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Affichage des articles du août, 2001

L'île du Jour d'avant

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"Je défie quiconque de se trouver abandonné sur un navire désert, entre ciel et mer dans un espace perdu, et de ne pas être disposé à rêver que, en ce grand malheur, il ne lui soit au moins échu de tomber au centre du temps." "Si la beauté est claire, l'amour est mystérieux : il découvrait qu'il aimait non pas le printemps, mais chacune des saisons de l'aimée, tellement plus désirable dans son déclin automnal. Il l'avait toujours aimé pour ce qu'elle était et aurait pu être, et seulement dans ce sens aimer était faire don de soi, sans attente d'échange."

La montagne de l'Âme

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"Et à présent, je ne peux m'empêcher de penser à lui, à son attitude complètement désintéressée envers la vie. Et je pense aussi à la rive sombre, de l'autre côté du pont, aux maisons de bois noirci du hameau, au chien hargneux au pelage noir et gris, à la femme qui joue avec un serpent sur sa palanche ; ils semblent tous vouloir me dire quelque chose, tout comme la gigantesque montagne derrière le petit bâtiment ; je trouve qu'ils dégagent un charme immense, sans que je puisse en percer le sens."
Gao Xingjian, La montagne de l'âme, p. 266.

"Que dire encore ?
Dire que, cinq cents ans plus tard, ce vieux temple en ruine était devenu un repaire de brigands qui dormaient le jour et, la nuit, allumaient des torches pour descendre de la montagne piller les villages. Et justement, au pied de la montagne, vivait dans un couvent de bonzesses la fille d'un fonctionnaire. Elle y pratiquait le bouddhisme mais n'était pas nonne. Pour racheter ses fautes du p…

Songlines

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"J'aime à considérer la Russie comme une terre de miracles. C'est toujours au moment où vous vous attendez au pire que quelque chose de merveilleux se produit." p. 63.

"C'était un infatigable coureur de brousse. Il trouvait tout naturel de partir pour un voyage à pied de plus de cent kilomètres dans les montagnes avec pour tout viatique une gourde et quelques maigres vivres. Puis il rentrait chez lui, laissait dehors chaleur et lumière, tirait les rideaux et jouait du Buxtehude et du Bach sur son clavecin. Leurs lignes mélodiques, disait-il, s'harmonisaient avec les reliefs du paysage de l'Australie centrale."

"J'essayai alors une autre tactique et décrivis comment les gitans communiquaient entre eux à des distances considérables en se chantant des poèmes secrets par téléphone.

"Vraiment ?"

Avant d'être initié, continuai-je, le jeune gitan devait mémoriser les chants de son clan, les noms de sa parentèle, ainsi que des cen…

Paul Léautaud

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"Je n'ai dans la tête, comme souvent, que de dire des polissonneries et de faire l'amour de diverses façons avec une personne aussi dégourdie en paroles qu'en gestes, nantie d'une belle paire de seins, d'une belle paire de fesses, et d'un c... dans l'état que j'aime. Je ne fais que b... en y pensant."
Paul Léautaud, lettre à Mme Cayssac, 16 novembre 1918. "Monsieur,
Vous avez protesté, tout récemment, contre l'habitude trop répandue qu'ont certaines gens de brûler tout vifs, après les avoir arrosés de pétrole, des rats qu'ils ont pris au piège. J'ai assisté ce matin rue de Condé, de la part d'ouvriers typographes dépendant de la librairie Flammarion, à cette pure sauvagerie, et un agent que j'ai requis devant le Sénat n'a même pas voulu se déranger, riant lui-même du procédé.
Avec mes sentiments distingués,
P. Léautaud."
Lettre à M. Rolland, conseiller municipal, 14 décembre 1927.

Le voyageur

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"- Tu voyages pour revivre ta vie passée ?

C'était à ce point la question du Khan, qui pouvait encore se formuler de cette façon :

- Tu voyages pour retrouver ton avenir ?

Et la réponse de Marco :

- L'ailleurs est un miroir en négatif. Le voyageur y reconnaît le peu qui lui appartient, et découvre tout ce qu'il n'a pas eu, et n'aura pas."


"Le voyageur tourne et revient sur ses pas, possédé par le doute : il ne parvient pas à distinguer les différents endroits de la ville, ses propres catégories mentales en viennent à se mélanger. Il en déduit ceci : si l'existence en chacun de ses moments est tout entière elle-même, la ville de Zoé est le lieu de l'existence indivisible. Mais alors, pourquoi la ville ? Quelle ligne sépare le dedans du dehors, le grondement des roues du hurlement des loups ?"



"- Les villes aussi se croient l'oeuvre de l'esprit ou du hasard, mais ni l'un ni l'autre ne suffisent pour faire tenir debout …