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Affichage des articles du août, 2003
Jankélévitch en débat : la pétulance même. Diable d'homme, diable de philosophe, si loin du détachement, de l'équanimité, fustigeant les "crétins... ou si vous voulez les abrutis", l'écouter m'éclate toujours, lui répondant, le méridional plein de faconde qu'est Michel Serres en semble tout affadi.
Madame de Staël disait que sous la monarchie, une femme craint et encourt le ridicule, en république, la haine. Cela me fait penser aussi à Montesquieu, qui disait que sous le despotisme les hommes étaient régis par la crainte, sous la monarchie par l'honneur, en république par la vertu.

Et en général quand une société parle de vertu, c'est rarement pour se soucier de ce que les hommes ont entre les jambes.

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Karli. Cette mithuna illustre bien la beauté indienne, je trouve, celle d'être gras, serein, souriant. La beauté est ronde, joufflue, bien nourrie, comme presque partout en Orient. La laideur est mal nourrie.


J'aime cette sentence de Jankélévitch, "Les nazis ne sont des hommes que par hasard." Après tout, ceux qui ont prétendu sortir de l'humanité, pourquoi le leur refuser ?
Depuis quelques temps sur la page d'accueil de Yahoo! : "Lire c'est trop fatigant ? Recherchez les images du Web." Trop fatigant, oui, pourquoi être obligé d'apprendre, d'ailleurs, quel monde cruel...

Les réparations financières de la Lybie aux victimes de la Lockerbie. Très tribal, en somme, ce qu'on appelle le prix du sang, une somme après marchandage et estimation de la valeur de la victime, tout ça pour éviter une vendetta, enfin une suite de représailles sang pour sang. Et bien sûr que non les victimes ne peuvent être égales, une victime est plus chère selon le clan - ou l'état qui la défend, c'est-à-dire qu'une victime qui engendre une grande soif de vengeance et la volonté de véritables représailles vaudra toujours plus chère qu'une autre. En gros, il s'agit de discerner si l'on doit apaiser un tigre ou un chat-haret. Le terme de "marchandage" appliqué à cette situation n'est ni calomnieux ni infamant, car il s'agit bien de cela.
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Balade

Ie meurs de soif en couste la fontaine
Tremblant de froit ou feu des amoureux ;
Aveugle suis et si les autres maine ;
Pouvre de sens, entre saichans l'un d'eulx ;
Trop negligent, en vain souvent songneux.
C'est de mon fait une chose faiee,
En bien et mal par Fortune menee.

Ie gaigne temps et pers mainte sepmaine ;
Je joue et ris quant me sens douloreux ;
Desplaisance j'ay d'esperance plaine ;
J'atens bon eur en regret engoisseux ;
Rien ne me plaist et si suis desireux ;
Je m'esjoïs et cource a ma pensee,
En bien et mal par Fortune menee.

Ie parle trop et me tais a grant paine ;
Je m'esbaïs et si suis couraigeux ;
Tristesse tient mon confort en demaine :
Faillir ne puis au mains a l'un des deulx.
Bonne chiere je faiz quant je me deulx ;
Maladie m'est en santé donnee,
En bien et mal par Fortune menee.


L'envoy

Prince, je dis que mon fait maleureux
Et mon prouffit aussi avantageux
Sur ung hasart j'asserray quelque annee,
En bien et mal …

La Passion du Christ

La Fondation Simon Wiesenthal voudrait que Mel Gibson fasse modifier son film sur la Passion (tourné en partie en araméen). Il faudrait que tout ça ne donne pas l'impression que les juifs aient été responsables un tant soit peu de tout ça. Comme si l'Evangile n'était pas aussi, au départ, un règlement de compte entre rabis juifs, à l'intérieur du judaïsme !

Finalement ils devraient carrément changer tout le scénario (et on réécrirait la Passion Saint-Mathieu à la place de Bach, pendant qu'on y est), en donnant à tout cette histoire une fin musulmane : non le Christ n'est pas mort, ni crucifié, c'est une image qu'ils ont cru exécuter (un simulacre à la hélène de Troie) et il est monté directement au ciel, comme Khidr. Voilà. Islamiser l'Evangile pour rassurer les juifs, ça serait très politiquement correct, très propice à la réconciliation, aux bons sentiments, tout ça...

L'ennui c'est que la fin musulmane ne devrait plaire ni aux chrétiens ni …
La voix de Jankélévitch dans ses cours enregistrés me fait rire. Elle est pétulante, véhémente, on l'imagine dressé sur sur la pointe des poieds, agitant l'index pour mieux ponctuer son discours, comme un petit prof de lycée s'essayant à faire rentrer dans le crâne de crasseux cancres de Terminale les vérités élémentaires.