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Affichage des articles du novembre, 2005

Le Docteur Jivago

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"Nous nous dirons encore l'un à l'autre nos paroles secrètes de la nuit, grandes et pacifiques comme le nom de l'océan d'Asie. Ce n'est pas un hasard si tu es là, au terme de ma vie, mon ange secret, mon ange interdit, sous un ciel de guerres et d'insurrections ; il y a bien longtemps, au commencement de ma vie, sous le ciel paisible de mon enfance, tu es apparue de la même manière. Cette nuit-là, dans ton uniforme marron de lycéenne, dans la pénombre, derrière la cloison de la chambre d'hôtel, tu étais absolument semblable à ce que tu es maintenant et tu avais la même étourdissante beauté."

"Nous, on dirait qu'on nous a appris à nous embrasser au ciel et qu'on nous a renvoyés sur terre, enfants, pour vivre en même temps, pour éprouver l'un sur l'autre notre amour. Une union parfaite, une couronne, sans côtés, sans degrés hauts ou bas, tout ayant même valeur, tout engendrant la joie, tout en nous se faisant âme. Mais dans cett…

Le Docteur Jivago

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"C'était un adolescent mince et élancé, un blanc-bec qui, comme une bougie d'anniversaire, brûlait pour les idéaux les plus sublimes."

"Trois années de changements, d'imprévu, de voyages ; la guerre, la révolution, tous leurs bouleversements, les fusillades, les scènes de ruine, les scènes de mort, les destructions, les incendies, tout cela se transforma en un vide dénué de sens. Après un long intermède, le prmeier événement d'importance, c'était cette course vertigineuse du train vers une maison encore intacte, dont la moindre pierre était précieuse. C'était la vie, c'était cela l'épreuve, c'était cela l'épreuve, c'était cela le but des chercheurs d'aventures, c'était cela le but final de l'art : retrouver les siens, rentrer chez soi, recommencer sa vie."

Sur le dos de la vie

l10h du matin. Comme à chaque fois avant de rencontrer quelqu''un qui semble en attendre beaucoup, refus et révolte, colère presque : "mais qu'attendez-vous de moi ? moi qui n'ai rien à donner...".

Comme le héros de Mysterious skin, j'ai un trou noir à la place du coeur.

19h. Bon allez fais pas ta mijaurée, de toute façon tu sais pas ce que tu peux donner, apporter, prendre, c'est le libre marché, les rencontres.

19h30. Et en plus il est en retard. Bien fait. C'est ce qui arrive toujours aux gens qui disent "je suis ponctuel". Jamais j'irai dire des conneries pareilles. Enfin bon, de la part de quelqu'un qui n'a pas arrêté de me seriner "nan mais je partirai à 21h au plus tard, hein..." Ouais ben si t'arrives à 220h45, bien la peine.

Bon j'envoie un SMS parce que j'adore râler dans mon bon droit (quand j'ai tort aussi).

19h35. Un mec déboule dans la salle. Il a un parka, des cheveux longs et gras, un port…

On s'en fout

Johnny Depp se demande comment la France va se relever.

Le Docteur Jivago

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Relecture, encore et encore... enfin à intervalles qui se comptent en années, je me replonge dans ce bouquin, qui m'avait happée à seize ans. Je ne sais pas pourquoi ni en quoi, mais je me dis que ce livre m'a doucement influencé en je ne sais quoi, s'est imprimé d'une certaine façon, en creux :

"Impur, seul l'est le superflu. Lara était l'être le plus pur au monde."
éUn jour elle eut un rêve. Elle était sous terre, il ne restait plus d'elle que son flanc gauche jusqu'à l'épaule et la plante de son pied droit. Une touffe d'herbe sortait de son sein gauche, et sur la terre on chantauit "Les yeux noirs et les seins blancs" et "On défend à Macha d'aller à la rivière".

Roman-kaléidoscope. A chaque fois que je l'ai ouvert, j'y ai vu des éclats de joyaux s'en détacher, qui semblaient n'y pas être - ou du moins pas si visiblement - auparavant :

"Quelques instants plus tard, la rue était presque vid…

Les Rois maudits

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Vu le premier épisode, c'est déjà suffisant pour me faire une idée : nul à chier.

Et même c'est scandaleusement se foutre du monde. Trahir à ce point le roman et le Moyen-Âge, l'histoire et l'Histoire, c'est fort.

Déjà, première scène entre Molay et Philippe le Bel : le roi vindicatif, pétulant, affrontant directement et verbalement le Grand-Maître, ce qui est en contradiction totale et avec le livre et avec les récits des contemporains, qui décrivent tous Philippe IV comme taciturne, muet, voire glacé, comme disait l'évêque Bernard Saisset : "il ne sait que regarder fixement les gens sans parler, ce n'est ni un homme ni une bête, c'est une statue." Le Bel laissait aller ses ministres et agents d'Etat affronter les oppositions, lui se contentait d'assister muet au débat, et puis de trancher à la fin, à tel point que certains se sont demandés si ce" roi de fer" n'était pas un imbécile manipulé par ses ministres. En fait, Phi…

De la nécessité des étiquettes

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"LE ROI
Pourquoi mets-tu des étiquettes sur tout, pour justifier tes sentiments ?

BECKET
Parce que, sans étiquettes, le monde n'aurait plus de forme, mon prince...

LE ROI
Et c'est important que le monde ait une forme ?

BECKET
Capital, mon prince, ou sinon on ne sait plus ce qu'on y fait."


