"Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !
Heureux les affligés car ils seront consolés !
Heureux les débonnaires, car ils hériteront la Terre !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ! Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux."

Je ne suis pas "chrétienne", puisque je ne crois pas à la divinité du Christ. Mais dans ces paroles-là passent quelque chose de profond, d'essentiel, le minimum d'esse dans le maximum d'amor, comme dirait Jankélévitch. Face à l'antique et noble Bible, ces mots simples coupants et purs ont conquis le monde. La loi juive n'était pas assez aimante pour être universelle et ce n'est d'ailleurs pas son souci. Quand l'islam s'est dressé contre le christianisme, il ne s'est pas dressé contre cet évangile-là, mais contre ce que 6 siècles de querelels, de conciles, de chipotages byzantins en avaient fait.

Sinon, je crois que cela me consolerait plus d'être manichéenne. L'idée d'un dieu en lutte contre le mal est plus réconfortante qu'un dieu tout puissant, en ce sens qu'on peut se dire qu'il se bat avec nous (ou nous contre lui) plutôt que le mal qui nous advient soit toujours de sa volonté, ou du moins de son laisser-faire. D'un autre côté, beaucoup de gens se sentiraient un brin paniqué d'un dieu plus faible qu'ils ne l'avaient imaginé.

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