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Affichage des articles du février, 2008

"les seules petites idées toutes faites"

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Les envolées sarcastiques et anti-socialistes de Dostoïevski, apparaissent de façon paradoxale, comme une défense des pauvres et des paysans contre la bourgeoisie libérale :
"Je vous l'ai déjà dit : nous pénétrerons jusqu'au coeur du peuple. Savez-vous que dès maintenant nous sommes terriblement forts ? Les nôtres ne sont pas seulement ceux qui égorgent et incendient, et ceux qui font le coup de feu classique et qui mordent. Ceux-là ne font que gêner. Sans discipline je ne comprends rien. C'est que je suis un escroc et non un socialiste, ha ha ! Ecoutez, je les ai tous comptés : l'instituteur qui rit avec les enfants de leur Dieu et de leur berceau est déjà à nous. L'avocat qui défend l'assassin instruit en alléguant qu'il est plus évolué que ses victimes et que, pour se procurer de l'argent, il ne pouvait pas ne pas tuer, est déjà à nous. Les écoliers qui tuent un paysan pour éprouver des sensations sont à nous. Les jurés qui acquittent tous les cr…

Le sceau de l'ange

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Dans Les Bienveillantes, le vieillard Nahum fils d'Ibrahim conte à Maximilian Aue Le Livre de la création de l'enfant des Petits Midraschim, qui explique le creux que nous avons sous le nez, au milieu de la lèvre supérieure, par le doigt de l'ange qui scelle nos souvenirs : "Et lorsque vient le moment où il doit venir au monde, l'ange se présente devant lui et lui dit : Sors, car le moment est venu de ton apparition au monde. Et l'enfant répond : J'ai déjà dit devant celui qui fut là que je suis satisfait du monde dans lequel j'ai vécu. Et l'ange lui répond : Le monde dans lequel je t'amène est beau. Et ensuite : Malgré toi, tu as été formé dans le corps de ta mère, et malgré toi, tu es né pour venir au monde. Aussitôt l'enfant se met à pleurer. Et pourquoi pleure-t-il ? A cause du monde dans lequel il avait vécu et qu'il est obligé de quitter. Et dès qu'il est sorti, l'ange lui donne un coup sur le nez et éteint la lumière au-…

Chacun est digne d'un parapluie

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Toujours l'humour dostoïevskien : le bagnard Fedia, son emphase solennelle, ses curieuses tournures, ses litotes aussi.

"-Tu t'es évadé du bagne ?
- J'ai changé de sort. J'ai remis les livres et les cloches et les affaires d'églises, parce que j'avais été condamné à vie, alors il me fallait attendre trop longtemps la fin de ma peine."

"Piotr Stepanovitch, je vous dirai, Monsieur, il lui est très facile de vivre au monde parce qu'il voit les gens tels qu'il se les imagine et c'est avec ceux-là qu'il vit."


Il y a aussi Lebiadkine, enfin le parapluie de Stavroguine, qui est un lien entre Lebiadkine et le forçat :
"- Ne désirez-vous pas que j'aille sur le perron... pour ne pas entendre quelque chose apr ahsard... parce que les chambres sont minuscules.
- Bonne idée, allez sur le perron. Prenez mon parapluie.
- Le parapluie, le vôtre... est-ce que j'en suis digne ? dit le capitaine dans un accès d'humilité excessive.
- Ch…

Vilenie

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"Pas de vilenie ! murmura-t-il.
Car tu es moins seul si tu agis bien ; moins seul si tu as bien agi. Si tu t'en es tenu au meilleur dans l'occasion, dans ce qui vient de prendre place, où tu pouvais mal te conduire parce que tu étais seul. "Personne ne te voyait", dit l'inconscience morale. Précisément : cela t'exclut ; tu es chassé du paradis, terre des hommes où les hommes ne sont pas des gens mais des humains : dans la forme de l'humaine condition sans le faire exprès, comme des jurés muets, frappé d'humanité malgré leur vie mauvaise et brève. L'homme est un Homme pour l'homme, et cette comm-ité vide et ardente, c'est la braise de leur "fraternité" : de ne rien savoir d'autre l'un sur l'autre. En agissant bien tu as été comme s'ils étaient là. Comme si vous vous regardiez entre humains. Tu n'as pas manqué de tenue. Tu pouvais plus vilainement, plus lâchement, te tenir. Tu as tenu bon. Tu as fait du mieu…