La loi juive, si sévère pour l'adultère, offre de curieux cas où pour sauver sa peau, un homme n'hésite pas à prostituer sa femme ou à livrer une concubine à un viol collectif. C'est le cas d'Abraham, qui par deux fois, une fois chez Pharaon une autre chez un roi de Palestine, se fait passer pour le frère de Sarah (alors qu'il n'est que son demi-frère et époux), par peur que la convoitise qu'elle va susciter ne lui coûte la vie. Par conséquent, Pharaon passe un agréable moment avec Sarah avant de découvrir la vérité (via une maladie malencontreuse, qui est en fait une punition divine pour l'adultère commis) et le roi paslestinien manque de faire pareil et tous deux de le reprocher ensuite à Abraham, qui récupère ainsi quelques cadeaux et compensations en dédommagement de "l'outrage" qu'on lui a fait.

Dans Juges, 19-20, un lévite a une concubine infidèle qui le plaque et retourne chez son père. Il va la rechercher, se réconcilie , refait…

Mot

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"Je crois en la puissance des mots. Telle est ma chimère. J'imagine qu'avec mes mots, mes pauvres mots, je vais bouleverser les coeurs, modifier le destin, transfigurer le cosmos. Telle est mon utopie. Je me prends pour Dieu."

Militantisme

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"Une nuit, au Crazy Horse. Quand Alain bernardin, présentant chacune de ses belles danseuses nues, observa qu'Alexa Polskaschnikoff était de nationalité polonaise, ce fut un tonnerre d'applaudissements. Il est vraiment réconfortant de noter que, même en ces heures tardives, le courage politique des noctambules ne faiblit pas, et que leur vigilance militante est sans cesse aux aguets. la Pologne peut dormir tranquille : le Tout-Paris veille."

Mort

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"Je songe souvent à cet évêque bulgare (pas un évêque en complet veston, mais un grand seigneur à l'ancienne mode, un prince de l'Eglise) qui, interrogé par Dimitri Ermoloff sur l'au-delà, lui avait répondu en lissant sa barbe qu'il avait fort majestueuse : "Assurément, il y a quelque chose après la mort... mais, hum... on exagère beaucoup."

"Le Christ parle volontiers des méchants, mais il ne dit rien des crétins."

"Ce qui importe, ce ne sont pas les étiquettes unanimes, ce sont les visages.


Départ

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"On offrirait aux gens qui se donnent la mort, juste avant qu'ils ne commettent l'acte irrémédiable, un billet d'avion pour partir se reposer dans une île du Pacifique, la plupart d'entre eux choisiraient le billet d'avion. Ce que désirent les suicidaires, ce n'est pas mourir, c'est que la situation où ils se trouvent se modifie, revête une autre forme."

"Les discours sur le langage, sur l'échange, sur la communion, m'exaspèrent. La vérité, c'est l'indifférence des êtres pour les êtres. Les gens se passent admirablement de nous, de nos livres, de notre visage et de notre voix. Nous vivons seuls, et un jour nous mourrons seuls. Enfin, ce sera le silence."


Avenir

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"Un esprit libre a toujours un pied dans le camp d'en face."


Eros et christianisme

L'amour antique a disparu dans le christianisme. C'est un amour écouillé, philia, agapê, mais pas Eros, qui a trouvé heureusement asile en Islam.
Si Matzneff demande à la philosophie d'être une école de bonheur, d'hédonisme, moi j'attends d'elle qu'elle soit une école d'action, une morale d'action. En cela, Jankélévitch me parle plus que les épicuriens ou les stoïciens, lesquels chacun à leur manière, enseignent à ne pas souffrir ou à moins souffrir. Moi, il me faut une règle du comment-agir. Et sans dogme, s'il vous plaît. Car rien n'atrophie plus le sens moral qu'un dogme, qu'il soit religieux ou politique.
Ma haine du dogme. Non, une répulsion, un recul instinctif, comme devant l'emmerdeur grossier qui vous parle de trop près et vous inflige sa mauvaise haleine, tellement il est pressé de vous convaincre. Dès qu'on met une majuscule à un nom commun, avec gri-gri, encens, livre sacré, eau bénite, il faut se méfier. L'incantation n'est jamais qu'une forme de trouille.

Etiquettes

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"Les anarchistes ont des idées de gauche et un tempérament de droite, au lieu que les fascistes ont des idées de droite et un tempérament de gauche.
L'anarchisme est aristocratique, et le fascisme plébéïen.
L'anarchiste, qui ne croit qu'en sa propre destinée, est byronien ; le fasciste, qui révère l'Etat, est hégélien.
L'anarchiste boit du vin de Bourgogne et mange des truffes ; le fasciste boit de la bière et mange de la choucroute.
L'anarchiste soigne sa ligne et pèse à cinquante ans le même poids que le jour où il a passé le conseil de révision ; le fasciste, au-delà de trente ans, prend du bide.
Le fasciste aspire au pouvoir et l'anarchiste au sublime.
Il y a du bourgeois dans le fasciste ; dans l'anarchiste, du dandy. Et du stoïcien."


Morsure bleutée crocs froids du loup
sur la nuque
Le point rouge de ta cigarette et l'angoisse en moi petit point rouge aussi
comme un coeur épris palpite
On ne choisit pas son enfer

Nuit lucide
dans le noir, les yeux des veilleurs étincellent
Tu veilles aussi sans doute
Nous sommes deux exilés sur la peau de la nostalgie
Insomniaques guettant le point du jour
Mais chez nous c'est la vie qui jamais ne dort.