vendredi 30 août 2002

Ce matin, rediffusion d'une émission de France Culture sur le procès Touvier. Ce récit d'un ancien prisonnier qui s'était un peu lié avec le jeune juif inconnu exécuté. Celui-ci, pour annoncer sa sentence, en rentrant dans sa cellule avait fredonné l'air de la Tosca où le peintre chante qu'il va être fusillé le lendemain.

Comme j'aime ce genre d'homme grave et léger ! Et puis quelqu'un qui meurt un air d'opéra aux lèvres m'émeut plus que n'importe quelle prière ou profession de foi politique.

lundi 26 août 2002

Djavanmardî

"Là même s'origine la profonde différence entre la spiritualité d'un Rûzbehân et de ses pareils, non seulement à l'égard de l'ascète chrétien en général, mais à l'égard de ceux des soufis en Islam que Rûzbehân désigne comme les "pieux ascètes" (zohhâd) par contraste avec les fidèles d'amour, c'est-à-dire en général tous les dévots pour qui la beauté humaine, la beauté sensible en général, est un piège, voire une suggestion diabolique, et l'amour humain, non pas l'accès à l'amour divin, mais l'obstacle à celui-ci. L'originalité du soufisme iranien est là : elle comporte un défi et une éthique individuelle, héroïque et secrète, typifiée dans le personnage du javânmard, le chevalier de l'âme. Pour Rûzbehân, comme pour Ahmad Ghazâlî, Fakhr 'Erâqî, Hâfez, il s'agit d'un même amour. Comme il l'écrit : "Il ne s'agit que d'un seul et même amour, et c'est dans le livre de l'amour humain ('ishq insânî) qu'il faut apprendre à lire la règle de l'amour divin ('ishq rabbanî)." Il s'agit donc d'un seul et même texte, mais il faut apprendre à le lire ; ici, par excellence, l'exégèse du texte se révèle comme étant l'exégèse même de l'âme ; il faut s'initier à une herméneutique spirituelle, à un ta'wil de l'amour, parce que l'amour humain est un texte prophétique."

Henry Corbin, En Islam iranien, t. III.

La Rose de Djam (série)

La Rose de Djam II :  La grotte au dragon C'est au cœur du pays yézidi que Sibylle laisse ses compagnons, pour s'enfoncer ...