Violence

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"Que fait la violence ? Elle viole.
Violer, c'est forcer l'autre. La force ne force pas ; par exemple elle ouvre la porte. C'est la violence qui la force : l'enfonce, la détruit, l'"anéantit", c'est-à-dire l'arrache à son usage. Le but de la violence, c'est l'anéantissement. "Plus fort que l'irrésistible" est son cri, et son phantasme. Faire plier ce qui me résiste. Ajax fut le nom de la symbiose de la violence et de la folie. Qu'est-ce qui me résiste ? Le cours des choses ; et la liberté de l'autre. La violence est donc antistoïcienne, et despotique. Ecraser est son obsession ; le terrorisme s'excuse sur son impuissance pour "faire tout sauter".

L'autre de la violence, c'est la pudeur. La violence viole la pudeur. Que fait la pudeur ? Elle se clôt, se reclôt. Elle recueille, se recueille, se replie. Elle baisse le regard, elle ramène sur soi son voile, elle fait un soi. Vous ne me verrez pas…

Secret

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"C'est toi l'oracle, comprends-tu ? Tu es ta Pythie ; interpréter, c'est te comprendre, et il n'y a pas de dernière interprétation. En tant que Pythie, ce que tu t'es laissée dire à toi-même, tu l'interprètes en plusieurs sens (comme l'Être selon Aristote). La sphynge est en Oedipe, et le multiple sens de son oracle intérieur l'accompagne en le tourmentant.
Sans doute est-il impossible de renoncer à imaginer cette instance suprême, d'où chaque étant serait vu en son être et son nom. Impossible de la déclarer imaginaire. Le je-crois-en-Dieu est inoubliable. Pourtant la clarté (la lumière fut et elle sera) que vous imaginez "en tout cela" n'est pas une autre que celle qui illumine tout homme en ce monde : celle où s'indivise le soleil et le bien. Votre soleil intelligible, votre soleil en langue, c'est cette clarté qui vous douant de parole, vous illumine. La pensée pense ensemble ce l'un-comme-l'autre de la source so…

Traduction

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"Il n'y avait plus ni grec ni anglais ni juif ni chrétien, ni homme ni femme - en même temps que, bien sûr, ces différences subsistaient ( et comment !!), se creusaient : en même temps l'abîme du voisinage et la passerelle dus aut sur l'abîme, et l'élan de la traduction des idiomaticités irréductibles s'élançant l'une vers l'autre ; et une "mêmeté" d'humanité en légère transcendance et en avance comme une apparition sur une foule dans la peinture italienne : l'esprit, disaient-ils, en langues sur chacun d'eux, et chacun le voyait à sa manière, l'inventant-recevant dans sa langue ; et tous croyaient le sentir légèrement au-dessus d'eux."
"La globalisation pour nous ça veut dire : tout est à traduire et à retraduire ; toute littérature de toute langue de tout temps dans toutes les autres : tâche "doublement" infinie."

Michel Deguy, Le sens de la visite : "Promesse" ; "Quoi ?".

