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Affichage des articles du août, 2004
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"Être brave au contraire, c'est avoir le dessus, même s'il faut finalement succomber. La menace terrifiante est prise ici à la gorge, sommée de se découvrir et de dire son vrai nom. Le diable ne peut pas nous faire mal, mais il peut nous faire peur. Le brave conjure par sa bravoure cet envoûtement de la frayeur : comme lui gardons-nous simples, pauvres, nus et sans arrière-pensées, indifférents aux détails mesquins, pour que le diable crève de notre innocence et de notre courage."

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Si l'homme moyen est bourgeoisement domicilié dans son entresol, Eros, lui est sans gîte, et il est toujours en état de vagabondage. Aussi vit-il dans le provisoire...""A mi-chemin de ce plein et de ce vide, l'amour est toujours en état de nomadisme et de pèlerinage, toujours sur les routes, et non pas sédentaire mais sans domicile fixe ; il dort à la belle étoile et dans les chemins."

"The guilty undertaker sighs,

The lonesome organ grinder cries,

The silver saxophones say I should refuse you.

The cracked bells and washed-out horns

Blow into my face with scorn,

But it's not that way,

I wasn't born to lose you.

I want you, I want you,

I want you so bad,

Honey, I want you.




The drunken politician leaps

Upon the street where mothers weep

And the saviors who are fast asleep,

They wait for you.

And I wait for them to interrupt

Me drinkin' from my broken cup

And ask me to

Open up the gate for you.

I want you, I want you,

I want you so bad

Honey, I want you.




Now all my fathers, they've got down

True love they've been without it.

But all their daughters put me down

'Cause I don't think about it.


Well, I return to the Queen of Spades

And talk with my chambermaid.

She knows that I'm not afraid

To look at her.

She is good to me

And there's nothing she doesn't see.

She knows where I'd like to be

But it doesn't matter.

I want you, I want you,

I want you so bad

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Oui, il voit bien tout de suite ce qu'on peut objecter :

"La douleur est incommensurable à la pureté qu'elle est censée elle-même restaurer. Comme elle est incommensurable à la faute qu'elle est censée châtier. Oui, c'est bien le mystère de la douleur utile, inutile ; du sacrifice absurde et pourtant fécond ; - mystère qui se confond avec le scandale de la justice immanente..."

après ça, bien sûr, on voit bien que tout est une question de foi. Y croire, ou non. *soupir*
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Et ces phrases qui commencent comme celle d'un curé. Jankélévitch est peut-être le plus grand théologien chrétien du 20° siècle, en final !

"C'est au fond du désespoir que la grâce ira nous chercher ; mais on n'est jamais au fond tant qu'on le sait : car le désespoir qui "sait" transcende encore son malheur ; car ce désespoir trop conscient est une pseudo-douleur, une impure douleur, au lieu d'être la douleur sincère qui souffre par amour et remords, et qui reprend confiance dans le doute le plus extrême ; car le désespoir qui se regarde désespérer dans un miroir et louche sur sa belle âme est, comme nous le disions, un disperato de théâtre et une sublime attitude, et il devient à la fois spectateur de lui-même et spectacle pour lui-même au lieu d'être un vrai désespoir tragique. La rédemption, sauvetage in-extremis, consolera le désolé à la dernière minute ou du moins à l'instant pénultième en le faisant rebondir du non-être dans l'être…
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"Le plus souvent un homme aime les autres hommes à condition qu'ils appartiennent, eux et lui, au même troupeau ; ou encore à condition qu'ils fassent partie du même clan, de la même tribu, de la même caste. Celui qui aime son prochain si ce prochain est paroissien de la même paroisse n'aime pas les hommes ; celui qui aime une femme en tant qu'elle appartient à la même caste ne sait pas ce qu'est l'amour."

Allons, je ne suis pas seule à mépriser les mariages endogames, que ce soit par convenances religieuses, sociales, ou nostalgie de diaspora...

