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Articles

Affichage des articles du octobre, 2006

Collier de la colombe sur l'amour et les amants

"L'amour - Dieu te conforte - commence en plaisanterie et s'achève gravement."

I myself will go to war, to fall in the front of the battle, if it must be. Thus shall I sleep better.

Beethoven encore une proie facile pour la crétinerie, tiens. Pas dans ses sonates, mais dans sa musique symphonique il se lâche. La 5°, par exemple. A la fin du Premier mouvement, Allegro con brio, la série de Pom ! Pom ! bien assenée pour que l'on comprenne bien que c'est la fin. On croit que c'est assez ? Encore un Pom ! et un Pom ! Jusqu'au dernier somptueux coup de casseroles, rangez les batteries... Rien à redire sur l'Andante, les Andante sont toujours très beaux chez lui, simples, d'une retenue élégante, émouvante, avec à la fin le petit sursaut glorieux.

Mais la plus belle partie, le 3° mouvement, l'Allegro, avec ses éclats pathétiques, déchirants et affirmatifs, l'affirmation de soi, toujours ce côté "oui, j'avance" chez lui. Et pour finir, l'Allegro con presto, tout en enthousiasme juvénile, fiérot, "regardez-moi, ce que je sais faire." Touchant ? oui. J'aime cette sincérité dans la comédie qui se donne à fond. B…

L'islam et la raison

Par hasard je tombe sur le fameux discours, et je dois dire qu'en le tournant dans tous les sens il n'y a franchement pas de quoi s'offenser. En gros, le pape, pour louer l'usage de la raison dans la foi, s'appuie sur un texte écrit par Manuel II, relatant un dialogue qu'il a eu lui-même avec un savant musulman, alors qu'il était envoyé par son père, l'empereur Jean V auprès du sultan ottoman Bayazit pour l'aider en sa campagne contre les Mongols en 1391. Le même Bayazit avait d'ailleurs soutenu l'empereur quand un de ses petits-fils s'était révolté, ce qui n'avait rien de surprenant : les relations entre les Byzantins et les Turcs, Seldjoukides, Akkoyunlu et Karakoyyunlu ou Ottomans ont été très bien étudiées par Claude Cahen dans son livre La Turquie pré-ottomane, il démontre que jamais auparavant, même dans la Syrie des Croisades, les relations entre une aristocratie musulmane et chrétienne n'avaient été aussi étroite, allant …

Les Hommes naissent tous le même jour

L'écoute du premier mouvement du concerto n° 21 pour piano et orchestre K. 467 me me remet en mémoire ce très beau roman de Max Gallo, son meilleur sans doute, Les Hommes naissent tous le même jour, dont ce concerto était un peu le soundtrack. Je savais ce livre par coeur, ce qui accessoirement me permit d'obtenir 16/20 de moyenne en Histoire-Géo au bac, tout en ayant presque jamais mis les pieds en cours cette année-là.

Vivacité emportée, fine, tension de funambule entre la gaieté et la fêlure, petites notes précises, perlées, dont on ne sait si elles sont piqûres de souffrance ou gambadements. De toute façon, chaque fois que le piano est proche de l'éclat, du pathos révélé, cela retombe vite en une pirouette, sur la ritournelle, quelques notes enfantines, presque zézayantes, doigt dans la bouche. Mozart, dans ses concertos pour piano est le faussement benêt, le faussement simple, saut de l'acrobate qui feint de tomber et puis rétablissement impeccable, pied de nez.

Tannhauser

Autre question sur la grâce en musique : Comment un crétin pareil pouvait écrire de telles notes, aussi brûlantes, aussi ferventes, d'une émotion surhumaine, d'une religiosité aussi tendre, une musique aussi mystique donc, et d'une mystique enthousiaste, juvénile, en joie et en gloire ?

Non il ne s'agit pas de Mozart vs Salieri, mais de Wagner et pour ce dernier j'ai une explication. Je crois que sa bêtise lui tenait lieu de religiosité.
Références.

Les hommes d'autrefois étaient beaux et grands

Toujours subjuguée par Sean Connery dans Le Nom de la rose. Souplesse, harmonie des postures, des déplacements, et ce charisme dont je ne sais s'il est dû à une force intérieure sous une apparence élégante, ou une élégance intérieure magnifiée dans un corps puissant. Bref, un gentleman captivant.

Patmos

"Car tout est bien. Puis il mourut. Mainte parole amie Serait à dire. Et ils ont vu son dernier regard vainqueur, A lui, le plus joyeux de tous, ses amis, au dernier moment encore." Hölderlin, Hyperion.