Des hommes fins, subtils, attentifs et humbles devant les choses de ce monde"

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"Voss continuait ; je notais aussi vite que possible. Mais plus encore que par les détails, j'étais séduit par son rapport à son savoir. Les intellectuels que j'avais fréquentés, comme Ohlendorf ou Höhn, développaient perpétuellement leurs connaissances et leurs théories , quand ils en parlaient, c'était soit pour exposer leurs idées, soit pour les pousser encore plus loin. Le savoir de Voss, en revanche, semblait vivre en lui comme un organisme, et Voss jouissait de ce savoir comme d'une amante, sensuellement, il se baignait en lui, en découvrait constamment de nouveaux aspects, déjà présent en lui mais dont il n'avait pas conscience et il y prenait le pur plaisir d'un enfant qui apprend à ouvrir et à fermer une porte ou à remplir un seau de sable et à le vider ; ce plaisir, celui qui l'écoutait le partageait, car son discours n'était que méandres capricieux et surprises perpétuelles ; on pouvait en rire, mais uniquement avec le rire de plaisir du…

Les Possédés

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La drôlerie de Dostoïevski, ses répliques ironiques, presque du Oscar Wilde parfois :

" - Petroucha ! s'écria Stepan Trofimovitch, sortant à l'instant même de sa stupeur ; il joignit les mains et s'élança vers son fils. Pierre, mon enfant, je ne te reconnaissais pas ! il le serra dans ses bras et des larmes coulèrent de ses yeux.

- Allons, sois sérieux, sois sérieux, ne fais pas de gestes, allons, assez, assez, je t'en prie, marmonnait précipitament Petroucha en cherchant à se dégager de son étreinte.

- J'ai toujours, toujours été coupable envers toi !

-Eh bien, cela suffit ; nous en parlerons plus tard. Je savais bien que tu ne serais pas sage. Allons, sois donc un peu plus réservé, je t'en prie.

- mais il y a dix ans que je ne t'ai vu !

- Cela justifie d'autant moins les effusions..."



Sinon, bien sûr, de ces débats vitaux, philosophiques et théologiques qu'on ne trouve que chez lui, avec des phrases denses et brèves comme des tirs de pistolet. …

Nu

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"J'ai le droit de vivre." Talleyrand a perdu, avec son "je n'en vois pas la nécessité". L'homme nu, entièrement prophétique, remplaçable, est le suppôt de tous les droits, qui mobilisent toutes les techniques ; le coût est infini.

Il y a deux nudités. La nudité qui fut d'Assise, ou d'Inde, mendicité, dénuement, parousie de l'inerme, non-violence gagnée, mise à nu. L'autre est celle du nudisme agressif généralisé, exhibition de valeur absolue ; droit de vivre mis à nu ; préemption, avantage décisif immédiat.


Peut-être, alors, pour éviter la flambée réactionnaire qui déteste son époque, la "réaction" d'un Talleyrand d'aujourd'hui, convient-il d'entendre autrement la revendication générale, le langage monotone du droit ; et par l'expression droit-de ("j'ai bien le droit de !"), insupportable aux oreilles de la belle pensée traditionnelle (cf. les pages de Simone Weil sur l'obligation au début de…

Echange

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"Il n'y a pas à rendre la pareille ; je n'attends pas de retour. La réciprocité vit dans la dissymétrie. Le leurre de l'égalité, la puissance extrême de ce désir, est à surveiller étroitement.
Maintenant : sortir de la vengeance, cette aspiration contre la Loi ne concerne pas que les sociétés à omerta. En tant que principe d'un juger plus infini que lui du jugement, cela intéresse toutes les espèces de la vengeance, tous ses modes, les plus insoupçonnables même, partout où il y a de la réciprocité, de l'échange, de l'attente de retour, de la réplique...

A contre-courant de la pente fatale dans le coeur du cyclone centripète, du vortex infernal, comment remonter, à contre-spirale comme dans le conte d'Edgar Poe ?

Qu'est-ce que le haut ?

L'homoion compense l'inégalité ; ce qui passe de l'un à l'autre, qui n'est pas le même, qui se transforme en passant, qui subjugue, unit (raproche) les deux. L'art y est donc école de ça."

Mi…

Exception

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"L'exception est le cas.
le kantisme spontané de la conscience morale dicte au reprocheur : "Et si tout le monde en faisait autant !?!"
Rappel de principe ou rappel à l'ordre émanent de l'autorité (toute autorité est, ou se veut, morale) contre une menue transgression : universalise ta maxime, pour voir !!
Mais justement, tout le monde n'en fait pas autant."
Michel Deguy, Le sens de la visite, "Exception".

