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Affichage des articles du mai, 2007

Kodjâ'î ? Kodjâ'î ?

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"D'amour, pour toi, je suis hors de mes sens. Où es-tu ?
Avec l'âme je te cherche, toi qui es mon âme. Où es-tu ?
Je cours à travers le monde vers toi
Partout je te cherche. Où es-tu ?
Puisque le monde ne peut contenir ta beauté,
Pourrais-je savoir comment tu es et où tu es ?
Puisque là où tu es, personne n'a passage
Qui interrogerai-je ? Qui pourra savoir où tu es ?
Tu es manifesté et pourtant caché pour tous.
Et si tu n'es pas caché, où donc apparais-tu ?...
A mon coeur effarouché et perplexe
Fais un signe sur la Voie. Où es-tu ?
Puisque le pauvre Eraqî est hors de ses sens à cause de toi,
Ne lui diras-tu pas finalement : Ô fou d'amour, toi, où es-tu ?"

Fahroddîn 'eraqî, trad. Henry Corbin.

L'Angoisse originaire et la structure dyadique de l'Archè

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"Comment caractériser en termes rigoureux l'Angoisse originaire, dépourvue de tout substrat ? Il s'agit sinon d'un nouveau mythe mais du moins d'une expression métaphorique pour figurer, par analogie, l'impossibilité d'être ou, si l'on préfère, le non-être actif, en tension vers l'être. Il est possible que cette Angoisse originaire soit fiction pure, et qu'elle ne puisse se penser que comme une idée-limite, tel le zéro en mathématiques, dépourvue de toute existence propre mais indispensable aux opérations."
"L'impossibilité d'être, l'Angoisse originaire, est impensable et non verbalisable. Elle est cependant le fondement de l'être et de la pensée. L'être, c'est le même, c'est l'identique, c'est l'itérable ; il "résulte" d'une constitution, d'un acte constituant, surgi dans l'Angoisse. Acte instaurateur originaire, aussi inaccessible que l'Angoisse elle-même. Pour nous, …

A la fin de la nuit où l'aurore point

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En bon Iranien, Ismaélien ou non, pour Nasir od-Dîn, c'est toujours le drame cosmique de la mort et de la renaissance du Soleil qui se joue, c'est-à-dire que tout est, toujours, une histoire de Midi-Minuit.
"Le petit nombre et la faible position des gens du Réel, la puissance des gens de la fausseté sont contemporains tous deux des premiers temps de leur manifestation. Aux tenants du Réel, le commencement est faiblesse, le terme final est puissance. Comme l'aurore dont la lumière, graduellement, s'intensifie jusqu'à ce que le soleil se lève et que le monde s'illumine. Aux tenants de la fausseté, le commencement est puissance, le terme final est faiblesse. N'est-il pas vrai que pour eux, au début, la domination est parfaite, qu'ils prévalent au plus haut point ? A la fin, ce n'est plus le cas et ils ne sont plus rien. Comme l'ombre et l'obscurité de la nuit qui d'abord dominent et prévalent, mais à mesure qu'elle passe et que l…