèce resté si longtemps enfoui dans les montagnes et les îles - dans les bois et les vallées de l'archipel qui se révèle à l'état brut, tout l'esprit et l'extraordinaire faculté d'adaptation des Grecs dont l'humour et l'ironie mordante ont rayonné dans tous les coins du globe.

Nous avons fait maintenant connaiss…

Profils ioniens

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"Vous vous réveillez un beau matin vers la fin de l'automne et vous remarquez que la teinte de toutes les choses a changé. Le ciel a des nuances de perle plus profondes. Le soleil se lèvre comme une boule de sang, et il y a de la neige sur l'Albanie. La mer est de plomb, apathique, et les oliviers sont d'un gris platine intense. Des feux fument dans les villages, et l'haleine de Maria forme un petit nuage blanc devant sa bouche quand elle emmène ses moutons vers la pointe. Elle reste toute la matinée accroupie parmi les fougères et les myrtes, en chantant de sa petite voix fatiguée de sorcière, tandis que les clochettes de ses moutons tintent tristement autour d'elle. Enveloppée dans une couverture rapiécée, chaussée de vieilles savates de cuir, elle file une laine grossière sur sa quenouille. Plus tard, sur le métier de la remise, Hélène tissera les rudes couvertures de couleur que les bergers emportent avec eux quand ils gardent leurs moutons au début de l&#…

Le Saint de l'île

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"La prière est une sorte de marché, et l'on se conduit avec le Saint avec une grossière familiarité. Le ton de la voix (c'est-à-dire le timbre de la voix intérieure, car si les lèvres bougent, la prière est muette) est celui que l'on prendrait avec un enfant récalcitrant. Il ne s'agit pas de l'implorer humblement, en acceptant par avance ses décrets ; le suppliant, quelle que soit sa requête, estime qu'elle mérite d'être prise en considération, qu'elle est conforme à la plus élémentaire logique. C'est ce que l'on pourrait appeler "le style persuasif", et qui demande de la part du Saint une attitude non moins déterminée. Il n'est pas rare en effet que de telles requêtes non seulement ne soient pas prises en considération, mais que de nouveaux fardeaux accablent le malheureux solliciteur. Ainsi Karamanos, le constructeur de canots, qui essaya d'obtenir la guérison de son épilepsie par des prières prolongées et de très nombre…

Divisions sur le sol grec

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"28 mai 1937

Dans de tels moments nous ne parlons jamais ; mais je ressens plus fortement, dans cette irréelle lumière, la présence de deux bras bruns, d'une gorge brune, et des orteils bruns dans des sandales. Une centaine d'images simultanées m'étourdissent l'esprit. Le bol plein de roses sauvages. Les fourchettes et les couteaux anglais. Les cigarettes grecques. Le carnet tout froissé, taché par l'eau de mer, où j'ai noté mes poèmes. La corde et la rame sous l'arbre. Le trop-plein de la presse à olives que l'on recueillera pour garnir les lampes. Le tas de pierres destiné à la construction d'un mur autour du jardin. Un seau et une hache. La paysanne qui traverse le verger, vêtue d'une robe blanche. La chèvre qui n'arrête pas de tousser dans la grange. Toutes ces images prennent corps et substance autour du petit cône jaune de la flamme où N... coupe du fromage et lave les raisins. Une seule bougie qui brûle sur une table entre nos deu…

Îmân

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"Celui qui marchait dans les ténèbres des nuits observa les étoiles et alluma la lampe, jusqu'au moment où, la pleine lune dirigeant sa lumière, il délaissa les étoiles et attendit d'être au matin, jusqu'au moment où, l'obscurité s'étant entièrement dissipée, et ayant vu l'aurore briller à l'horizon, il délaissa les lampes, toutes les étoiles et la pleine lune, et guetta la lumière éclatante."
Cirés par Ibn Arabî in La Profession de foi, trad. R. Deladrière.