Don

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"Si tu savais le don-de-Dieu, murmurait la dévotion larmoyante. Mais justement nous ne savons pas. M'obligeras-tu à être ton obligé ? Un présent n'est pas recevable. Le donataire a perdu contenance. Le donateur recèle sa recrudescence.
L'ingratitude délègue à quelques-uns la recrudescence. Elle referme les testaments. Ainsi peut-elle vaquer à la noirceur. La quête, de son côté, enquête sur la dette et la cause - en connaissance. Comme un avoué dépositaire sans légateur, ni héritier. Il invente la provenance et l'adresse. Le poème s'interpose.
La transfiguration ne peut se passer de lui. Un sujet ne serait pas, sans reconnaissance. Le poème laisse sa coupe déborder de rejet en rejet. Sa mesure ne devra pas tarir le ton : donné sans donateur, donnant sans donataire."
Michel Deguy, Le sens de la visite, "Don".

Abdication

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"Si tu t'abandonnais, fût-ce une heure, tu serais sauvé ; nous serions sauvés. Qu'est-ce qu'aimer ? C'est desserrer la main, la paume dure du paumé ; s'ouvrir - des yeux, sourire, poignets ; comme le récemment-né.

Mais l'enfance même et tout naturellement se refuse. Non est son verbe. le fraîchement-né ne fait plus confiance. Il n'écoute pas, il ne s'en remet plus à. Ce n'est pas une affaire d'obéissance. Lui, l'enfant écarquillé qui va marcher, qui soudain les bras en balancier se lançait pour joindre à quatre pas, non plus à quatre pattes, sa mère, et ce fut son premier, n'obéissait pas : il se donnait. Voici quelqu'un à qui je désire dire oui. Je le suis, c'est le oui matrimonial. Et les dogmes inventés par l'Eglise, ceux qui parlent de communion des esprits, de corps mystique, d'Eglise céleste, exaltent ce moment. C'est la perfection, ce n'est pas la loi."


"Ce refus est en même temps la ratio cog…

Les Onze dévoilements

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De l'Amour :

"Mahabba (l'amour) dérive, dit-on du mot hibba qui désignent les graines qui tombent sur la terre dans le désert. Le mot hubb (l'amour) a été donné à ces semences du désert (hibb), parce que l'amour est la source de la vie comme les graines sont l'origine des plantes. De même que, lorsque les graines sont répandues dans le désert, elles deviennent cachées dans la terre, et la pluie tombe sur elles et le soleil brille sur elles et le froid et la chaleur passent sur elles et cependant, elles ne sont pas altérées par les saisons changeantes, mais elles poussent et portent des fleurs et donnent des fruits, de même, l'amour, quand il établit sa demeure dans le coeur, n'est pas altéré par la présence ou l'absence, par le plaisir et la douleur, par la séparation ou l'union."

"D'autres le font dériver de habâb, "bulles d'eau et leur effervescence dans une forte averse de pluie", parce que l'amour est l'ef…

"ces jeunes plus agiles que des singes..."

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"Il se souvient que dans son enfance il avait lu un conte dont il a aujourd'hui oublié le titre et le nom de l'auteur. Ce conte racontait cette histoire : Dans un royaume, tous les habitants portaient sur la poitrine un miroir où apparaissaient à la vue de tous toute mauvaise idée qu'ils nourrissaient en eux. Ainsi, personne n'entretenait la moindre tromperie, sinon on n'aurait plus osé se montrer, ou on risquait d'être chassé de ce pays qui était désormais devenu un pays de gentilshommes. Lorsque ce héros du livre entra dans ce royaume de la pureté extrême - peut-être était-il entré par erreur, il ne se rappelait plus très bien -, un miroir fut aussi posé sur sa poitrine, qui exposait au vu et au su de tous tout ce qu'il avait en lui, et cela le plongea dans la plus extrême stupeur. Ce qui était arrivé à ce héros, il ne s'en souvenait plus, mais ce conte, tout en l'étonnant, l'avait mis mal à l'aise. Bien qu'il ne fût alors qu'…