"Nivelant à la fois les décisions drastiques de la volonté et les disparités dramatiques de l'émotion, l'immoralisme s'adresse non pas à des êtres humains passionnément concernés, mais à des momies. Le cardiogramme moral est plat et la charge d'affectivé tombe à zéro. La morale vilipendée, assassinée par les groupes soi-disant amoraux, se réfugie sous d'autres formes dans les "co…
Quelque chose qui m'énerve. J'adore Mort à Venise, vraiment. Très longtemps ce fut mon film favori. Mais j'aimerais parfois écouter l'adagiatto de la 5° de Mahler sans voir aussitôt les vagues sur la plage, et le maillot rayé bleu et blanc, et le canotier et tout et tout... rien à faire c'est un conditionnement.
Références.
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Iran seldjoukide (XII°-XIII° siècle), Bahram Gour et Azadeh.(photo Louvre).



Visite aux salles islamiques du Louvre hier (bientôt elles déménagent enfin pour occuper le second étage du pavillon Denon, et ENFIN les Arts islamiques ont leur département à eux, au lieu d'être un ridicule surgeon tardif des Antiquités orientales, il était temps, non ?) Parce qu'il est en rénovation, le Metropolitan Museum de New York prête 30 objets d'art isllamique au Louvre pour un an. Cool? L'occasion de voir pour de vrai quelques objets de Nichapour, et le plat fatimide Egypte, X°-XI° siècle) au lustre métallique



Cet aigle-là, surtout, je suis contente de le voir en vrai.


"Pour l'homme qui sait, pour l'Elu qui a le privilège de mémoire, l'Oubli est le mal, la négativité pure."

Marcel Detienne, Les Maîtres de vérité dans la Grèce archaïque, Le choix : Aléthéia ou apaté.
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"Quant à la gent philologique - que l'archéologie du Vrai m'incite à retrouver -, elle se divise depuis toujours en deux espèces : l'une qui pense et l'autre qui s'en dispense. La dernière, faut-il ajouter, étant la plus prolifique sous tous les climats et quels que soient les événements."

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Je n'aime pas quand les tableaux disparaissent.








Photographies Mark Harden (parce que celles du musée Münch à Oslo sont teintes d'un jaune dégueulasse, en plus de mal surveiller leur salle ils prennent de mauvais clichés).

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La poésie que j'aime le plus est depuis longtemps, depuis que j'ai 17 ans je crois, celle d'Apollinaire. Et je ne sais pourquoi mais c'est comme ça. Et de toutes ses poésies celle que j'aime le plus est La Chanson du Mal-aimé. Et j'aime particulièrement ce que Léo Ferré en a fait. Je ne raffole pas toujours de ses arrangements sur Rimbaud et Verlaine, mais Guillaume, il ne l'a pas loupé. Je peux écouter ça en boucle, en transe, tellement ces mots-là je ne sais pourquoi vibrent en moi et ont d'écho, d'écho...


Et je chantais cette romance
En 1903 sans savoir
Que mon amour à la semblance
Du beau Phénix s'il meurt un soir
Le matin voir sa renaissance

Un soir de demi-brume à Londre
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu'il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte
Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait mains dans les poches
Nous semblions entre les maisons

Onde ouverte de la mer Rouge
Lui les Hébreux moi Phar…
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"Le sentiment intime qui retendait le fil de ma vie depuis l'enfance avait été celui d'un égarement de plus en plus profond ; à partir de la grande route d'enfance où la vie entière se serrait autour de moi comme un faisceau tiède, il me semblait qu'insensiblement j'avais perdu le contact, bifurqué au fil des jours vers des routes de plus en plus solitaires, où parfois une seconde, désorienté, je suspendais mon pas pour ne surprendre plus que l'écho avare et délabré d'une rue nocturne qui se vide. J'avais cheminé en absence, fourvoyé dans une campagne de plus en plus morne, loin de la Rumeur essentielle dont la clameur ininterrompue de grand fleuve grondait en la cataracte derrière l'horizon. Et maintenant le sentiment inexplicable de la bonne route faisait fleurir autour de moi le désert salé - comme aux approches d'une ville couchée encore dans la nuit derrière l'extrême horizon, de toutes parts des lueurs errantes croisaient leurs an…
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"La Sibérie
Est sans mémoire
Le Laogaï
Un souvenir embrumé
Les petits hommes
Du siècle noir
Ont convenu
De ne point en parler.

Nous voulions le bonheur
Des hommes
Vous ne pouvez pas nous
Accuser
Nous étions pour l'égalité
Et nous la chiffrions
Par tonnes.