Un regard pour un souffle

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photo : Steve Ryan
"Tombé soudain là sous mes pas du plus lointain de cet espace et de ce temps coalisés pour nous confondre ce faible souffle sur le sol entre le mur et le buisson me fait trembler d'effroi de joie de gratitude et de vertige car il contient mais inversée la même charge sans mesure que mon regard lorsque l'été lorsque la nuit droit vers le ciel s'élance et plane vidée de poids et de pensée mon esprit simple et démuni qui ne croit rien que ce qu'il touche et se sent proche des points d'or disséminés ici et là même de l'astre le plus pâle et le plus seul à peine vu ni reconnu sur le gravier et pas à pas franchi le seuil où rien n'est plus qui nous réponde je m'aventure hors de moi-même vers ma fin sans m'adresser à tant d'énigmes torturantes à ce soleil à cet amour qui m'ont fait naître et m'ont fait vivre à ces splendeurs qui vont s'éteindre à ces horreurs qui vont cesser à cet espoir qui va dormir à toute main que…

Le chevalier à l'armure étincelante

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"Vieil homme vieil homme
arbre à la dure écorce
de quels bourgeons es-tu capable encore ?

Est-ce que soudain tu recommences ?
Est-ce bien toi qui regardes qui entends ?
Où vas-tu, mon chemin ?
Je ne te voyais plus dans la forêt
Un éclair, mille éclairs
percent l'ombre et m'illuminent

Qui a vécu vivra
Un reflet perdu
Une voix chante et s'éloigne

Pour un rayon pour un regard pour un visage
j'adore ton retour sans fin
Ô vie interrompue
toujours reprise

De ce torrent source cachée
je détourne le cours
jusqu'à l'infinitude
au-delà de la mort."

Jean Tardieu, L'accent grave et l'accent aigu.

Dieu, le Murîd

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"Il n'y a en réalité dans l'Existence pas d'autre "voulant" (murîd) que Lui, car Il est celui qui dit : "Et vous ne voudrez qu'autant que Dieu voudra."


Réflexion un peu étonnante qui ouvre certains horizons, si l'on se souvient que le murîd, c'est le disciple, l'élève soufi du murshid (guide), celui qui commence, au début de sa route, par être en désir ou en "vouloir", avant d'atteindre les étapes où il n'y a plus volonté ni désir, puisque le voyageur est arrivé. Bien sûr, le Sheikh al-Akbar tire là ce sens du côté de la volonté, mais en même temps, c'est comme s'il disait à tous les murîds qu'ils ont un condisciple éternel (alors que l'éternel guide des guides c'est Khidr).
Ibn Arabî, La profession de foi, I, L'unicité de Dieu.

On s'en fout

Ingrid va rentrer en France.

L'Orient noir d'Adonis

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"L'abîme m'a appris que nous ne pouvons comprendre un problème que par l'intermédiaire d'un autre problème et à travers lui, comme si l'homme n'avançait pas en allant de l'obscur à la lumière, ainsi qu'on le pense, mais en se dirigeant vers une autre sorte d'obscur, moins épais. Cette différence entre deux obscurité, nous l'appelons lumière."

Amusant comme il prend l'exact chemin opposé des "illuministes" néo-platoniciens et surtout du Sohrawardi pour qui tout est lumières mais avec une différence de graduation dans leur puissance au fur et à mesure qu'elles s'engendrent de leur source. De même "cette différence entre deux obscurités, nous l'appelons lumière" rappelle la définition du barzakh par Ibn Arabî comme "une séparation idéale entre deux choses voisines, qui jamais n'empiètent l'une sur l'autre; c'est, par exemple, la limite qui sépare la zone d'ombre et la…

Questionnaire du Moine chantant

1)Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre apprentissage de la lecture ?

Aucun. Ce fut rapide et sans douleur, sans doute. Je me souviens qu'un an auparavant, je trépignais pour que l'on m'apprenne à lire. Mais il fallait attendre, pour cela, "d'aller à la grande école". Quand ce fut le cas à Noël je savais lire, mais à l'époque c'était l'objectif général, ce n'était pas un exploit. Simplement à la fin de l'année il y avait ceux qui ânonnaient encore et ceux qui lisaient couramment. Je me souviens avoir ânonné au début sur Le Livre de la jungle, version Walt Disney, et avoir précisément buté sur le nom Walt Disney.

2)Vos lectures préférées lorsque vous étiez enfant ?

En vrac : Le Livre de la jungle (version enfant et Kipling ensuite). 20 000 lieues sous les mers et Jules Verne en général. Le Club des Cinq, Amadou le bouquillon, Le Pays où l'on n'arrive jamais, l'Etalon noir, Le prince Eric, Mykir, le Journal d'Anne Frank, Les R…