Les soufis fondateurs et les confréries

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Sur Abû 'Alî Hasan ibn Muhammad al-Daqqâq Nishapurî : "J'ai entendu un vieillard raconter qu'un jour, il alla à l'endroit où al-Daqqâq tenait ses réunions, avec l'intention de l'interroger au sujet de l'état de ceux qui placent leur confiance en Dieu. Al-Daqqâq portait un beau turban, fabriqué en Tabaristân, dont le vieillard avait envie. Il dit à al-Daqqâq : "Qu'est-ce que la confiance en Dieu ?" Le shaykh répondit : "S'abstenir de désirer les turbans des autres." Ce disant, il jeta son turban au vieillard."
Sur l'enivrement mystique :
"Mon shaykh, qui suivait la doctrine de Junayd, avait coutume de dire que l'enivrement est le terrain de jeu des enfants et la sobriété le champ de bataille des hommes."


De l'ascèse et de la mortification :
"Ce n'est pas celui qui fournit le plus d'effort qui est en sécurité, mais celui qui a le plus de grâce qui est le plus près de Dieu. Un ermite priant da…

Le Livre d'un homme seul

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Roman avec un sujet a priori très casse-gueule : histoire d'amour et de sensualité entre un Chinois rescapé de la Révolution culturelle et une Juive allemande hantée par un génocide qu'elle n'a pas vécu. Celui qui a vécu veut oublier, celle qui se souvient sans l'avoir vécu ne veut pas... Jusqu'ici, le meilleur est ce qui est raconté du côté chinois. L'héroïne elle fait surtout dans le genre chieuse abandonnique, avec en allusion, ce nombrilisme européen autour de la Shoah : Rien n'est pire que... et le Chinois de dire : "Tu ne sais pas, tu ne connais pas la Chine" ; un remake de "Tu n'as rien vu à Hiroshima" en quelque sorte.

Ainsi, le malentendu sur l'amour : Elle craignant qu'il n'aime que son corps, et lui, comme le héros de 1984, trouvant que déjà ce n'était pas si mal la pure sensualité, qui, après tout, ne porte pas en elle, contrairement à l'amour tout court, le germe de la trahison :

"A plusieurs repri…

Le soleil d'amour du Khorassan

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"Il serait difficile de mentionner tous les shaykhs du Khorassân. J'en ai rencontré trois cents dans cette seule province, lesquels possédaient de tels dons spirituels qu'un seul d'entre eux aurait suffi au monde entier. Car le soleil de l'amour et l'heureuse fortune de la voie soufie rayonnent au Khorassân." Hujwirî, Somme spirituelle, III, Les Soufis fondateurs et les confréries, trad. Djamshid Mortazavî

De l'amour et de la sincérité

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Les propos de Malik ibn Dînar sur l'action et la sincérité, ces propos qui rejoignent ce que Jankélévitch disait aussi :
"On rapporte qu'il dit : "L'acte que je préfère est la sincérité dans son accomplissement", parce qu'une action ne devient juste que dans la sincérité, laquelle comporte la même relation avec l'action que l'esprit avec le corps ; de même que le corps sans esprit est une forme inanimée, une action dépourvue de sincérité est sans valeur. La sincérité appartient à la catégorie des actions intérieures, tandis que les actes de dévotion appartiennent à la catégorie des actions extérieures : ces dernières sont complétées par les premières, tandis que les premières tirent leur valeur des secondes. Même si un homme garde un coeur sincère pendant mille ans, cette sincérité ne devient véritable que lorsqu'elle se conjoint à l'action ; quand même il effectuerait des actions extérieures pendant mille ans, de telles actions ne s'…